SF, utopie et voyages extraordinaires à la Maison d’Ailleurs

Le 19 décembre dernier, j’ai fait un petit voyage en Suisse. Après un bon déjeuner à Lausanne avec Alan Vonlanthen (@alanvonlanthen), le nouveau président du C@fé des sciences et un des animateurs du site Podcast science, direction Yverdon-les-Bains pour (enfin) découvrir la Maison d’Ailleurs.

Ce musée « de la science-fiction, de l’utopie et des voyages extraordinaires » a été fondé en 1976 par Pierre Versins, qui a récolté près de 50 000 livres et objets en près de 25 ans, rédigeant au passage l’incroyable Encyclopédie de l’utopie, des voyages extraordinaires et de la science-fiction, parue quatre ans avant l’ouverture du musée (et dont je suis l’heureuse propriétaire). Ça, c’est l’encyclopédie :

Et ça, c’est le meuble rassemblant des fiches de lecture de Pierre Versins par ordre thématique, présenté à la Maison d’Ailleurs. En clair, une partie des notes qui lui ont servi à rédiger l’encyclopédie, sur des petites fiches perforées ! o_O’

L’exposition actuelle (jusqu’au 2 mars) est intitulée « Stalker l Expérimenter la Zone » et s’inspire du livre « Pique-nique au bord du chemin » des frères Strougatski (1972) adapté au cinéma en 1979 par le cinéaste russe Andreï Tarkovski.

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« Ce texte raconte les péripéties d’un personnage, un Stalker, qui passe son temps à se rendre dans la Zone – lieu mystérieux rendu dangereux par la visite d’extraterrestres –, afin de récupérer les objets laissés par ces visiteurs d’un autre monde dont on ne sait rien. Ce récit est le plus souvent interprété comme une métaphore sur le processus de connaissance ou, plutôt, sur les limites de ce même processus (…) Depuis 1986, le terme « Stalker » est également associé à la catastrophe de Tchernobyl : il désigne les personnes qui parcourent illégalement les zones interdites d’accès aux alentours de la centrale sinistrée, à la recherche de pièces détachées en métal (…) Le « Stalker », c’est le passeur illégal qui accompagne les visiteurs téméraires dans la Zone, un lieu interdit et énigmatique, théâtre d’un cataclysme sans précédent » (voir le guide du visiteur).

Vous l’aurez compris, il est sujet de SF post-apocalyptique dans cette exposition qui prend place dans tout « L’Espace Souvenirs du Futur » du musée, basé sur les collections de la Maison d’Ailleurs. Dans des salles au look très épuré (blanc, noir, miroirs…), cet espace « offre une chronologie générale de la science-fiction aux XXe et XXIe siècles [et] traite de la science-fiction à travers les quatre grands médias dans lesquelles elle s’est le plus couramment exprimée : la littérature, la bande dessinée, le cinéma et la musique« .

En effet, dans les deux premières salles, je découvre une sélection de livres traitant du thème du poste-apocalypse. Pour les avoir lus, j’ai reconnu Quinzinzinzili (Régis Messac), Ravage (René Barjavel), Demain les Chiens (Clifford Donald Simak) et La Route (Cormac McCarthy) ainsi que les différentes éditions du livre Stalker (voir photo ci-dessus).

Dans la salle suivante, la bande dessinée, les mangas et les comics sont à l’honneur avec entre autres Akira par  Katsuhiro Ōtomo, Nausicaä de la vallée du vent par Hayao Miyazaki (pour avoir grandement souffert du nucléaire, le Japon s’illustre dans cette veine), le Tranceperceneige de Jacques Lob & Jean-Marc Rochette (BD récemment adaptée au cinéma). Ces œuvres montrent le renouveau après l’apocalypse et une certaine volonté de changement. Je découvre par la même occasion que l’auteur de SF grenoblois Jean-Pierre Andrevon est également un dessinateur accompli (voir dessin ci-dessous) ! Dommage qu’on ne puisse pas feuilleter tous ces ouvrages !

Salle suivante : place au cinéma avec des affiches présentées dans une ambiance sombre. On apprend que les années 1970-1980 ont été l’âge d’or de la SF post-apocalyptique au cinéma tandis que les années 2000 voient le renouveau de ces films sur le thème des catastrophes écologiques (ex : Le Jour d’Après). En résumé, ces films sont présentés comme la mise en scène des angoisses des différentes époques.

La salle consacrée à la musique a été une bonne surprise ! On y découvre la capacité de la science-fiction à créer des mondes et l’importance de la musique sur nos sensations, notamment dans les bandes originales de films (voir photo d’albums ci-dessous, avec notamment « Don’t stop me know » de Status Quo et « Star’s end » de David Benford) :

J’ai un peu moins accroché dans les dernières salles de l’exposition, avec une mise en scène « fin du monde » peu convaincante, des photos de lieux réels abandonnés et du tournage du film Stalker ainsi qu’un écran avec un chien errant qui vous suit (cherchez la Kinect !).

En revanche, bonne surprise lorsque je traverse la rue via la passerelle pour atteindre l’Espace Jules Verne. Là, on quitte l’exposition Stalker et on pénètre dans une autre partie du bâtiment, dédiée aux ouvrages et documents anciens sur Jules Verne ainsi qu’au « pulps », ces magazines bon marché américains que j’avais eu l’occasion de découvrir aux Utopiales (lire mon article). Si la plupart des documents ne sont pas consultables librement, on devine qu’ils le sont pour qui en fait la demande (passionné, chercheur, etc.). Les plus curieux peuvent découvrir les titres des livres les plus éloignés grâce à une lunette placée à l’entrée de la pièce.

Mention spéciale à la borne interactive « Nouveaux voyages extraordinaires » conçue par l’agence Incandescence en collaboration avec ARTE afin de pouvoir voyager au sein de la vie des auteurs et de leurs œuvres. Je ne trouve pas trace de cette application en ligne, c’est bien dommage !

En résumé, cette visite de la Maison d’Ailleurs m’a beaucoup plu même si le thème de l’exposition n’était pas forcément celui qui m’attirait au premier abord. A tous les passionnés de SF, foncez ! Pour les autres, ne vous attendez pas à une visite « grand public ». Votre venue au musée pourrait s’accompagner par exemple d’un atelier pour ne pas rester sur votre faim !

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