Prix littéraire grâce à deux squelettes !

Je l’indiquais dans mon précédent billet : j’ai récemment participé à un concours littéraire lancé par le muséum et la bibliothèque de Toulouse. En voici les résultats :

Premier prix : Les dames de Théviec de Sylvie Castéra Saglier
Deuxième prix : Les fugueuses de Marion Sabourdy
Prix spécial : Les sœurs oubliées de Pierre F. Jaouen
Prix des internautes : Au pied du tertre des ancêtres de Ludovic Ferry (39,5% des 344 votes)

>> Les nouvelles lauréates sont accessibles ici avant leur prochaine mise en ligne au format e-book.

squelette

Les deux squelettes dont il fallait conter l’histoire (Jeki et Alio dans ma nouvelle)

Un peu plus d’une semaine après l’annonce des résultats, je suis encore sur mon petit nuage ! J’étais assez loin d’imaginer atteindre ce résultat, surtout quand j’ai su que 53 personnes ont participé à ce concours.

Comme je l’ai indiqué en commentaire du billet annonçant les résultats, je souhaite remercier les membres du jury (1) dont la décision m’encourage fortement à poursuivre dans ce domaine (on se croirait à Cannes ^^). Ce concours est mon premier, et ne sera sûrement pas le dernier !

Bravo à l’ensemble des participants (les textes accessibles sont tous plus étonnants et intéressants les uns que les autres) et mention spéciale à l’équipe du Muséum qui a bossé dur pour organiser ce concours et nous tenir en haleine via les réseaux sociaux.

J’ai adoré l’ambiance de ce concours, mélange de respect entre auteurs et de compétition sympathique (sans parler du thème, qui me tient vraiment à cœur, comme beaucoup d’entre vous). Non contente de m’être exercée à l’écriture, j’ai également rencontré des auteurs charmants et passionnés comme Mathilde et Frédéric, via le profil Facebook « Paroles de squelettes ».

Concours de nouvelles 2011 : délibération du jury

Les membres du Jury en pleine délibération

Malheureusement, le plaisir est entaché par le fait que je ne pourrai pas être présente à Toulouse pour la remise des prix… Je tiens à m’excuser auprès du jury, des membres du Muséum et de toutes les personnes présentes le 25. En espérant pouvoir discuter avec vous et vous lire dans le futur…

Et le programme pour ceux qui souhaitent assister à la remise des prix, le 25 juin de 10h30 à 12h au Muséum de Toulouse, au restaurant le Moai (attention, il faut réserver) :

10h30 : Accueil autour d’un café et distribution des entrées au Muséum
11h00 : Discours du Directeur du Muséum et présentation du jury, remise des prix, lecture de la nouvelle qui a reçue le premier prix et rencontre avec les membres du jury.

Notes

(1) Le jury était constitué des auteurs Mouloud Akkouche et Frédérique Martin, des éditions Privat, du libraire Bibliosurf, d’un représentant du Centre Régional du Livre, de la préhistorienne Cristina San Juan-Foucher (commissaire scientifique de l’exposition préhistoires), d’un membre des Éditions du Muséum de Toulouse, d’un membre des médiathèques du Muséum et d’un membre de la médiathèque José Cabanis (Intermezzo)

>> Illustrations : Muséum de Toulouse (voir le profil Flickr)

Votez pour votre pré-histoire préférée

Un petit billet en passant pour vous parler d’un concours qui me tient à cœur.  Le Muséum et la Bibliothèque de Toulouse organisent en ce moment-même un concours littéraire autour de l’exposition « Préhistoire[s], l’enquête ».

Concours littéraire

Le but : écrire une nouvelle (pas plus de 15 000 signes pour la catégorie adulte) relatant, sous forme de fiction, la vie de deux femmes inhumées il y a 7 500 ans dans une sépulture de Téviec (Bretagne) et dont les squelettes sont présentés au Muséum (voir le règlement du concours). Quand on sait que ces deux jeunes femmes sont mortes de manière violente (leurs crânes présentent des traces de coups), il n’en faut pas plus pour exciter les imaginations.

Je n’ai malheureusement pas (encore) eu l’occasion de visiter cette exposition, mais le thème du concours était vraiment trop alléchant pour que je le laisse de côté. J’ai donc envoyé ma nouvelle il y a deux semaines et j’attends les délibérations avec un peu de stress. C’est mon tout premier concours !

Ce matin, une première sélection du jury a été mise en ligne. Il s’agit des 10 nouvelles en concurrence pour le prix des internautes. Et la mienne n’y figure pas. De deux choses l’une : soit elle n’a pas été appréciée, soit je fais partie du trio de tête désigné par le jury mais encore gardé secret. Un coup à attraper un ulcère ;-)

expo

J’écris donc ce billet de blog pour vous inciter à lire ces 10 nouvelles et à voter pour votre préférée. Mathilde, une des sélectionnés avec « Les honorées de Komohi » (mais aussi bloggueuse et membre de Knowtex) le résume bien : « derrière chaque nouvelle, il y a un auteur qui a sué sang et eau de nombreuses heures avant de présenter son bébé pour qu’il soit ensuite soumis à la dure loi du vote, sans aucune prise dessus ! ».

Au-delà de l’intérêt personnel d’écrire une nouvelle sur un sujet plaisant, je découvre des personnes et une ambiance intéressantes, mélange de respect entre auteurs et de compétition sympathique. C’est également l’occasion d’apprécier le travail de médiation de l’équipe du Muséum de Toulouse, qui anime le profil Facebook « Paroles de squelettes » avec à l’honneur nos deux jeunes héroïnes. (Bravo Maud).

Alors patience jusqu’au 7 juin, jour de l’annonce des différents prix !

Samuel, le museo-geek aux grandes oreilles

C’est bien simple, sur le web, Samuel Bausson est partout : Twitter, Tumblr (ici et ), Slideshare, Knowtex (bien sûr) et j’en passe (beaucoup)… Il s’est fait un point d’honneur à tester tous les outils qui lui tombent sous la main. S’il a peu posté de liens ici, il reste attentif à notre projet et nous suggère régulièrement des références ou nous donne des idées [merci].

Nous l’avons rencontré plusieurs fois, à Toulouse ou Paris, souvent autour d’un café, parfois toute l’après-midi pour discuter. Son travail ? « ouebmister » du Muséum de Toulouse comme il l’indique avec humour dans sa bio sur Twitter.

Samuel a un parcours comme on les aime : riche et tortueux, qui a fait de lui quelqu’un d’ouvert et de positif. Tout jeune, il copiait des codes récupérés au bureau de tabac sur son ordinateur Thomson TO7 et trouvait déjà fascinant de pouvoir « mettre en scène » des informations dans le salon de la famille… Ses autocollants seront sa première collection qu’il mettra à l’honneur dans une “exposition” avec audio-guide à cassette.

Plus tard, après une année de philosophie à Rennes, il a suivi des études en cultural anthropology à l’Université de Grinnell, dans l’Iowa (Etats-Unis), « l’équivalent des études d’ethnologie en France » explique-t-il. En plus des cours en sciences sociales, il en profite pour suivre des cours de muséographie, scénographie… Samuel se sent « comme un poisson dans l’eau » dans cette université en partie en autogestion, et avec une longue tradition d’ouverture et d’innovation sociale. C’est la première à ouvrir ses portes aux femmes et à diplômer des étudiants noirs dans le Midwest. Samuel y suivra également le tout premier cours de webdesign en 1996 (excusez du peu)…

Pour son stage, il photographie des poteries préhistoriques de la tribu Sinagua, à Flagstaff, en Arizona. « C’était les débuts de la photographie numérique grand public. J’en ai fait ensuite un CD-Rom éducatif pour mon département et ça été le début d’un parcours alliant culture et numérique…”

Les débuts en tant que webmaster

Il rentre en France en 1998, après avoir fait « plein de choses qui n’ont rien à voir» de boulanger à la sauvegarde de données bancaires…. A l’époque, c’était les débuts du « net » grand public et Samuel, un peu « bidouilleur » et n’ayant pas de correspondance de ses diplômes, décide de tenter sa chance dans le secteur culturel en entrant par la porte de la technique. Il sera le webmaster de la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) à Nantes pendant deux ans puis entre au département de la communication interne à la mairie de Saint-Nazaire pour animer l’intranet de la ville, un des premiers postes de ce type en France à l’époque.

C’est lors de ces deux contrats qu’il débute sa réflexion sur le travail du webmaster. Selon lui, « il y a autant de profils de webmaster que de sites web ». Au-delà de son propre travail quotidien, Samuel réfléchit à la notion de travail en réseau, quand on a des métiers différents dans les institutions comme les mairies et les musées. « Je ne savais pas trop en quoi consistait mon travail car les mots pour le définir n’existaient pas encore. Il fallait fédérer les gens autour du projet de la ville, les organiser autour de projets communs, pas seulement publier un bulletin avec les dernières nouvelles. Après coup, je pense que c’était une bonne formation aux réseaux participatifs en ligne… »

Après ce poste, il fait un petit détour par le montage audiovisuel à Rennes pendant un an et réalisera… un documentaire sur un gardien de cimetière. Une formation qui complète son DESS de « webmaster éditorial » entamé à Poitiers. Ses différentes expériences lui ont fait découvrir toutes les facettes du métier de webmaster « de la technique vers l’éditorial puis la gestion de communauté ».

L’expérience du Muséum de Toulouse

Son parcours se poursuit au Muséum de Toulouse, juste avant sa réouverture en janvier 2008. Séduit par le projet de l’établissement, positionné comme une plateforme d’échanges orientée sur les visiteurs, il décide de descendre dans le sud-ouest et de participer à la réouverture du Muséum, « une belle opportunité ! ».

Petit à petit, il crée des comptes pour le Muséum sur les principaux réseaux sociaux, plutôt que de se concentrer sur un seul et unique site : « il faut aller en réseau avec les communautés qui existent déjà ». Dans ces communautés, il applique à chaque fois une grammaire différente, s’adaptant à merveille aux codes implicites de chaque plateforme.

Sur le compte FlickR, qu’il a ouvert au départ pour son côté pratique, il cerne l’intérêt des groupes et crée « Souvenirs du Muséum de Toulouse » pour que les visiteurs y partagent leurs photos faites sur place. Sa collègue Maud a pris le relais et donne vie au groupe avec un concours annuel. Elle a également ouvert un autre groupe « Collectionner le Vivant autrement » qui rassemble les photographes observateurs de la nature et crée du lien avec les collections du muséum.

Cette omniprésence pourrait donner une impression d’éparpillement mais il n’en est rien tant Samuel tient à la ligne éditoriale instaurée : « nous explorons et déclinons tout ce qui touche à l’homme, la nature et l’environnement ». Cette ligne éditoriale lui sert beaucoup sur Twitter, pour ne pas se noyer dans la masse d’information et orienter sa veille. « C’est bien de savoir qui on est et ce que le musée défend. Ainsi, on ne se laisse pas entraîner par des trolls [ndlr : membres d’une communauté qui aiment créer les polémiques] ou on ne reste pas sur la défensive car on est plus apte à répondre aux interpellations quand c’est opportun aux interpellations ».

Qu’est-ce qu’un musée 2.0 ?

Lorsqu’on lui demande sa définition d’un musée, il répond « un lieu de mémoire partagée, une plateforme d’échanges entre visiteurs et personnels du muséum autour des thématiques du musée, et non pas uniquement une galerie d’objets. Selon lui, « entrer dans le relationnel n’est pas une pratique courante pour les musées ». Alors, cette philosophie marche-t-elle en pratique ? Apparemment, oui. « Au début, il y avait beaucoup de « kikoolol », de discussions pas très sérieuses, sourit à moitié Samuel, mais plus tu es ouvert, plus le dialogue prend. De plus, il est plus intéressant de rebondir sur l’intérêt des gens plutôt que d’expliquer, d’imposer d’emblée, ce qui est considéré comme digne d’intérêt par l’institution…».

Une réflexion qui mène jusqu’à la redéfinition des rôles entre visiteurs, objets, direction du musée, « pour sortir des dichotomies » entre collections et « grand public ». Les réseaux sont une chance pour les musées qui y ont toute leur place avec leurs contenus riches à proposer aux communautés d’internautes « là où elles sont ». Une expression résume bien les idées de Samuel sur les nouveaux musées : « de la conservation à la conversation ».

Quand y’en a plus…

Et pendant ses loisirs, Samuel n’est jamais très loin des musées et centres de culture. Avec des amis de Toulouse, il a monté L’esplanade, « Rézo-Labo des acteurs de la culture, création & innovation numérique à Toulouse ». En décembre dernier, il a également participé à une « descente » au Musée d’Orsay avec d’autres « poils à gratter », pour y titiller l’interdiction de la photographie (voir son article).

Et sa réflexion ne s’arrête pas là, caressant les notions de droits d’auteur, de licence Creative Commons, de remixage, de la place des lieux publics sur les plateformes privées… Autant de problématiques de la « culture » web pas toujours simple à concilier avec celle des institutions.

2011 au Muséum de Toulouse

Les prochaines expositions évoqueront notamment « l’eau » et « Eugène Trutat », un photographe, géologue et naturaliste qui fut directeur du Muséum. Pour la fin de l’année, Samuel souhaite créer un nouveau site internet afin de rendre l’offre du musée plus lisible. Ce site intègrerait des informations pour l’instant disparates (actualités, newsletters, événements…). Sans oublier de « mettre en scène » (véritable leitmotiv) les échanges avec les internautes. Le site serait un « hub de tout ce que le muséum dit sur les réseaux, couplé aux contenus élaborés avec les scientifiques ». A suivre…

>> Illustrations :  museumdetoulouse, Lorena Biret (Flickr, licence CC)