Ville créative : une enquête, une carte, un événement

Ces derniers temps, j’ai eu l’occasion de mener une enquête autour de la notion de « Ville créative » avec Camille Pène de L’Atelier Français. Cette enquête m’a permis de visiter des lieux étonnant (Strate Collège Designer, l’ENSCI-Les Ateliers, le Laboratoire, le CRI…) et de rencontrer des gens passionnés et passionnants, qui m’ont parlé de design, de médiation, d’éducation, d’art-sciences… Tous avaient leur petite idée pour améliorer la vie de leurs contemporains… Un régal de les écouter s’exprimer sur ce qui les fait vibrer ! Je vous propose de jeter un oeil aux billets rassemblés dans la weblist Knowtex « La Ville créative« .

En parallèle, Raphaël et Mikaly ont mis au point une carte interactive qui vise à recenser les lieux de création au sens large du Grand Paris, dans les sciences, les arts et la technologie (cliquez sur la carte pour la voir en vrai). Cette carte montre la diversité des sphères créatives, met en évidence des proximités géographiques et thématiques entre acteurs et, on espère, favorisera des rencontres et des collaborations. N’hésitez-pas à mettre votre grain de sel, elle est collaborative !

Gd paris

Mieux ! Profitant de l’expérience de l’Atelier français, j’ai eu l’occasion de présenter cette carte en préambule d’une conférence intitulée « La ville créative : marketing urbain ou modèle économique? » qui s’est tenue le 23 juin à la Gaîté Lyrique dans le cadre du festival Futur en Seine.

La captation vidéo de la conférence

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Les meilleurs moments

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Grand Paris, métropole créative : l’enquête et la carte collaborative

Knowtex est une communauté que beaucoup ont crue au départ cantonnée aux sciences « dures ». En fait, nos centres d’intérêts sont beaucoup plus vastes et touchent la culture, le numérique, le design, les arts, l’innovation… Nous aimons explorer les transformations du monde par le prisme de ces grands domaines.

Exposition « Le Design Cellulaire » au Laboratoire, par le designer François Azambourg et le chercheur Don Ingber

Il y a quelques semaines, nous avons rencontré Camille Pène de L’Atelier Français (1). Nous nous sommes rendu compte que nous faisions la même chose, chacun dans notre sphère : mettre les gens en réseau. Dans les industries culturelles classiques pour Camille (cinéma, édition, musique…), dans le monde de la culture scientifique et technique pour nous. Il n’en fallait pas plus pour que nous lancions une enquête commune autour d’une notion qui nous rassemble : la « ville créative », en vue d’une conférence qui a eu lieu hier soir à la Gaîté Lyrique dans le cadre du festival Futur en Seine (voir notre couverture de l’événement).

Camille et moi, assistées de Raphaël et Audrey avons rédigé une quinzaine d’articles sur ce thème à partir de rencontres et de reportages. Ces articles sont disponibles sur nos deux sites et ont été rassemblés dans une weblist dédiée. En parallèle, Raphaël et Mikaly ont mis au point une carte interactive qui vise à recenser les lieux de création au sens large du Grand Paris, dans les sciences, les arts et la technologie.

Découvrez la carte GRAND PARIS : métropole créative

Chaque thématique s’est vue attribuer une couleur (bleu pour les sciences, vert pour la technologie et rose pour les arts), un lieu pouvant bien sûr cumuler plusieurs couleurs (c’est par exemple le cas pour l’IRI). Pour chaque lieu, nous avons indiqué l’adresse postale du lieu, le lien vers le site internet (et s’il y a lieu vers le compte Twitter et la page Facebook) ainsi qu’un lien vers l’article que nous avons rédigé pour le Knowtexblog.

Cette carte a plusieurs buts : montrer la diversité des sphères créatives, mettre en évidence des proximités géographiques et thématiques entre acteurs et surtout favoriser des rencontres et pourquoi pas des collaborations. Mieux, cette carte est collaborative. Nous vous invitons donc à inscrire dès maintenant les lieux que vous considérez comme créatifs, que vous soyez habitués, membres de ces lieux ou simplement curieux.

A titre d’information, un lieu créatif – pour nous – est un lieu ouvert où des rencontres régulières sont prévues (barcamps, conférences, ateliers, etc.) et à partir duquel des projets innovants se développent. Ça laisse la porte ouverte à beaucoup d’adresses dans l’Ile-de-France. Notre équipe traitera l’ensemble des propositions et se fera un plaisir d’aller à la rencontre des acteurs de la métropole créative, afin d’enrichir notre enquête.

Si vous avez des remarques et des suggestions concernant la carte, n’hésitez pas à nous en faire part…

Note

  1. Au sujet de cette rencontre, lire notre article et celui de Camille

Montréal et Chicago, villes créatives arpentées par l’IHEST

Coïncidence ! Le thème de la « ville créative » (que nous explorons avec l’Atelier Français dans le cadre de sa conférence du 23 juin) a été abordé lors du cycle national 2010-2011 de l’Institut des Hautes Études pour la Science et la Technologie (IHEST). Une excellente occasion de rencontrer la directrice Marie-Françoise Chevallier Le Guyader et le responsable de la communication Olivier Dargouge (membre de Knowtex).

Marie-Françoise Chevallier Le Guyader et Michel Lussault lors d’une conférence à Lyon

Établissement public créé en 2007, l’IHEST a une triple mission : la formation, la diffusion de la culture scientifique et l’animation du débat public autour du progrès scientifique et technologique et de son impact sur la société. Contrairement aux centres de sciences, il s’adresse « aux dirigeants – de l’état, d’entreprises, d’organismes de recherche – et au personnes en poste à responsabilité – élus, députés, journalistes… – dans des domaines parfois éloignés des sciences mais désireux d’acquérir des compétences ». Parmi ses activités : un cycle national annuel de formation sur un thème qui concerne une promotion de 30 à 50 personnes.

Villes et territoires innovants

Cette année, les auditeurs de la promotion « Benoît Mandelbrot » se sont rencontrés à plusieurs reprises pour travailler sur le thème de la créativité. L’occasion pour l’IHEST d’organiser  un voyage d’étude final « dans deux territoires réputés pour leur créativité : les métropoles de Montréal et de Chicago » en présence de Patrick Cohendet, membre du conseil scientifique de l’IHEST, professeur à HEC Montréal et ancien directeur du Bureau d’économie théorique et appliquée de Strasbourg.

HEC Montréal

« Spécialiste de l’innovation créative » comme le décrit Marie-Françoise Chevallier Le Guyader, il s’intéresse à la créativité des territoires avec l’IHEST depuis les débuts de l’institut. Déjà, en 2008, une table ronde sur les « territoires innovants » avait été organisée lors d’une session publique régionale à Bordeaux. En 2010, ce sont « les enjeux de l’innovation urbaine » qui auront été l’objet d’une session à Lyon.

Découverte accélérée de Montréal et Chicago

Du 1er au 7 mai dernier donc, les auditeurs se sont envolés pour l’Amérique du Nord afin de découvrir Chicago-Grand Lacs et Toronto-Montréal, deux agrégats urbains qui font partie des 40 territoires décrits par le géographe Richard Florida comme des lieux majeurs de la dynamique mondiale. Ces 40 méga-villes (dont San Francisco, la Silicon Valley, Barcelone, Helsinki, Berlin…) « rassemblent 20% de la population mondiale et produisent plus de 50 % de la richesse de la planète » explique la directrice de l’IHEST.

Olivier Dargouge précise : « ces métropoles ne reposent pas sur des industries classiques ni de services, mais plutôt sur le cinéma, le design, les jeux vidéo, le numérique… ». Abritant « le plus gros laboratoire de développement d’Ubisoft », Montréal est l’exemple même d’une ville qui s’est développée à partir des industries créatives. Lors de leur séjour, les français ont visité ce laboratoire ainsi que l’Institut de recherche d’Hydro-Québec (IREQ pour Institut de recherche en électricité du Québec – l’équivalent québécois d’EDF). « Nous avons découvert un management de l’innovation fondée sur la gestion des idées » précise la directrice.

Des quartiers et des couches sociales créatifs

La promotion a également découvert « l’Espace pour la vie », une initiative des Muséums nature de Montréal (Biodôme, Insectarium, Jardin botanique et Planétarium). Charles-Mathieu Brunelle, directeur des Muséums et membre fondateur de la TOHU (la Cité des arts du cirque) leur a expliqué le projet de ce quartier : repenser le lien unissant l’être humain à la nature. Mais plus que cet espace, c’est toute la ville qui se repense pour les prochaines années.

La Biosphère du musée de l’environnement, Montréal

Cette visite aura permis à Patrick Cohendet d’exposer sa théorie. La directrice de l’IHEST nous la résume : « selon Patrick, différents milieux interagissent et contribuent au développement d’un territoire. On distingue les milieux peu connus et peuplés d’artistes et d’expérimentateurs (under ground) ; les milieux intermédiaires (middle ground) représentés par les associations, dédiés à la rencontre, aux projets, à l’innovation ; enfin des milieux installés qui rassemblent les entreprises, universités et autres institutions (upper ground) ».

Le design en fer de lance de la créativité

À Chicago, la métropole « ne repose pas sur le même type de développement économique que Montréal. Elle a été marquée par les industries lourdes, notamment les voitures mais également par l’architecture. C’est aussi et surtout le berceau du design classique du début du siècle ». Au milieu d’un programme de conférences extrêmement dense, ils ont ainsi visité le campus de l’Université de Chicago qui « associe une très grande qualité architecturale à des créations contemporaines » ainsi que l’usine de bioéthanol Marquis Energy et le Chicago Board of Trade (bourse de commerce).

Le McCormick Tribune Campus Center

Le point commun entre les deux métropoles ? Le fait qu’un grand nombre de décideurs placent le design comme discipline de management de projet. « Les designers sont capables d’analyser les demandes et les temporalités tout en s’interrogeant sur la forme du projet ».

En parallèle de leur voyage d’étude annuel, les membres de l’IHEST se déplacent en région. Concernant le thème de l’année, la créativité, la directrice fait le constat suivant. « Il existe en France depuis plusieurs années des organisations formelles dédiées à l’innovation et aux transfert de technologies. Mais pour que la « mayonnaise prenne », elles doivent entretenir des relations avec l’économie culturelle et technologique ».

Quelques exemples sont lancés : Metz, « qui a misé sur une économie de la connaissance et la proximité des activités culturelles et scientifiques » ; Salins-les-bains, « passée d’une économie du sel à une économie culturelle » ; Lyon, « qui mise sur une programmation culturelle ambitieuse » ; Nantes, « qui propose une articulation très intéressante entre la culture, les sciences et la technologie »…

Les amateurs comme catalyseurs de l’innovation

La créativité peut se vivre de manière plus personnelle selon le contexte de vie de chacun (les professions de chercheur, designer, ingénieur étant favorisées, sans être les seules). « Actuellement on va peut-être vers une forme de créativité collective liée aux technologies numériques » lance Marie-Françoise Chevallier Le Guyader, qui cite les recherches du philosophe Bernard Stiegler sur les communautés d’amateurs.

« Les amateurs sont des personnes impliquées dans des sujets qui sont aussi des objets de recherche par ailleurs. Les chercheurs devraient utiliser ces communautés comme une porte d’entrée vers la société, sur les thèmes de l’environnement (collecte d’insectes), des aliments, de la médecine (cohorte de patients)… ».

Bernard Stiegler

En parallèle de ses cycles réguliers, l’IHEST propose des universités d’été. Celle de cette année est consacrée à « l’illettrisme scientifique », soit l’incapacité à remobiliser des connaissances scientifiques apprises à l’école. Celles des années précédentes ont fait l’objet de deux publications : l’une sur la théorie économique face à la société et la seconde sur la place des science dans le débat public. Quant aux prochains cycles annuels, les thèmes font déjà saliver : la puissance (2011-2012) et l’utopie (2012-2013).

>> Illustrations : IHEST, HEC Montréal par abdallahh, Biosphère par Munnin, campus de Chicago par shapeshift, B. Stiegler par RSLN (Flickr, licence CC)

Culture, sciences, industrie… La créativité comme dénominateur commun

Un passage pavé, près de la place de la Bastille et un escalier en bois. Au 4ème étage, nous voici dans les locaux de Diversités, « l’association des industries créatives pour la diversité culturelle ». Camille Pène nous accueille en souriant. La jeune fille aux cheveux bouclés et aux yeux noisette est la responsable de l’Atelier Français (AF), lancé par l’association en 2010.

L’AF s’intéresse aux industries culturelles et créatives (édition, musique, cinéma, audiovisuel, jeux vidéo, design…). Que vient faire Knowtex là-dedans ? Tout simplement explorer de nouveaux territoires. Après tout, la créativité, l’inventivité et l’innovation ne sont pas l’apanage du monde artistique… Et Camille est bien d’accord, elle qui a étudié l’œuvre de Paul-Armand Gette, artiste passionné par les rapports arts-sciences, lors de son mémoire. Il n’en faut pas plus pour que nous engagions une enquête commune sur la notion de « ville créative », dont les articles seront disponibles courant juin sur nos deux sites. Avant de les lire, nous vous proposons de découvrir l’Atelier Français, un projet unique en France (1).

Quelle est l’origine de l’Atelier Français ?

L’AF existe depuis 2010, est un projet porté par l’association Diversités créée en 2007 par Jean-François Michel. Cet homme a longtemps travaillé dans le monde de la culture. Il a entre autre co-fondé les Victoires de la Musique et créé le « Bureauexport », qui accompagne le développement à l’international de la filière musicale française. A un moment donné, Jean-François Michel a trouvé que l’industrie musicale n’avait pas assez d’opportunités de dialogue avec les autres industries culturelles, d’où la création de Diversités. Cette association rassemble des membres venant de la musique, de l’édition, de la télévision, de la radio, du web…

L’objectif initial de Diversités était de créer une caisse de résonance, un lieu de dialogue pour les industries créatives. En parallèle, le Ministère des Affaires Étrangères, souhaitant renforcer la visibilité des industries culturelles et créatives françaises, a commandé à Diversités une étude auprès des professionnels de la musique, de l’édition, du cinéma, de l’audiovisuel, des jeux vidéo et du secteur numérique. De cette étude est né l’Atelier Français, conçu pour être une plate-forme d’échanges pour les professionnels.

Quel était le constat de cette étude ?

A la suite de cette enquête, Diversités a formulé le constat que ces différents acteurs de la créativité manquaient d’occasions de se rencontrer. Il est apparu nécessaire de créer un lieu commun de réflexion à ces secteurs. Les industries culturelles, qui vivent aujourd’hui des mutations fortes liées à la numérisation des contenus, peuvent bénéficier de l’expertise des acteurs du numérique en matière d’innovation, tandis que les startups et les entreprises multimédia ont intérêt à se rapprocher des industries de contenus dont ils ont besoin pour développer des services. Le Ministère des Affaires Étrangères a décidé de soutenir la réalisation d’une plateforme ayant vocation à rapprocher les industries culturelles et les fournisseurs de services numériques, qui soit à la fois un site internet et un espace physique de rencontre : l’Atelier Français.

Quels sont les objectifs de l’AF ?

Notre principal objectif est de mettre nos membres en relation, pour qu’ils apprennent à se connaître et qu’ils montent des projets innovants ensemble. Nous leur disons : « regardez-vous, inspirez-vous, faites des liens entre vous ». Pour nous, ce sentiment d’appartenance à une communauté est essentiel.

Ainsi, nous souhaitons créer un tissu français des industries créatives, pour augmenter la visibilité de la créativité française sur la scène internationale et leur redonner confiance dans leur capacité à s’exporter. Nos autres objectifs sont d’assurer l’information [ndlr : voir la veille du 18 mai] et la formation des professionnels de ces industries, d’offrir des opportunités aux acteurs du numérique, notamment les petites start-up, de proposer des solutions techniques aux industries culturelles et de mettre en avant les créations les plus innovantes.

Avez-vous des exemples de la créativité « à la française » ?

Les exemples ne manquent pas : dans le design et l’architecture, Philippe Starck et Jean Nouvel, dans la musique, le DJ David Ghetta et le groupe Phœnix, qui a remporté un Grammy Award, ou encore les startups Dailymotion ou Ventes-privées qui se sont imposées dans le paysage international. Du côté « culture et numérique », on peut souligner l’activité du centre Pompidou ou le rapprochement récent d’Orange avec Le Louvre. Ce dernier exemple est notable. Pour simplifier, les industries culturelles offrent un territoire et des contenus et une expertise de la créativité tandis que le secteur du numérique, et notamment les start-up, offrent de la souplesse et de l’innovation et des services pour valoriser les contenus.

Comment vous-y prenez vous ?

L’idée de super plate-forme présentant de façon exhaustive les industries créatives a été vite écartée. Nous avons privilégié un site internet modeste et agile pour concentrer nos efforts sur les opportunités de rencontres. Ainsi, nous organisons de nombreux « ateliers », en fait des conférences qui ont lieu chaque mois depuis septembre 2010, d’abord à l’Ensci – les Ateliers et depuis mars dernier à la Gaîté Lyrique.

Au quotidien, notre travail, à Faïna Ramdani et moi, est de préparer les ateliers [ndlr : l’AF est d’ailleurs reconnu pour ses compétences dans l’organisation de conférences], de faire de la veille, d’en extraire des thèmes communs à tous nos membres proposés au comité de l’AF, de nourrir le site internet, d’animer la communauté via les réseaux sociaux [ndlr : voir le compte Twitter et la page Facebook] et d’assurer une présence physique auprès de nos membres.

Quels sont les projets de l’Atelier Français ?

Notre prochain atelier est aussi notre première action en-dehors de Paris, sachant que l’association Diversités a déjà réalisé plusieurs projets à l’international. L’atelier en question a lieu à Lyon, le 3 juin prochain pendant les Nuits sonores. Il sera consacré aux « festivals face au web ». Vincent Carry, le directeur des Nuits sonores, a constaté qu’un tel événement accueille beaucoup de directeurs de festivals. Il a alors décidé d’organiser un « laboratoire européen des festivals » avec des rencontres professionnelles dans lequel nous sommes partie prenante. L’atelier suivant se tiendra à la Gaîté Lyrique et concernera la problématique de notre enquête commune à l’AF et Knowtex : la ville créative.

Sinon, nous avons plusieurs projets en cours. Le premier serait d’organiser une sorte de conférence-manifeste des industries créatives, afin de comprendre la « french touch 2.0 ». Le second est d’organiser des formations. Enfin, nous souhaitons décliner nos ateliers à l’étranger, avec les réseaux culturels français, avec par exemple des conférences à Séoul et Montréal sur les thèmes de l’image et des jeux vidéo.

Notes :

  1. De son côté, Camille s’est livrée au même exercice sur Knowtex avec une interview de Nicolas Loubet

Pour aller plus loin :