Cap-sciences.num ou la métamorphose numérique d’un CCSTI

Trois ans. C’est le temps que Cap sciences s’est donné pour transformer entièrement son fonctionnement en passant au numérique. Depuis 2008, le CCSTI a lancé un « programme global d’évolution vers l’économie numérique » nommé Cap-sciences.num, sous l’impulsion de Jean-Alain Pigearias. « Cap-sciences.num fait bouger les lignes. Il impacte directement tous les salariés et doit être transversal pour ne pas gaspiller du temps. C’est un projet profondément culturel car il agit en même temps sur plusieurs leviers » résume le co-fondateur du centre. Plusieurs chantiers ont ainsi déjà été mis en œuvre.

http://www.dailymotion.com/videoxamuhv

Avant toute velléité d’action vers le public, il convient d’améliorer « le réseau interne, la connexion vers l’extérieur, les capacités des serveurs » de Cap sciences et de mettre en place « des interfaces et des logiciels ainsi qu’une culture de partage des données afin d’optimiser les productions » du CCSTI. Les responsables de Cap sciences et notamment Arnaud Tornier s’y emploient actuellement. Trois autres chantiers importants voient également le jour, qui touchent respectivement l’édition, l’exposition et la médiation.

Du côté de l’édition, une plateforme multimédia d’information scientifique régionale, Infosciences-Aquitaine a été lancée le 25 septembre 2009. Ce site « témoigne de l’ensemble de l’actualité régionale de l’innovation scientifique, technique et industrielle ». Coordonnée par Alexandre Marsat, elle comprend « des reportages écrits, vidéos, sonores et photographiques ». « Infosciences permettra de rassembler sur un seul site toute la production éditoriale de Cap sciences, explique le journaliste, celle-ci concerne aussi bien le magazine et la revue que les textes affichés dans les expositions », sans oublier les portraits de chercheurs et de laboratoires, les émissions de radio, la webTV et les dossiers thématiques sur la recherche et l’innovation.

http://www.dailymotion.com/videoxamwfy

L’équipe procède donc à la numérisation d’un grand nombre de contenus déjà existant et tente de mettre au point une chaîne d’édition pour les futurs contenus : « A partir du synopsis d’une exposition, nous souhaitons produire un dossier de presse, les communiqués de presse, une newsletter, des dossiers pour l’itinérance de l’exposition, etc. ». Un projet qui permettra de « revaloriser nos contenus », de faire revivre les anciennes expositions et de toucher un public différent « comme par exemple les étudiants avec la web-radio ».

http://www.dailymotion.com/videoxanpq0

Du côté des expositions, le numérique s’intègre petit à petit « pour offrir plus de contenus accessibles selon les profils et choix des visiteurs ». Ces nouveautés ont été testées pour la première fois en février dernier avec l’exposition « Consom’Attitudes ». C’est dans ce cadre que l’équipe de Cap sciences a testé pour la première fois la technologie « Visite Interactive Personnalisée » (VIP).

A l’entrée de l’exposition, le visiteur se voit délivrer une carte munie d’une puce RFID (le « numpass » ou « navinum »). Il y enregistre d’abord de manière anonyme quelques données sur son profil, qui peuvent servir à des projets de recherche (1). Plus tard, ces données pourront également servir à une adaptation du niveau de l’exposition à son âge, ses centres d’intérêts ou sa nationalité. Pendant toute la durée de sa visite, il enregistre ses réponses aux différentes questions sur des bornes spéciales, les « numport ». A son retour chez lui, le visiteur pourra se connecter à son espace privé sur le site de l’exposition, créer un compte à partir de son numéro de puce, comparer son parcours et ses réponses à ceux d’autres visiteurs, revoir l’exposition, refaire les jeux pour améliorer son score ou encore commenter les articles. Notre spectateur lambda est alors devenu un « sciencesOnaute ». Sébastien Cursan, le responsable de la médiation numérique évoque un projet d’aménager la médiathèque du centre pour avoir accès à la « galaxie des sciencesOnautes » et voir la communauté évoluer en direct.

http://www.dailymotion.com/videoxcwpq8

Sébastien a entamé une réflexion sur la « mise en scène des savoirs ». Les responsables de Cap sciences souhaiteraient proposer une « navigation dans un milieu éclaté, ou tous les contenus sont présents simultanément pour désorienter volontairement le visiteur », comme le fait par exemple l’entreprise de design d’espaces Electronic Shadow. À noter tout de même, pour l’instant, l’absence de message privés ou d’interaction directe entre les scienceOnautes, ce qui limite pour l’instant l’expansion d’une véritable communauté. Les membres de Cap sciences poursuivent leurs efforts pour intégrer petit à petit le numérique dans tout le bâtiment (2) et inversement créer des expositions entièrement virtuelles présentées dans plusieurs sites internet « satellites » du principal.

Enfin, dernier chantier et pas des moindres : la médiation. On peut même le considérer comme le plus dur, car le plus transversal. Il concerne à la fois la rencontre avec le public dans le centre et l’animation de la communauté sur internet. Cap sciences souhaite se positionner comme un lieu où s’articulent le monde virtuel et le réel, « une zone de frottement entre ces deux mondes, un laboratoire d’observation de nouvelles pratiques » précise Sébastien. C’est ainsi que Sébastien, Alexandre et Vincent Clarenc, le webmaster ont lancé le projet de « Média Lab ». Les trois hommes, jusqu’ici éclatés géographiquement, se rassemblent dans un même lieu pour coordonner leur travail et « faire prendre conscience des changements que le numérique induit ».

En tant que médiateur formé « à l’ancienne », Sébastien Cursan se demande : « Quand un visiteur entre à Cap sciences ou quand un internaute arrive sur le site : quelle aventure peut-on lui proposer ? Comment l’impliquer dans un récit, notamment via le numérique ? ». La réflexion concerne donc la déambulation physique dans le bâtiment et virtuelle sur les sites. Le jeune homme n’a pas été choisi au hasard. Il a déjà été animateur sur l’exposition « Planète numérique » en 2000 et travaille actuellement à « Numériquement vôtre », créée par l’Espace des sciences à Rennes.

Pour « Consomm’Attitudes », il a étudié avec un stagiaire l’impact du numérique sur le public et les animateurs, notamment la  façon dont ces personnes s’approprient les outils comme la puce RFID. Du côté des animateurs, « nous avons observé la manière dont ils se servaient des outils numériques. Ceux-ci étaient-ils utilisés pour mieux vulgariser ou au contraire constituaient-ils un frein à l’animation ? ». Du côté des visiteurs, « nous donnions des explications avant l’entrée dans l’exposition. Ce travail d’observation et d’accompagnement sur les outils n’est jamais fait dans les autres CCSTI ».

Et le public n’est pas le seul à devoir être rassuré. Le passage au « tout numérique » inquiète visiblement les médiateurs. « Bugs », perte de contrôle, de temps, du contact humain, non maîtrise de l’outil, évaluation du travail sur de nouveaux critères, « traces » indésirables sur les réseaux sociaux voire disparition pure et simple du métier de médiateur… La liste des peurs est longue et freine certains membres du CCSTI dans leur appropriation du numérique.

Pour atténuer ces angoisses et rendre le site plus attractif, Vincent propose de nombreuses idées : évolution du blog, petites vidéos filmées « à la Antoine de Maximy » caméra à l’épaule dans le centre, interviews de 1 à 2 minutes des conseillers scientifiques quand ils se déplacent au CCSTI, interface du site plus riche, activité plus importante sur les réseaux sociaux… Le webmaster souriant et enthousiaste prend comme exemple le Muséum de Toulouse pour ses activités sur le web.

Les enjeux économiques, politiques et culturels de Cap-science.num sont nombreux et découleront des choix actuels. Ce projet n’est visiblement pas un gadget dans l’arsenal du CCSTI bordelais. La réflexion que mène le centre prouve qu’il a un rôle à jouer au sein des structures françaises de culture scientifique, afin de rester prescripteur dans ce domaine.

Notes

  1. Dans le cas de l’exposition Consom’Attitudes, des sociologues de l’université de Bordeaux ont participé au dépouillement et à l’étude des données. À ce stade, les données des visiteurs ne sont associées qu’à des numéros, comme préconisé par la CNIL pour des raisons de respect de la vie privée.
  2. À noter d’autres innovations, présentées dans le dossier de presse mais que nous ne développerons pas ici : le kiosque d’observation de la construction du Pont Bacalan-Bastide (bornes numériques et périphérique multitouche 3D nommé Cubtile réalisé par la société Immersion), le carnet de bord numérique de l’exposition « Décollage immédiat » (quizz sur un iPod) et le projet de recherche InSTincT en partenariat avec des équipes de l’Inria et la société Immersion.

Cap sciences sur le web

Site principal : Cap-sciences.net (376 977 visites, 8 066 436 pages vues, 4’ de temps moyen sur le site)

Les expos virtuelles : Aquitaine sortie des eaux (2004), Sur les Traces de l’Homme en Aquitaine (2006), Sociétés humaines en Aquitaine (2007), Climway (2008, à noter 303 771 visites, 3 816 696 pages vues) Question de paysages en Gironde (2010), Consomm’Attitudes (2010)

Les éditions : Infosciences (6357 visites, 35 297 pages vues, 9’ sur le site)

Facebook : page (375 fans) et compte (388 amis)

Twitter : @capsciences (258 followers)

FlickR : Galerie de photos (1800 photos, 23 000 vues en 2009. Depuis janvier 2010, doublement des vues)

Dailymotion : Capsciences (98 vidéos et 28 761 vues) et Infosciences (56 vidéos et 18 781 vues). Depuis janvier 2010, doublement du nombre de vidéos

Source des chiffres : interview de Vincent Clarenc et rapport d’activité 2009.

Cap sciences : un centre qui réconcilie culture, recherche et industrie

Invité au Forum territorial de la Culture scientifique et technique (CST) à la Cité des sciences et de l’Industire mardi 28 septembre, Bernard Alaux a pris la parole devant un public nombreux et concerné, composé d’une grande partie de ceux qui « font » la Culture scientifique et technique en France (1).

En évoquant les partenariats avec le monde économique et industriel – le thème de son intervention -, le directeur de Cap sciences a souligné qu’il existe beaucoup d’espaces de créativité en région et a rappelé l’intérêt du label « Science et culture – Innovation ». Lors de notre reportage à Cap sciences mi-septembre, nous avons eu l’occasion de voir cette créativité à l’œuvre et de rencontrer des acteurs du monde de la recherche et de l’industrie en Aquitaine. Interviews.

Pierre-Yves Saillant, ingénieur d’études au CNRS chargé de la communication et de la valorisation de l’Université Bordeaux 3

Que fait l’université (2) en termes de CST ?

Nous organisons pour la première fois un événement innovant : les Transverses 2010 en partenariat avec Cap sciences, la région Aquitaine et la Communauté urbaine de Bordeaux. Deux axes sont privilégiés : l’environnement, la nature et la ville d’une part, les hybridations, la mobilité et les identités plurielles d’autre part. Dans ce cadre, nous innovons en mettant la recherche en débat dans des séminaires qui réunissent chercheurs en sciences humaines et en sciences dures de plusieurs universités et… le public qui peut également intervenir.

Quel est le but de cet événement ?

Favoriser l’interdisciplinarité et la croisée des regards. Nous souhaitons montrer que la recherche se fait aussi dans l’université et qu’elle participe aux politiques publiques. Par exemple, la Communauté urbaine de Bordeaux fait appel à des chercheurs de Bordeaux 3 pour ses projets. Cela permet de valoriser les savoirs qui nourrissent le débat démocratique et montrer que les sciences humaines ont un sens et sont nécessaires à notre société.

Que représente Cap sciences pour vous ?

Une fenêtre sur l’extérieur ! Nous avons contractualisé un partenariat avec Cap sciences car il promeut la diffusion de la CST, la médiatisation de la recherche et aide les acteurs de la recherche (3). Ce partenariat nous engage dans une relation institutionnelle officielle avec le CCSTI. Il permet également d’entraîner l’adhésion du CNRS dans l’action de Cap sciences et sa promotion par l’université. Aucune structure de ce type n’existe à l’heure actuelle dans d’autres universités.

Exceptées les Transverses, qu’avez-vous accompli avec Cap sciences ?

J’ai participé à la toute première exposition de Cap sciences « Trace d’océan », aujourd’hui nommée « Aquitaine sortie des eaux ». En 2000, Cap sciences a soutenu financièrement  l’exposition « Du Nil à Rome » sur les représentations de l’architecture antique autour du programme de recherche « Iconic » mené au sein de l’Institut Ausonius de Bordeaux.

Il s’agissait de décrypter la « grammaire » de l’image antique pour en réinvestir l’analyse dans la production d’images en 3D, maquettes virtuelles d’édifices comme le Circus Maximus à Rome. En ce moment, nous réfléchissons à l’idée d’un kiosque des sciences pour faire connaître  aux étudiants de l’université, les ressources de la recherche française, à Bordeaux et dans la région. Cap Sciences serait un partenaire privilégié d’un projet novateur car aucune structure de ce type n’existe à l’heure actuelle dans d’autres universités.

Jean-Louis Bergey, responsable de la direction régionale Aquitaine de l’ADEME

Que représente Cap sciences pour l’ADEME ?

Cap sciences est un partenaire mais aussi un outil de communication intelligent. Les propositions d’exposition s’effectuent dans les deux sens et parfois donnent lieu à des collaborations intenses. L’une des grandes forces du CCSTI est de savoir allier des fondements scientifiques et l’approche pédagogique, quelque soit le public d’où notre décision de consulter le CCSTI pour l’exposition Consom’Attitudes.

Parlez-nous de cette exposition…

L’idée à été lancée suite au projet d’obligation d’étiquetage des aliments (nutrition et bilan carbone). Nous pensions réaliser un supermarché dans lequel les gens pouvaient venir et voir directement leur mode de consommation. Nous avions la volonté de montrer l’évolution de la consommation et son éventuel impact sur l’environnement et la santé. D’où la nécessité de définir des grands thèmes pour que les gens comprennent ce qu’est la consommation.

Avez-vous rencontré des difficultés ?

Il aura fallu deux ans de labeur entre l’idée et sa réalisation (bibliographie, tri, organisation des informations, mise en scène), le tout supervisé par deux commissaires. Le Conseil scientifique, organisé par Cap sciences, a entraîné des débats passionnés. C’était la première fois que des personnes d’horizons si variés (sociologues, économistes, scientifiques…) étaient réunies autour d’une table sur ce sujet. Après moult discussions, ils ont défini le message général et l’objectif, modeste : faire de la sensibilisation car les gens ne sont pas prêts à consommer moins et mieux. L’exposition traite d’un sujet difficile car en émergence, à la différence du climat qui est un sujet « porteur ».

Qu’est-ce qui différencie cette exposition ?

C’est la première en France à avoir un fond scientifique si important tout en étant destinée au grand public. L’ADEME et Cap sciences ont eu une approche à la fois scientifique et militante : inciter les consommateurs à changer leur pratique de consommation. Mais un grand travail est effectué pour que le fond scientifique soit extrêmement solide et important. C’est une énorme valeur ajoutée de la part de Cap sciences.

Avez-vous participé au projet Clim’Way ?

Je suis arrivé à ce poste il y a 3 ans pour l’inauguration de Clim’Way. L’exposition tombait justement au moment du développement de la communication de l’Ademe autour du climat. L’idée était très intéressante car c’était la première fois qu’il y avait une création d’un jeu de rôle avec une base scientifique. Pour les prochains mois, nous avons de nombreuses idées, encore dans les tiroirs pour l’instant. Il s’agirait entre autres de rencontres entre des lycéens et des chercheurs avec la participation des différents acteurs du territoire, le tout avec une réflexion politique.

Antoine AUGÉ, délégué de la Fondation GDF Suez Aquitaine

Pouvez-vous dresser un rapide portrait de GDF Suez en Aquitaine ?

Le groupe compte près de 6000 salariés et dégage 1,5 milliards de chiffre d’affaire dont la moitié dans le public. Sa politique de communication est fondée sur l’intégration et l’aide économique au territoire, d’où le soutien aux initiatives locales (sport, sciences…) et aux événements nationaux (Nicolas Vannier, Jean-Louis Etienne).

Que représente Cap sciences pour GDF Suez ?

Nous faisons partie du « Cercle de Cap sciences » créé cette année pour faire entrer Cap sciences dans le tissu économique régional. Il s’agit du collège des entreprises qui soutiennent le CCSTI. J’en profite pour ajouter qu’il est bien que Cap sciences soit dirigé de manière alternée par quelqu’un du monde de la recherche et de l’industrie. Cela donne une synergie entre la culture et l’économie.

Pourquoi soutenir Cap sciences ?

Je vais être franc avec vous : pour l’image. Nous souhaitons nous engager sur des projets au long court et la science a une image positive. Nous ne connaissons pas la part de Cap sciences dans notre notoriété mais nous savons ce que ça nous coûterai si nous ne soutenions pas le CCSTI.

Quels projets avez-vous mené en commun ?

Clim’Way est né peu après la visite des membres du CCSTI à l’exposition Climax à la Cité des sciences que GDF a créé vers 2004. Cela a mené au serious game que vous connaissez. En ce moment, nous avons proposé à Cap sciences de travailler sur l’avenir de la ville et la culture urbaine pour une exposition sur 300 m².

Notes

  1. Membres de CCSTI, musées, muséums, associations, élus locaux, organismes de recherche, universités, entreprises, pôles de compétitivité
  2. L’Université de Bordeaux compte 60 000 étudiants, 3000 enseignants chercheurs et 3000 doctorants soit 10% de l’agglomération bordelaise, selon Hélène Jacquet, chargée de la stratégie et des grands projets, pôle de recherche et d’enseignement supérieur de Bordeaux
  3. L’université est administratrice du CCSTI. Ses actions : diffusion de l’activité de recherche, participation des acteurs aux productions de Cap sciences, ingénierie de la diffusion de la CST dans le cadre des appels nationaux et européens, diffusion au niveau de l’éducation et initiation à la médiation.

>> Article écrit avec Gayané Adourian.

Il s’agissait de décrypter la « grammaire » de l’image antique pour en réinvestir l’analyse dans la production d’images en 3D, maquettes virtuelles d’édifices comme le Circus Maximus à Rome.

En ce moment, nous réfléchissons à l’idée d’un kiosque des sciences pour faire connaître aux étudiants de l’université, les ressources de la recherche française, à Bordeaux et dans la région. Cap Sciences serait un partenaire privilégié d’un projet novateur car aucune structure de ce type n’existe à l’heure actuelle dans d’autres universités.

Cap Sciences : un CCSTI entre passion et rentabilité

Durant les quelques minutes qu’a duré son interview, Arnaud Tornier (1) a été abordé plusieurs fois par les membres de l’équipe qui préparent la nouvelle exposition « Au fil des araignées ». Son téléphone a également sonné à quelques reprises, ne lui laissant que peu de temps libre. C’est le quotidien du responsable de la production de Cap sciences.

« Les membres de l’équipe n’ont plus aucun moment de répit, explique-t-il, certains travaillent sur plusieurs chantiers en même temps ». Un constat que partage Cécile Oudeyer (2), l’administratrice : « en arrivant à Cap sciences, j’ai été séduite par cette petite équipe innovante, qui explore sans arrêt. Nous faisons tout nous-mêmes, ce qui est intéressant mais très prenant ».

Une activité qui n’est pas sans poser de problèmes : « certains projets aboutissent mal et mènent à des clashs. Par exemple, lors de l’ouverture de l’exposition Consom’Attitudes, beaucoup de choses ne fonctionnaient pas et tout le monde donnait son avis, sans véritable coordination ». Heureusement, selon lui, le travail en équipe se passe bien malgré tout car « ce qu’on fait est intéressant et qu’il y a plein de bonnes volontés ».

Son poste n’est évidemment pas étranger à ce bon fonctionnement. C’est lui qui met de l’huile dans les rouages en coordonnant les équipes et les moyens grâce à « une trame de conception d’une exposition en 200 étapes » qui indique aux différents « maillons humains » de la chaîne les actions qu’ils doivent accomplir. « Il faut s’obliger à restreindre son champ de compétences pour que chacun travaille plus efficacement » poursuit cet homme sympathique qui souligne que les salariés de Cap sciences viennent d’horizons très différents.

Si les petites tensions internes existent, comme dans toute entreprise, elles n’empêchent pas le CCSTI d’être reconnu pour la qualité de son travail : « nous produisons des expositions en interne sur commande ainsi que de nombreuses publications. Nous sommes très sollicités et devons refuser du travail ». Le revers de la médaille…

Une fois les expositions conçues, les problèmes ne s’arrêtent pas là. « Une exposition dure entre 3 et 5 ans. Après elle est considérée comme trop vieille, dépassée. Dans ce laps de temps, il faut la rentabiliser un maximum (3). Ca n’a pas été le cas de Clim’Way, déplore Arnaud Tornier, de plus, on ne se déplace pas assez pour vendre nos produits, faire de la prospection, avoir une vraie politique de construction de notre catalogue ».

Le CCSTI fonctionne en majorité sur les subventions du Conseil Régional d’Aquitaine, le ministère de la Recherche, l’Europe et dans une moindre mesure la mairie de Bordeaux. « Les subventions entraînent une gestion très lourde » explique Cécile Oudeyer. Cap sciences a également mis sur pied un « cercle » qui rassemble six entreprises partenaires. « Nous souhaitons créer un vivier d’ambassadeurs de Cap sciences mais il y a encore un pas administratif à franchir avant de les transformer en donateurs ».

Du côté de ses fonds propres, le CCSTI dégage 686 000 € dont 149 000 € sur l’expertise (ingénierie de projets) « qui est en développement et très intéressante en termes de rayonnement mais prend beaucoup de temps, explique l’administratrice, il faut développer l’auto-financement pour faire face à la future baisse des subventions ». La jeune femme souriante poursuit : « nous n’avons pas l’argent pour investir dans des outils à la hauteur de notre fonctionnement. Nous devons améliorer le fonctionnement et mieux payer les salariés ».

Pour définir son nouveau modèle économique, l’école de commerce de Pau accompagne le CCSTI. « Il reste un problème, note l’administratrice, comment articuler l’économie avec la politique ? » En effet, Cap sciences aurait la légitimité de coordonner la culture scientifique et technique en Aquitaine…

En bref, Cap sciences est « fort sur le concept mais pas encore assez pour le mettre en œuvre. Il nous faudrait un commercial ainsi qu’un juriste pour nous assurer de la protection de nos droits d’exploitation » résume Cécile Oudeyer.

La mutation du CCSTI est en cours et il convient de bien l’accompagner. « Les générations se renouvellent et un nouveau noyau du de jeunes s’est formé », indique Cécile Oudeyer. Tous espèrent que ce renouvellement n’aura pas trop d’impact sur l’image de Cap sciences. « Il ne faudrait pas déséquilibrer le côté familial en ajoutant trop d’éléments du monde de l’entreprise » poursuit Arnaud Tornier. Gageons que ces passionnés trouverons comment faire.

Notes

  1. Arnaud Tornier a débuté sa carrière à Cap sciences en tant qu’animateur. Ses sujets de travail : l’électronique, la robotique, la fibre optique… Il a ensuite participé à la conception d’animations sur l’homme et les automates dans les milieux extrêmes puis la première exposition itinérante sur les objets quotidiens pour le centre commercial Meriadeck de Bordeaux. Il est également parti en Antarctique avant d’obtenir son poste actuel.
  2. Cécile Oudeyer a été formée dans une école de commerce et a suivi un cursus d’histoire de l’art. Elle a travaillé au musée du Louvre pendant 10 ans sur l’étude et le développement des publics et la communication. Elle a été également responsable financière du département de conservation. Elle est venue ensuite s’installer à Bordeaux. Cap sciences l’a embauchée au pôle comptabilité/gestion puis s’est chargée du développement des partenariats et du financement. Elle obtient son poste actuel en 2008.
  3. Le CCSTI a dégagé 19 000 € pour l’itinérance de ses expositions en 2009 selon son rapport d’activité.

Cap sciences : c’est qui, c’est quoi ?

Bordeaux, 15 septembre dernier. Trois parisiens se déplacent en terre bordelaise pour visiter le CCSTI Cap sciences. Une bien étrange demoiselle les accueille, à peine sortie de son carton. C’est une des vedettes de la future exposition « Au fil des araignées » (du 5 octobre 2010 au 27 février 2011), créée par L’Espace des sciences (Rennes) et le Muséum national d’histoire naturelle (Paris), qui occupe actuellement les 600 m² de l’espace des expositions temporaires.

Cet arachnide géant symbolise bien l’activité du CCSTI aquitain depuis sa création en 1995 : tisser une toile, un réseau savamment entretenu par les doigts de fées des trois fondateurs et de la centaine d’employés qui gravitent autour du centre. Qui sont-ils ? Que font-ils ? Rencontre sympathique au Café des sciences (1) avec ceux qui font vivre Cap sciences au jour le jour.

« Les animateurs sont les parpaings de Cap sciences ». Cette phrase de Bernard Favre, l’un des trois fondateurs du CCSTI résume parfaitement le fonctionnement du centre. Presque tous ses membres permanents sont passés par la case animation. Sébastien Cursan, aujourd’hui responsable de la médiation numérique se souvient : « j’ai suivi des études de SVT puis la filière enseignement. A l’époque, je ne savais pas que médiateur était un métier. C’est le prolongement de ce que je faisais avec mes amis : le questionnement permanent, la dimension ludique, l’expérimentation, la découverte ». Cette approche est flagrante avec le jeune public. Le petit carré des 3-6 ans propose ainsi quatre séances d’animation par semaine ainsi que l’exposition actuelle « Petit carré deviendra cube » conçue par le Forum départemental des sciences de Villeneuve d’Ascq (2).

Cap sciences est précédé d’une solide réputation dans la formation de ses médiateurs. Céline Domenc, la responsable de l’animation explique : « pour chaque exposition, nous recrutons une équipe d’étudiants ou de futurs chercheurs et ingénieurs que nous formons ». Petits trucs, accompagnement… les jeunes sont suivis et encouragés à lire et se former sur les sujets dont ils vont parler. « On a beaucoup d’échanges pour construire ensemble le style Cap sciences – qu’on peut résumer par « on ne montre pas, on regarde avec » – mais chacun reste porteur de sa personnalité, ses études ».

Les animateurs aguerris interviennent également lors de formations initiales et continues dans des organismes bordelais et aquitains comme l’IUFM, le Ceméa, les Francas, le CDDP, la ligue de l’enseignement à destination d’animateurs socioculturels, enseignants et autres responsables de lieux culturels. « Nous parlons du parcours scientifique à des littéraires, comment monter un projet scientifique à l’école, où trouver les ressources… Nous souhaitons montrer que la culture scientifique et technique peut se mêler au reste » explique la jeune femme.

En plus de l’animation, Cap sciences excelle dans le montage d’expositions scientifiques. Au fil des années, le CCSTI s’est forgé une expertise dans l’ingénierie de projet. Arnaud Tornier, le responsable de la production a même « créé une trame de conception d’une exposition en 200 étapes, depuis l’idée jusqu’à la pose du dernier panneau ». Cette expertise est mise à disposition des entreprises locales, comme le résume Bernard Favre : « nous souhaitons mieux faire connaitre la recherche et l’industrie de la région et les faire rayonner. Pour cela, nous produisons des serious games (3) qui présentent les industries innovantes, nous faisons travailler les start-up locales et développons la compétitivité régionale ». Autant d’exemples présentés dans la galerie industrie & recherche avec notamment un espace dédié aux portraits de chercheurs (4).

Cap sciences contribue aux recherches de l’Université de Bordeaux en fournissant aux sociologues les résultats de ses enquêtes. Le centre profite même d’un chantier, celui du futur pont Bacalan-Bastide, au pied du CCSTI et dont la livraison est prévue en 2012, pour créer des expositions (5).

Autre corde à l’arc de cette bande de sympathiques hyperactifs : l’édition. Alexandre Marsat, journaliste et ancien étudiant en anthropologie gère notamment la rédaction en chef du trimestriel H20 (« hangar n°20 » et non H20 pour les curieux) créé il y a sept ans et en vente dans les principaux kiosques aquitains. Il a la responsabilité de cinq journalistes pigistes et quatre photographes qui ont tous la carte de presse (6). Les scientifiques qui interviennent dans la revue sont directeurs des laboratoires et industries de la région (ex : maladies neurodégénératives, pêche en Aquitaine…). Cap sciences édite également une revue annuelle, des journaux d’exposition, des marque-page « portrait de chercheur », une planche de BD pour la Fête de la science…

Selon Alexandre Marsat, parmi les sujets qui « marchent » dans sa revue, l’archéologie figure en bonne place. Pas étonnant que Cap sciences ait créé un satellite uniquement dédié à l’archéologie, Cap Archéo, implanté dans les dépôts archéologiques de la Gironde à Pessac (7). Une belle réussite de décentralisation avec 3607 personnes concernées en 2009 dont 2900 jeunes (actions éducatives), 176 personnes en formation et 1588 personnes lors d’événements.

Avec ses 250 m², ses modules de fouilles grandeur nature, son espace de documentation et son labo conçu pour l’expérimentation, « c’est un des seuls programmes archéologique français à être rattaché à un CCSTI » explique Nathalie Chevalier, anthropologue détachée de l’Inrap et responsable de Cap Archéo. Les autres sont rattachés à des musées. « Cela démontre que l’archéologie n’est pas qu’une science humaine ». Ici aussi le CCSTI fait montre de son expertise avec l’exposition « Mission Archéo » (8), actuellement itinérante.

Des fondateurs visionnaires, une équipe jeune et enthousiaste… Cap sciences est engagé dans une bonne dynamique. Le prochain défi sera de la pérenniser.

Notes

  1. Espace au 2ème étage de Cap science où sont organisés des rencontres, événements culturels comme les « dimanches de la science », réceptions de partenaires, AG d’associations…
  2. Le Forum départemental et Cap sciences sont parmi les seuls CCSTI qui conçoivent des expositions pour un très jeune public.
  3. L’exemple le plus connu est le serious game Clim’City, rebaptisé Clim’Way.
  4. Voir la page dédiée à la galerie et lire l’article de Laurent Chicoineau, directeur du CCSTI La Casemate (Grenoble) sur son blog (mars 2008).
  5. Le chantier est présenté dans un kiosque d’observation au Café des sciences qui préfigure la future exposition au rez-de-chaussée.
  6. La revue est inscrite à la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP).
  7. Cap Archéo sera suivi par l’autre satellite Côté sciences.
  8. Voir le dossier pédagogique de l’expo.

Cap sciences : du hangar au centre de sciences rayonnant

L’adresse de Cap sciences a un arrière-goût de polar : Hangar 20, Quai de Bacalan à Bordeaux. Pour y aller, prenez le tram B jusqu’à l’arrêt « Bassins à flot ». Au bout d’une rangée de hangars transformés en boutiques et restaurants se dresse fièrement le vingtième d’entre eux, gros parallélépipède gris décoré d’un logo rond et rouge.

Ces lieux, arpentés par des bataillons de joggers, n’ont pas toujours été accueillants. Les quais de ce côté-ci de Bordeaux étaient même il n’y a pas si longtemps une friche industrielle hantée par des drogués et prostitués, séparée de la ville par des grilles… Pas vraiment un lieu de villégiature familiale. C’est pourtant là que les pionniers de Cap sciences ont eu l’idée d’implanter ce CCSTI. Retour sur une histoire pour le moins originale.

Cap sciences, c’est d’abord trois noms : Bernard Favre, Jean-Alain Pigearias et Bernard Alaux. Les deux premiers ont monté un cabinet d’ingénierie culturelle et le dernier est un ancien sportif de haut niveau reconverti dans la communication audiovisuelle. Ni médiateurs scientifiques ni chercheurs, ils ont néanmoins à leur actif d’avoir participé à la création de la Cité de l’Espace à Toulouse et du Space camp Patrick Baudry à Cannes, « qui nous as fait comprendre la notion de loisir éducatif » explique Jean-Alain Pigearias.

Au début des années 1990, leur constat est clair : « il n’existait pas de lieu en Aquitaine où la culture scientifique et technique pouvait bouillonner et s’expérimenter ». Pour estimer le « marché culturel » bordelais, ils procèdent à une enquête auprès de 400 citoyens, chercheurs et industriels. Cette étude, pour le moins innovante à l’époque dans le domaine culturel, « a débouché sur le concept de Cap sciences : un lieu fort où se génèrent des outils pour diffuser la culture populaire, l’activité d’exposition étant secondaire » explique Bernard Favre. « Par choix, le conseil d’administration est composite, avec une dominance du monde universitaire et industriel » ajoute JAP. Sans le savoir, les trois hommes ont spontanément créé un projet très semblable aux CCSTI de Poitiers, Toulouse et Montbéliard (1) entre autres.

En 1995, Cap science s’implante dans l’entrepôt n°16. C’est le tout premier projet à s’installer sur les quais. « Au départ, c’était un hangar désaffecté aux murs éventrés et au sol en pente mais dont l’avantage était d’être au centre de Bordeaux » détaille Bernard Favre. Cet environnement pour le moins glauque n’incitera pas les responsables de la Cité des sciences à leur louer des expositions pour donner la première impulsion à leur initiative. « On a dû tricher et indiquer Quai des Chartrons, une adresse beaucoup plus chic, pour ne pas effrayer les gens » sourit Jean-Alain Pigearias.

Quelques travaux et beaucoup de persuasion permettront néanmoins aux pionniers de remporter le morceau. A l’époque, « Bordeaux était une ville « finissante », qui ne pouvait pas nous fournir d’appui » (2) déplore Bernard Favre. « Le CCSTI sera créé dans un maximum de contraste ». Bernard Alaux renchérit : « On s’est pensés de manière atypique, par conviction ».  Ils resteront dans le hangar n°16 jusqu’à 2002, date de leur déménagement dans le hangar n°20, d’une superficie de 3 600 m².

L’association, alors très active, augmente encore le rythme des expositions grâce à ses réseaux importants dans le tissu industriel local (GDF Suez, l’Ademe, les producteurs de vin locaux…). Petit à petit elle se forge une sérieuse renommée dans le domaine de la conception des expositions et la formation des médiateurs. Elle ne tarde pas à développer des satellites : Cap Archéo qui s’installe à Pessac et Côté sciences qui va investir la rive droite de la Gironde, historiquement délaissée.

« Ces initiatives sont symboliques, précise Jean-Alain Pigearias. Elles avaient pour but d’intégrer la culture scientifique et technique dans la programmation de la ville ». L’implantation de Côté science est « mieux qu’une décentralisation » car la programmation y est différente du centre principal, les publics n’étant pas les mêmes.

Régulièrement, des ballades sont proposées en compagnie de chercheurs pour faire (re)découvrir des quartiers de la ville à travers leur patrimoine culturel ou industriel. Les médiateurs proposent également des animations hors les murs et contribuent à construire l’image de rigueur et de sérieux qui caractérise toujours le CCSTI. Cap sciences s’essaye même aux portraits des chercheurs ou des laboratoires de la région, à l’édition, au journalisme, aux programmes courts… avec succès.

Il faut dire que l’association s’appuie sur une vision humaniste de la culture scientifique. « Nous privilégions la notion de rencontre physique, de contact », explique Bernard Favre. « Nous ne sommes pas des scientifiques qui font de la vulgarisation du haut de leur connaissance mais plutôt des médiateurs qui échangent avec les gens ». La sociologie et la philosophie tiennent une grande place dans leurs projets et les comités scientifiques créés à chaque exposition intègrent des chercheurs de tous les horizons. « Parfois, les réunions pour discuter des expositions permettent aux chercheurs de se rencontrer et d’échanger pour la première fois sur un thème commun » s’enthousiasme Bernard Favre. Pour preuve l’exposition « Vivre ensemble » créée en 2000, sur le progrès de la société.

« Nous ne voulons pas être moralisateurs. Si on veut que les gens modifient leur comportement, il faut situer l’enjeu, leur faire comprendre la complexité et les impliquer. Nous voulons montrer ce qui est jouissif et beau dans les sciences, comme les maths (3) et l’exploration ».

Originaux dans le processus de création d’expositions, ils le sont aussi dans la manière d’accueillir le public. En vrai « Club Med de la culture scientifique », ils privilégient une structure d’accueil centrée sur la relation humaine (jeunes médiateurs) plutôt qu’une structure de musée (panneaux, objets exposés).

Leur deuxième source d’inspiration est le modèle du parc d’attraction type Disneyland avec la notion de parcours d’exposition. Ces dernières sont créées selon des contraintes fixes : environ 600 m², 8 à 9 points d’animation et un temps de visite imparti pour pouvoir gérer le parcours du visiteur.

Enfin, et sans craindre de passer pour un centre original, Cap sciences puise sa réflexion dans… les supermarchés. « Nous souhaitons faire ralentir les gens dans leur parcours, pour qu’ils piochent les informations qu’ils n’auraient pas forcément abordées d’eux-mêmes. Nous construisons une exposition en bouquet avec des animations d’une vingtaine de minutes pour capter l’attention des visiteurs » précise Bernard Favre.

Petit à petit, le centre passe de 0 à 131 emplois (équivalents à 34 salariés à temps plein) et accueille chaque année 80 000 visiteurs dans les locaux et 140 000 dans les principaux sites culturels régionaux (4). Le CCSTI s’appuie sur un réseau important, notamment au niveau éducatif, industriel et médiatique. Il est devenu prescripteur pour d’autres opérateurs culturels de la région, du grand Sud-ouest (a accompagné la mairie de Toulouse pour monter son CCSTI) et même de la France (l’Archipel des sciences, CCSTI de la Guadeloupe).

A l’heure du Forum territorial de la culture scientifique et technique, le défi de Cap science est de se placer sur l’échiquier hexagonal pour « imaginer le rôle des centres de science dans le futur, en symbiose avec Universcience » explique Bernard Alaux. « La science joue un rôle culturel mais les décideurs n’en mesurent pas encore le développement, l’utilité et les impacts. Les centres de sciences ne sont pas encore structurés pour déterminer leur poids (nombre de personnes), les effets sur l’éducation (goût des sciences), l’économie (emplois des jeunes), le tourisme… ».

Au niveau régional, le chantier du nouveau pont Bacalan-Bastide, aux pieds du hangar n°20 laisse présager un afflux de visiteurs nouveaux. L’aventure continue.

Notes

  1. Respectivement l’Espace Mendès France, Science Animation et le Pavillon des sciences.
  2. Les aides financières viendront de la DRRT de Bordeaux et de la région Aquitaine, en la personne du vice-président chargé de la recherche.
  3. L’exposition « Les maths à portée de main » a été un succès.
  4. Voir le rapport d’activité 2009.