Petit guide pour parler de sciences à destination des profs qui n’osent pas

Parler de sciences dans mon cours de français / avec mes élèves de primaire (hors des enseignements obligatoires) ? Bof, les sciences, c’est pas trop mon truc tu sais… Déjà à l’école je n’y comprenais rien. J’étais vraiment soulagé quand je me suis orienté en L et refaire des maths pour le concours, ça m’a donné des boutons. D’ailleurs, même si j’avais envie, j’aurais trop peur de dire des conn***** aux élèves…

- T’inquiète, parler de sciences, c’est pas si difficile et tu es sans doute bien placé pour le faire comme le dit Philippe Meirieu. Et puis ça devient de plus en plus nécessaire dans un monde où les sciences et techniques sont omniprésentes. Y’a pas (que) moi qui le dit, y’a aussi l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.

- C’est-à-dire ?

- Les petits jeunes que tu as devant toi trouveront du travail en tant qu’ingénieurs, ils utiliseront des smartphones toujours plus performants (et d’autres interfaces encore inconnues), ils seront confrontés à des choix éthiques cruciaux concernant la procréation médicalement assistée, le changement climatique, etc… Ils ont besoin d’en savoir plus !

- Mais… Et les jeunes qui ne veulent pas être ingénieurs ?

- Ils font aussi partie de la société, comme toi qui n’aimes pas les maths, ils seront confrontés aux sciences et aux techniques également. Et puis on aura aussi besoin de littéraires… qui réfléchissent sur les sciences (comme Yves Citton).

- OK, alors comment je fais si je n’y comprends rien aux sciences, pour en parler aux élèves sans avoir l’air bête ?

- Pour te (re)mettre à niveau, tu peux trouver un stage ou une formation qui te convienne (l’Académie des sciences le proposait en 2007 et des documents sont disponibles en ligne, par ex. sur le site Astep ou de Sciences à l’école). Tu peux aussi travailler avec tes collègues d’autres disciplines. Tu le fais sûrement dans le cadre de sorties scolaires, pour les TPE ou toute autre activité, alors pourquoi ne pas installer un sismographe ou un cosmodétecteur à l’école ou encore participer à un concours lancé par un laboratoire ou l’université locale (à Grenoble, tu as notamment « La Recherche fait école« , « Nano@school » ou « Faites de la science » ; cherche bien près de ton école)

- Bon, jusque-là, rien de bien nouveau…

- Ensuite, tu peux te mettre en contact avec le CCSTI le plus près de chez toi.

- Le CCquoi ?

- CCSTI, Centre de culture scientifique, technique et industrielle. Il s’agit de centres spécialisés dans la création d’expositions scientifiques et/ou dans la médiation des sciences. A Paris, c’est la Cité des sciences et à Grenoble, La Casemate, où je travaille. Tu pourras peut-être visiter une exposition avec tes élèves et travailler sur les contenus pédagogiques avec les médiateurs du CCSTI. Si le centre ne propose pas d’expo, ils peuvent peut-être se déplacer dans vos classes ou bien t’orienter vers d’autres acteurs. Il y a au moins un CCSTI par région, parfois un par département. Tu trouveras la liste ici. Et bien sûr, tu peux faire de même avec les muséums, éco-musées, associations (les historiques La Main à la Pâte & Les Petits Débrouillards et puis Science ouverte, Planète Sciences …), etc.. Regarde du côté de l’AMCSTI, tu devrais pouvoir en trouver !

- OK ! Et si je vis à Nantes, Paris, Grenoble ou près d’Yverdon-les-Bains (Suisse) ?

- A Nantes, je te conseille le festival de science-fiction les Utopiales, la dernière journée est dédiée aux scolaires. A Yverdon, petit chanceux, il y a le musée qu’il te faut & à Grenoble (presque) tous les acteurs sur un même site (oui bon, OK, c’est de l’autopromo) ! A Paris, à part les incontournables (Universcience, Musée des Arts et Métiers, Muséum, ESPGG, Paris Montagne, etc.), tu peux facilement aborder l’histoire des sciences au détour d’une rue : Amélie te propose des petits balades scientifiques pour chaque arrondissement à compléter avec ce livre sur les grandes expériences scientifiques à Paris. Oh et puis tant que tu es dans l’histoire des sciences, profite-en pour évoquer les femmes scientifiques, ça ne coûte rien et ça pourrait donner des idées aux jeunes filles de ta classe.

- Wouha, super ! Mais tu sais, j’ai pas un kopeck pour organiser une sortie avec mes élèves…

- Alors là va peut-être falloir monter des dossiers et convaincre ton directeur… Mais bon, si tu oses affronter les sciences alors c’est pas un dossier qui va te faire peur ! Dans l’Académie de Grenoble, le « Contrat éducatif isérois » permet de financer certains projets. A toi de trouver l’équivalent dans ton académie !

- En attendant un financement, faut que je me débrouille tout seul à l’école.

- Bon alors il faut faire simple… Tu leur fait étudier des bouquins à tes élèves ?

- Bien sûr…

- Pourquoi ne pas tenter des livres dont la science fait d’une manière ou d’une autre partie de l’histoire (comme le très documenté « Prodigieuses créatures » de Tracy Chevalier ou plus étonnement de « La vie mode d’emploi » de Georges Perec, comme l’explique Jean-François Chassay dans cette vidéo), de la poésie ou des haïkus sur les sciences (soyons fous : des tweet-haïkus ?), ou carrément des livres de science-fiction (il y a de très bons livres jeunesse et tu peux organiser un rallye), voire des policiers qui laissent une bonne place à la police scientifique ? Benjamin en parle ici. N’hésite pas à questionner ton libraire, ils connait peut-être des auteurs locaux susceptibles d’intervenir dans ta classe. Et puis c’est l’occasion de proposer un cycle complet aux élèves en ajoutant des séances de dessin de vaisseaux spatiaux ;)

- Ah oui, les livres, j’adore ! J’aimerais bien les faire écrire un peu aussi, du coup…

- Ah oui, bonne idée ! Est-ce que ton école ou ta classe tient un journal ? Ça vaudrait le coup de te rapprocher du CLEMI local pour faire découvrir les média à tes élèves tout en leur faisant écrire sur les sciences. Et chaque année, tu pourras concourir pour le meilleur journal de France ! Et du côté de la fiction, tu pourrais travailler sur le format de la nouvelle et faire participer tes élèves à un concours (voir une liste ici). [Edit du 14/01/14] Il existe aussi le théâtre de sciences : tes élèves pourraient assister à une représentation (regarde dans cette base de données si tu trouves une compagnie qui te plait), voir écrire une petite pièce, éventuellement avec l’aide d’un auteur comme Anne Rougée [voir le commentaire de Delphine en-dessous du billet].

- Et pour faire des maths en rigolant, t’as quelque chose ?

- Peut-être coupler les chiffres à un soupçon de design en tentant la « data-visualisation » comme à Rennes ou bien ajoute des calculs et des conversions dans tes séances de sport (hop, un petit article et une vidéo)… Tu vois, c’est pas si compliqué ! Bon alors, tu essaies et tu m’en parles en commentaire ? ;-)

>> Quelques références supplémentaires :

>> Illustration : RDL (Flickr, licence cc)

Live-tweet d’un livre : première expérience avec #Trex

Avec ses mini-messages de 140 caractères, Twitter n’aurait pas déplu à l’Oulipo. Beaucoup de membres tirent profit des limites de cette plateforme afin de créer des tweets poétiques (comme les Twhaïkus), littéraires ou artistiques.

Loin de prétendre faire la même chose mais inspirée par l’expérience de Marine Soichot (lire son article ici), j’ai souhaité de mon côté tester un autre usage de Twitter : le live-tweet de la lecture d’un livre.

J’avoue que mes intentions premières étaient bien moins nobles que vous ne pouvez le penser. A l’origine, je souhaitais rédiger un compte-rendu « classique » de la lecture du livre « T. rex – Tyrannosaurus et les mondes perdus » de Jean Le Loeuff. Mais étant donné que j’écris toute la journée dans le cadre de mon travail, je savais avant même de commencer que ce compte-rendu aurait terminé dans les limbes des brouillons de ce blog. En revanche, accompagner ma lecture de quelques tweets par-ci par-là me demandait – à première vue – moins d’investissement.

J’ai donc lu ce livre tout en tweetant des phrases rigolotes ou inspirantes ainsi que les commentaires qui me venaient en tête. Et ce live-tweet s’est avéré bien plus riche que je ne m’y attendais. Voici quelques points positifs et négatifs :

Points positifs

  • L’exercice stimule l’esprit de synthèse. Il est très mal vu de spammer tous ses followers en tweetant 50 fois d’affilée sur un sujet donné. Dans tous les cas, j’ai utilisé le hashtag #Trex : les personnes intéressées ont pu suivre le LT et les autres ont évité ces tweets précis (ça ne m’a pas empêché de perdre quelques followers dans la bataille mais tant pis, ils n’aiment pas les dinos…)
  • Le contenu des chapitres est bien mieux mis en valeur qu’avec un compte-rendu classique où on passe souvent outre de grandes parties du livre. En revanche, mon avis général sur le livre est sans doute resté plus discret car j’ai peu tweeté sur ce que j’en pensais. A améliorer pour les prochains !
  • Énorme point positif : la participation des twittos et les discussions lancées. J’ai eu la chance de pouvoir compter sur de nombreuses personnes curieuses et bavardes – ainsi que sur l’auteur du livre (!) – qui n’ont pas hésité à lancer la conversation, préciser / compléter des infos, renvoyer vers des références. Cette activité a réellement « augmenté » la lecture de mon livre (j’espère l’avoir montré dans le Storify)
  • Un compte-rendu de livre en tweets, photos et vidéos, c’est quand même plus sympa ! De plus, ce livre est idéal pour un LT : pas trop long, facile à lire, un sujet (les dinosaures) qui intéresse les twittos… Pas sûre que tout le monde réagisse bien à mon futur LT du livre du mathématicien Cédric Villani ;)
  • Bon, et au final, la raison première de ce live-tweet (« gagner du temps ») n’a pas du tout été respectée. Je pense que j’ai passé plus de temps à tweeter, construire le Storify et alimenter la discussion. Mais comme ça m’a beaucoup plus, je laisse ce point dans les positifs !

Points négatifs

  • Lire et tweeter en même temps, ce n’est ni facile ni agréable. J’ai testé une fois entre midi et deux en mangeant et avec le téléphone portable : à oublier ! En général, j’ai lu un ou deux chapitre à côté d’un ordinateur afin de pouvoir tweeter et construire le Storify en même temps (ça évite d’aller chercher tous les tweets après coup mais exit la lecture tranquille dans le lit)
  • La lecture étant hachée (je ne souhaitais pas tout lire et spammer tout le monde en deux jours) je n’ai pas totalement profité de l’expérience. Il y a sans doute un juste milieu à trouver (tweeter moins par ex. un ou deux tweets par chapitre)
  • Mon hashtag n’était pas bien choisi. Il était court (bien) mais trop utilisé (pas bien). Du coup, je ne sais pas vraiment si les personnes intéressées ont bien pu suivre via le hashtag… De plus, beaucoup d’entre elles ne l’ont pas utilisé lorsqu’elles me parlaient du livre

Les questions autour du droit au live-tweet de livre

Plus rapide que son ombre, Nicolas Loubet a réagit à mon live-tweet en sollicitant des spécialistes du droit et de l’édition afin de savoir tout bêtement si l’exercice était autorisé. Voici le Storify des échanges à ce sujet. Dans mon cas, il faut dire que l’auteur, présent sur Twitter, est plutôt bienveillant. Il a accepté ce live-tweet et y a même pris part ! Une attitude qui a sans doute fait mouche car deux ou trois personnes m’ont indiqué vouloir acheter le livre suite à ce LT !

Avant de vous laisser à la lecture de ce compte-rendu, je souhaitais faire un grand merci à toutes les personnes qui ont participé à ce live-tweet et à Gayané Adourian qui m’a inspiré ce billet :) Et voici donc la bête (le chargement du Storify prend un peu de temps) :

Echosciences Grenoble : premier Knowtex-like en région

Après un an de préparation, de réunions et de réglages techniques, le site Echosciences Grenoble est officiellement en ligne depuis quelques minutes. Il s’agit du premier réseau social territorial de la culture scientifique.

Echosciences Grenoble : tout premier Knowtex-like ? Oui, mais avec un petit plus régional car cette plateforme a pour vocation de fédérer les acteurs culturels, scientifiques et créatifs motivés par le partage et le plaisir de la connaissance, sensibles aux innovations technologiques, à leur histoire et à leurs usages et actifs dans la vie locale de l’agglomération grenobloise.

50 % réseau social, 50 % espace d’information

Pour les mettre en lien, le site est composé de deux parties. Tout d’abord un réseau social, qui permet de connecter localement chercheurs, artistes, enseignants, designers, étudiants, journalistes, amateurs de sciences, blogueurs, animateurs socioculturels. Chaque personne remplit un profil, précise ses centres d’intérêt et peut interagir avec les autres membres.

D’autre part, la plateforme propose un espace d’information, d’échanges et de ressources qui vise à mieux faire connaître les pratiques et actions de médiation culturelle des sciences et des innovations (un peu à l’image du Knowtexblog).

Panorama des initiatives grenobloises

Ainsi, chaque semaine, cinq nouveaux articles seront proposés en Une du site. Nous traitons de sujets variés entrant dans six rubriques : recherche, innovation, médiation/éducation, création, développement durable et patrimoine. Ces articles sont rédigés par les membres de notre équipe, proposés par des contributeurs extérieurs ou provenant de plateformes partenaires. Tous sont soumis à validation par un comité éditorial composé d’acteurs du territoire, garantissant la qualité et la diversité des informations et la pluralité des opinions. En parallèle, tout un chacun peut ajouter des RDV ou des brèves et consulter des fiches qui font un zoom sur une structure grenobloise.

Ce projet est porté par le CCSTI La Casemate et financé par la ville de Grenoble, Grenoble Alpes Métropoles et les Investissements d’Avenir. En effet, Echosciences Grenoble s’inscrit dans le projet national Inmédiats déjà évoqué trois fois dans ces colonnes : présentation générale d’Audrey Bardon, interview du bordelais Alexandre Marsat par Gayané Adourian et compte-rendu du lancement du projet grenoblois par moi-même.

Un Forum des projets pour se découvrir

Le 6 mars dernier, une semaine avant le lancement du site avait lieu le premier événement estampillé Echosciences Grenoble au Stade des Alpes de Grenoble : un Forum des projets de la culture scientifique.

L’objectif de ce forum, tout comme celui de la plateforme, était de créer les conditions de la rencontre, de favoriser les co-constructions et les collaborations et de stimuler l’envie de travailler ensemble. Parmi les 12 projets sélectionnés par un groupe de travail dédié et présentés dans le document ci-dessus et sur notre chaîne YouTube, certains sont déjà lancés, d’autres encore au stade embryonnaire, mais tous partagent la même ambition de mobiliser de nouveaux partenaires, d’élargir leurs publics, de bâtir de nouvelles collaborations. Tout comme la plateforme.

Grenoblois ou non, nous attendons vos remarques et suggestions !

>> Illustrations : SylvainP, pasma, CCSTI Grenoble La Casemate (Flickr, CC)
>> Article publié sur Knowtex le 12 mars 2012

Petit guide pour live-tweeter un évènement

Jeudi 2 février prochain aura lieu la conférence de lancement du projet Inmédiats en simultané à Bordeaux (avec Cap Sciences et Science Animation), Caen (avec Relais d’sciences et Espace des sciences), Paris (Universcience) et Grenoble (La Casemate). Fraichement arrivée à La Casemate, j’assurerai le live-tweet (LT) de la partie grenobloise de cette conférence avec l’équipe du CCSTI (compte @LaCasemate).

Et voilà La Casemate, mon nouveau lieu de travail, à Grenoble

Jusqu’ici, je faisais plutôt partie des invités des conférences. La pratique du LT m’a beaucoup apporté, en termes de capacité à synthétiser et vulgariser un message, m’a également permis de développer ma présence sur les réseaux sociaux et surtout m’a fait rencontrer un grand nombre de personnes très intéressantes. Tous ces points positifs peuvent également s’appliquer à une institution, pour peu qu’elle maîtrise les codes de Twitter. Pour une fois du côté de ceux qui organisent, j’ai eu envie de lister quelques bonnes pratiques dont vous pouvez vous inspirer que vous soyez invités ou organisateurs. N’hésitez pas à ajouter les vôtres en commentaire !

Le Hashtag

Le mieux est qu’il soit créé par les organisateurs et annoncé plusieurs jours à l’avance ainsi que le jour J, sur les programmes de l’évènement, les écrans et de vive voix. [edit : @igruet propose à juste titre de vérifier en amont si le hashtag n'est pas déjà pris : ça évite de mêler deux flux qui n'ont rien à voir. Autre idée : faire un petit sondage auprès des twittos pour voir si le mot-clé leur parle].

Pour jeudi prochain, il s’agit tout simplement de #inmediats, du nom du programme (en cliquant dessus, vous pouvez dès à présent voir les tweets qui mentionnent ce mot-clé). [Edit : En passant, deux autres petits hashtags à connaître : #13min pour les Treize minutes et #lemix pour les activités du Grand Mix. Pour éviter les problèmes avec les "clients" Twitter, c'est-à-dire les logiciels développés par des sociétés privées pour faciliter l'utilisation de Twitter, mieux vaut éviter les accents sur les hashtags. Merci à @MathildeD_V, @Neurolit, @CamilleCocaud et @AlexandreMarsat pour l'aide et les précisions].

Petit aperçu du consortium Inmédiats

Un hashtag doit être assez court pour laisser de la place au reste du texte dans le tweet (140 caractères en tout). Pour cela, on utilise souvent des abréviations, acronymes, chiffres ou fusion de mots (c’est le cas ici : innovation, médiation, territoires). Attention toutefois à ce qu’il soit compréhensible. Le hashtag est souvent placé en début ou en fin de tweet. S’il n’est pas créé par les organisateurs, les twittos peuvent s’entendre pour en choisir un mais il faut le faire assez tôt dans l’évènement pour éviter l’utilisation de hashtags différents (et ainsi perdre une partie de l’info).

Problème : dans les congrès où ont lieu plusieurs conférences en même temps, il peut y avoir une confusion si tous les twittos utilisent le même hashtag (c’était le cas pour Scientix que j’ai eu la chance de couvrir l’année dernière pour Knowtex et le problème se posera sans doute aussi pour ECSITE en mai et juin prochain à Toulouse). Avez-vous des solutions pour éviter cette confusion ? [edit : @Leauickque et @igruet proposent de créer plusieurs hashtags en attribuant des numéros à chaque atelier, par exemple #bidule1 #bidule2 ou bien d'indiquer le numéro de l'atelier séparément. Attention aux risques de confusions].

En passant, voici un site pour comprendre la définition de certains hashtags (surtout anglophones) et une liste des principaux hashtags de la communauté éducative mondiale (via @audrey_bardon).

Les outils et le lieu

Du côté du matériel : un smartphone, un ordinateur ou un iPad à la batterie pleine sont indispensables (placez-vous près d’une prise, on ne sait jamais !). Pour votre premier LT, le site de Twitter peut suffire mais quand vous gagnerez de l’assurance et des followers, l’usage de certains sites ou logiciels pourra vous faciliter la vie. Pour ma part, j’utilise TweetDeck. Cela permet d’ouvrir une colonne spéciale pour le hashtag (dans le cas du site Twitter, on peut toujours ouvrir une recherche dans un onglet séparé).

Effectivement, ça peut faire peur au premier abord…

Un LT peut se passer n’importe où : musée (voir l’article de Sébastien), conférence, devant une émission de TV… Dans le cas d’une conférence, la salle doit être pourvue de prises et d’un accès wifi gratuit. Dans le cas contraire, le LT sera très limité. Seuls ceux qui disposent d’une connexion 3G pourront tweeter, mais de manière limitée, sur les smartphones. L’installation d’écrans qui présentent le « mur de tweets » permet à ceux qui n’ont pas de compte de suivre tout de même la conversation. Cela évite les quiproquos : les présents (et notamment les intervenants) savent ce qui se passe au même moment sur Twitter et n’ont pas l’impression qu’on bavarde dans leur dos. Twitterfall est un exemple d’outil qui présente les tweets de manière plaisante et attractive pour ceux qui n’y sont pas familiers. Une simple recherche sur internet vous en fera dénicher d’autres (n’hésitez pas à les mentionner en commentaire).

Qui participe ?

Pas besoin d’être présent physiquement dans l’évènement pour intervenir. Il suffit d’utiliser le hashtag dédié. Les personnes qui n’ont pas le temps ou les moyens d’y assister comptent souvent sur les twittos présents pour relayer ce qui s’y passe et apporter leur point de vue. L’organisateur de l’évènement a intérêt (1) à inviter des blogueurs / twittos à assister gratuitement à l’évènement (2) à s’investir lui-même dans la conversation, pour l’enrichir et avoir connaissance des retours des twittos présents. Il peut également faire office de lien entre les internautes et les intervenants, en posant des questions tweetées.

Le compte Twitter de La Casemate

En amont de l’évènement, une petite recherche est utile pour identifier des personnes potentiellement intéressées ou susceptibles d’intervenir à distance. Il est possible de les lister sur Twitter : voir par exemple la liste « inmédiats » de @LaCasemate que j’ai commencé à construire. Elle me permettra de retrouver plus facilement les personnes que je souhaite citer / solliciter.

Pour trouver des twittos, vous pouvez utiliser le moteur de recherche de Twitter, consulter les multiples « annuaires » de Twitter ou encore dénicher les articles de blogs qui listent des comptes intéressants. Exemples pour la science, le journalisme (principalement anglophones) et le journalisme scientifique ;) Sans oublier les recommandations de vos followings, qui ont lieu chaque vendredi via le hashtag #FF (Follow Friday).

Que dire ?

Un LT peut être sérieux comme une prise de notes ou décalé, avec des commentaires ou des blagues. Dans le cas d’un LT « sérieux » (qui n’exclut pas des traits d’humour), l’important est de choisir les déclarations les plus intéressantes pour ses followers (venant des speakers ou des questions dans la salle). Dans la mesure du possible, se limiter à une idée par tweet pour synthétiser ce qui est dit et rendre le message compréhensible et potentiellement re-tweetable. Pour ce faire, mieux vaut éviter les termes techniques et ne pas hésiter à citer le sujet pour que chaque tweet soit compréhensible séparément des précédents. Autant que possible, il faut lier les déclarations (les plus intéressantes) aux noms et/ou comptes Twitter des speakers. Ex : « Bla bla bla » selon @nom #hashtag ». Cela permet à vos followers d’aller voir directement la bio, la photo et le site de cette personne.

Savoir identifier les twittos d’un évènement

Pour rendre votre LT le plus « participatif », il est bien vu d’accueillir les twittos curieux et de rappeler ce qui a été dit à ceux qui en font la demande (bien peu prennent le temps de remonter tout le fil de tweet pour comprendre de quoi on parle). Dans tous les cas, il faut connaître un minimum les personnes à qui on s’adresse et savoir ce qui les intéresse. Pour enrichir son LT ne pas hésiter à ajouter des liens vers les sites internet mentionnés, des photos et vidéo (prises par smartphone ou trouvées sur internet).

[edit : le 16 janvier dernier, j'ai eu l'occasion de suivre l'évènement Hack The Press #2 à distance comme si j'y étais grâce à @GayaneAdourian et @NicolasLoubet - maîtres es LT - qui, en plus d'un LT "classique", ont utilisé Instagram (photo), SoundCloud (mini-interviews de quelques secondes) et Socialcam (petits films). Le tout, juste avec leur iPhone. Chapeau !]

C’est d’ailleurs souvent ce « détail » qui fait la différence entre un LT et un bon LT. Pour être le plus efficace possible, vous pouvez préparer en amont les ressources en anticipant ce qui va être dit. Dans mon cas, je vais utiliser le programme de la soirée de lancement pour lister les noms des intervenants, vérifier qu’ils sont présents sur Twitter et préparer des liens et ressources en rapport avec le programme Inmédiat. Par ailleurs, j’ai listé une partie de la communauté « culture scientifique » présente sur Twitter et ne manquerai pas d’en solliciter certains et de leur conseiller des liens.

Effet « machine à café »

Au travail ou dans les conférences, c’est souvent lors de la pause café que sont dites les choses les plus intéressantes. Twitter joue un peu ce rôle : on discute, on commente, on plaisante en silence et en parallèle d’évènement. Cela créée une certaine connivence entre les twittos. Les relations peuvent aussi se tisser à distance, en suivant les personnes qui prennent part au LT et qui partagent les mêmes centres d’intérêt. La conversation peut se poursuivre ensuite. C’est en partie de cette manière que j’ai rencontré des acteurs de la culture scientifique, par exemple Loïc Bommersbach (@Leauickque) Mathieu Jacques (@MaitreJacque) lors de la journée Science et Médias du 9 janvier dernier.

Avant…

Pour ceux qui voudraient se lancer sur Twitter en commençant par un LT, mieux vaut créer son compte plusieurs jours (semaines) avant. Cela permet de comprendre les « codes » de la plateforme, suivre des personnes qui ont les mêmes centres d’intérêt et surtout gagner des followers. Rien de pire qu’un LT « dans le désert » : c’est démotivant et ça présente peu d’intérêt.

… et après

Pour garder une trace du LT, il est possible d’archiver les tweets qui présentent le hashtag dédié avec des outils comme Tweetdoc (voici d’autres outils, si vous avez mieux, tout en restant gratuit, je suis preneuse). Autre solution (une de mes préférées), c’est la visualisation des tweets, comme le fait Knowtex (voir le récent exemple de #scio12). Voici un autre exemple de visualisation (géographique cette fois).

Capture d’écran de la visualisation des tweets #scio12

Il peut aussi être intéressant de réaliser un billet de blog. L’outil Storify offre des fonctionnalités intéressantes comme la possibilité d’inclure très facilement des tweets ou autres médias dans le cours de l’histoire (c’est le cas de mon précédent article qui est le bilan d’un LT d’évènement).

Avantages / inconvénients

La pratique du LT offre beaucoup d’avantages : prise de note, synthèse d’un évènement, apprentissage de la vulgarisation, amélioration de l’identité numérique du twittos, rencontres… Mais il existe également quelques points négatifs : un LT prend du temps et (beaucoup) d’énergie, parfois il y a un risque de dispersion pendant un évènement car si le LT est pris avec assiduité il n’est pas possible de prendre des notes « classiques » en parallèle (certains proposent même de prendre des notes collaboratives, par exemple sur Google Doc, plutôt que de live-tweeter). Parfois, des « trolls » peuvent s’insinuer dans le LT et commenter ou critiquer à outrance. Difficile de « lutter » contre eux tout en gardant le fil de la conférence. Cela vous est-il déjà arrivé ?

Et vous, quelles sont vos expériences (bonnes ou mauvaises) de LT ?

Sources (1), (2) et (3)

Illustrations : M. Sabourdy, Inmédiats, Miss Pixels (Flickr, licence CC), captures d’écran de TweetDeck et de Twitter, Mallix & Respres (Flickr, CC), Mikaly de Knowtex, Dunechaser (Flickr, CC)

[Tweets] Science, data, avenir : 1001 liens sur le journalisme

Puisque c’est mon métier (enfin une partie) et que de nombreuses questions se posent à son sujet, voici une petite revue de liens glanés sur Twitter depuis octobre 2009 (date de mon inscription sur Twitter) au sujet du journalisme en général et du journalisme scientifique en particulier.

Journalisme scientifique

Pour ceux qui voudraient se lancer

« C’est quoi un journaliste scientifique? » (Jean-Yves Casgha, RFI, 19 août 2011, rediffusion du 13 mai 2011)
[en] So you want your first science journalism job? (blog de Mico Tatalovic, 1er juillet 2010)
[en] How did you become a Science Writer? – leading journalists respond (Site de la Fédération mondiale des journalistes scientifiques, 30 août 2010)
Les bénéfices de l’ouverture, par Baudouin Jurdant, directeur de la formation de journalisme scientifique à Paris-7 jusqu’à l’année dernière : ou les bienfaits de la philo des sciences pour les futurs journalistes scientifiques (Cairn.info)
Journalisme scientifique 101: oubliez le pour et le contre par Pascal Lapointe (Agence Science Presse, 7 septembre 2010)

journalism

Les journalismes « environnement »

Le recul du journalisme environnemental, par Pascal Lapointe (ASP, 21 novembre 2010)
Journalistes et environnement : un combat risqué (Blogal Warming, 20 octobre 2009)
Environnement: les journalistes bâillonnés (Journal de l’environnement, 8 juin 2010)
Journalisme nucléaire, par Pascal Lapointe (ASP, 27 mars 2011)
Quand journalistes et scientifiques font bon ménage par Gayané Adourian (Prisme de Tête, 24 septembre 2010)

D’une manière plus générale

Controverses, fraudes et impostures : les journalistes scientifiques mènent l’enquête par Claire Truffinet (Knowtexblog, 19 juin 2011)
Plaidoyer pour un journalisme (scientifique) qui réfléchit, par Pascal Lapointe (Agence Science Presse 16 septembre 2010)
[en] Will You Be E-Mailing This Column? It’s Awesome (New York Times, 8 février 2010)
La “bactérie tueuse”, laboratoire du journalisme de communication par André Gunthert (L’Atelier des icones, 11 juin 2011)

Le journaliste scientifique « mal aimé » ?

Pige et journalisme scientifique, même combat par Pascal Lapointe (ASP, 25 juin 2010)
[en] How Do We Fix Science Journalism? Simple – We don’t (A Quantum Diary Survivor, 9 mars 2010)
Scientifiques et journalistes: le syndrome du déficit, par Pascal Lapointe (ASP réédité sur Knowtex, 23 mars 2011)
La télé n’aime pas les sciences… et les journalistes scientifiques, par Denis Delbecq (Effets de Terre, 7 décembre 2010)

Sur les sources et les méthodes de travail

Citez vos sources ! par David Monniaux (La vie est mal configurée, 2 avril 2011)
Exclusif ! Un journaliste balance ses sources, David Larousserie (A la source, 12 avril 2011)
Et si on expliquait plutôt que de se précipiter? Par Pascal Lapointe (ASP, 10 avril 2011)
[en] Good and bad reporting par Dave Hone (12 mai 2010)
[en] Le site Knight Science Journalism Tracker, qui combat le « mauvais » JS et ses approximations.
[en] A manifesto for the simple scribe – my 25 commandments for journalists (The Guardian, 19 janvier 2011)

Généralités sur le journalisme et les médias

Internet et les réseaux

Eric Scherer prône un journalisme réinventé et augmenté (Les Inrocks, 22 août 2011)
Comment WikiLeaks embringue la presse traditionnelle
(Rue89, 26 juillet 2010)
« Internet est une formidable opportunité de casser les codes journalistiques »
(Sur Mon Ecran Radar, 5 juillet 2010)
[en] Students and Journalists Believe Everything They Read Online (Science in Seconds, 9 février 2011)
[en] Journalists on Twitter: how do Britain’s news organisations tweet? (The Guardian, 8 avril 2011)
Blogs et journalistes
(Sciences et Avenir, 6 septembre 2010)
Sur le web, l’article journalistique a-t-il encore un sens ?
(Rue89, 5 juin 2011)

Quote

Le nerf de la guerre

Publicité : combien « vaut » une journaliste beauté ? (Eco89, 25 février 2011)
Lancement de jaimelinfo.fr, un site pour financer la presse en ligne (AFP, 26 mars 2011)
Du journalisme culturel comme support d’aide à la vente (Le Comptoir de la BD, 26 octobre 2010)
Qui paiera pour le journalisme en ligne ? par Pascal Lapointe (ASP, 22 mars 2011)

Aux États-Unis… et ailleurs

« The New York Times », résistance à la une (Télérama, 8 décembre 2009)
Pourquoi le Huffington Post est une mauvaise nouvelle pour le journalisme par Pascal Lapointe (ASP, 11 février 2011)
Longue vie à Longshot : Le Magazine imaginé par des journalistes, créé par tous (ReadWriteWeb, 31 août 2010)
[es] « La hoja sagrada » webdocumentaire d’El País
Le quotidien portugais « i », superhero de la presse
(Antoine Laurent, 11 novembre 2009)

Cliquer ici pour voir la vidéo.

L’information hyperlocale

Aux États-Unis, les agités de l’hyperlocal (Le MediaLab de Cécile, 6 novembre 2009)
Le come-back des correspondants locaux
(Volume, 27 octobre 2009)

Autres

Échapper au monde médiatisé par Bernard Stiegler (Jean-Luc Raymond, 31 janvier 2010)
Debout pour défendre le journalisme !
(SIC!, 5 novembre 2009)
[Thèse] La mobilisation du mythe du journaliste-reporter sur le web, nouvel Eldorado participatif ? (@SIC, 6 mai 2009)
Les femmes des «évêques»
(Slate, 15 mai 2009)
Florence Aubenas, George Orwell: une différence de classe
(Media Trend, 24 février 2010)
[en] Passions and Detachment in Journalism (New York Times, 31 août 2010)
Revue XXI : pari réussi sur la «valeur » du journalisme de récit
(Journaliste & Entrepreneur, 22 octobre 2010)
« Roman, théâtre, journalisme : comment on « agite la vie » »
(Le Monde, 28 mai 2011)
La meilleure des boussoles
(La Page du Médiateur, 28 janvier 2010)

Cliquer ici pour voir la vidéo.

La néo-revue est-elle l’avenir de la presse ? par Pierre Assouline (La république des livres, 8 avril 2011)
Chercheuse d’infos, oui, journaliste, non
(Work in Progress, 26 mars 2010)
Receleur, l’autre nom du journaliste qui protège ses sources (Slate, 11 juin 2010)
Les journalistes ont-ils une déontologie ?
(Sciences Humaines, 2006)
Plaidoyer en faveur de Pulvar, journaliste intègre qui dérange
(Rue89, 23 décembre 2010)
Critique, journaliste, blogueur, tous semblables, tous différents
(Le Comptoir de la BD, 14 avril 2011)
Comment être journaliste… comme il y a 20 ans ?
(Graphisme et interactivité, 22 août 2011)

Le data-journalisme

Quézaco ?

Journaliste de données, c’est quoi ? (Fing Live, 6 juillet 2010)
[en] How to be a data journalist (The Guardian, 1er octobre 2010)
2 ans de datajournalisme vus par le Guardian (Owni, 29 juillet 2011)
[en] David McCandless on data visualisations (Net Magazine, 5 juillet 2011)
Le datajournalisme en 10 sites, par Gayané Adourian (Knowtexblog, 22 juillet 2011)
Le « data journalism » contre Albert Londres par Jean-Christophe Féraud (Sur mon Ecran radar, 9 février 2010)
« Pour faire du datajournalisme, il faut savoir maîtriser Excel » Nicolas Kayser-Bril, datajournaliste chez Owni (DataNews, 28 février 2011)
Le journalisme de données, les données ouvertes, et la dictature de la transparence (ReadWriteWeb, 19 octobre 2010)

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Les geeks/hackers, des journalistes ? Et inversement

Peut-on être journaliste d’investigation sans être hacker ? (Internet Actu, 21 juin 2010)
La programmation, l’avenir du journalisme ? (Owni, 30 juillet 2010)
Les geeks sont-ils l’avenir du journalisme ? (RSLN, 9 juillet 2010)
Le journalisme « hacker » Une nouvelle utopie pour la presse ? (La vie des idées, 21 juin 2011)
Hack The Press, les pirates de l’info se cherchent encore (La Voix du dodo, octobre 2010)

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Quelques exemples de datavisualisations

Un exemple de datavisualisation de tweets à partir de laquelle un journaliste pourrait construire un article, par Raphaël Velt suite aux Rencontre numériques (mai 2011)
Tour de France 2011 : puissance des coureurs en montagne (conçu par Dataveyes pour L’Express)
150 films de guerre (Télérama)

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Outils et « guides » pour devenir un datajournaliste

Mémoire multimédia d’Antoine Bouthier sur le journalisme de données (2011)
L’e-book d’Owni sur le datajournalisme
[en] Visualising data – tools and publishing (Online Journalism Blog, 28 avril 2010)
[en] 5 Tools for Online Journalism, Exploration and Visualization (ReadWriteWeb, 2 octobre 2010)

Le journalisme « automatique »

Robot Journalist Takes Pictures, Ask Questions, Publishes Online (Singularity Hub,18 mars 2010)
L’ère du robot-journalisme ? (Nonfiction.fr, 23 décembre 2009)
Les agrégateurs hyperlocaux : que font-ils ? (Penser local, 30 juillet 2009)

Techniques et ressources

Prise de pouvoir de l’audience : 10 conseils du prof. Rosen pour en profiter (Owni, 2 septembre 2010)
[en] Think like a journalist (NewsTrust)
MadeinPress, le moteur de recherché de la presse française
Ressources sur les médias et la presse sur Curiosphère.tv
Liste Twitter « Médias » du journaliste Sébastien Bailly
[ebook] « L’enquête par hypothèse – Manuel du journaliste d’investigation, Mark Lee Hunter
Journalistes, sept manières de protéger vos sources (Rue89, 7 novembre 2010)
Centre de recherche d’information (Zefab)
Cartographie des métiers de la presse (Observatoire des métiers de la presse)

Un peu d’humour

[en] Write your own academic sentence
Comment ne pas répondre aux journalistes (Rue89, 29 juillet 2010)
[en] Journalism Warning Labels
Le journalisme LOL n’est pas le contraire du journalisme sérieux (Boumbox, 9 juin 2010)

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Avenir de la presse et des journalistes

Êtes-vous prêt à devenir un lecteur « responsable » ? (TerraEco, 31 janvier 2010)
Journaliste à louer (Télérama, 13 février 2010)
Notre combat (Le Monde Diplomatique, octobre 2009)
L’avenir du journalisme en jeu
(Je perds donc je pense, 24 novembre 2010)
[en] Can apps save news journalism? (The Guardian, 23 août 2010)
Nouveaux métiers du journalisme – le compte rendu (Social Media Club, 22 février 2010)
[en] Future of the Media Lifecycle

Les journalistes sont devenus interchangeables et doivent innover (CMC, 30 août 2010)
[en] Jobs in journalism are growing (Journalism 2.0, 9 août 2010)
Le temps de l’entre-journalisme
(Le WebLab Solutions, 24 mars 2010)
Jeunes journalistes : avez-vous un avenir ?
(Médias[2])
Pour se vendre, faut-il se transformer soi-même en marque, comme certains journalistes ?
(Le Devoir, 27 octobre 2009)
Journaliste et animateur de communauté : deux métiers en un ?
(Journ@lismes.info, 9 novembre 2009)

>> Pour aller plus loin, voir les weblists Knowtex « Journalisme scientifique » et « Datajournalisme »
>> A venir : une compilation de liens sur le blogging (scientifique ou pas)
>> Illustrations : SMBC, 10 000 words, cc

[Tweets] LEGO et les couleurs

Inscrite sur Twitter depuis l’automne 2009, j’en ai brassé des liens, parfois sans pouvoir les mettre assez en valeur. Cette rubrique me permet de vous en présenter certains.

cowboy

Voir d’autres affiches LEGO des blockbusters de cet été

Vos LEGO sont précieusement rangés dans la cave. Vous n’osez pas les sortir, de peur de paraître en pleine régression. D’autres n’ont pas ces scrupules et en font même un mode de vie. Owni a recueilli leurs témoignages, en parallèle à une enquête sur la société LEGO.

Mais à quoi peuvent-ils bien s’amuser ? Quand les adultes jouent avec les fameuses petites briques, ça peut donner ça ou ça. Plus ambitieux que vos constructions enfantines, non ?

Enfin, signe des temps, la société se met au vert avec une toute nouvelle boîte : une gare intermodale.

Et sinon, une petite vidéo en stop motion comme il en fleurit des milliers sur internet et ma weblist Knowtex sur les LEGO. N’hésitez pas à ajouter vos propres liens en commentaire ;-)

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Samuel, le museo-geek aux grandes oreilles

C’est bien simple, sur le web, Samuel Bausson est partout : Twitter, Tumblr (ici et ), Slideshare, Knowtex (bien sûr) et j’en passe (beaucoup)… Il s’est fait un point d’honneur à tester tous les outils qui lui tombent sous la main. S’il a peu posté de liens ici, il reste attentif à notre projet et nous suggère régulièrement des références ou nous donne des idées [merci].

Nous l’avons rencontré plusieurs fois, à Toulouse ou Paris, souvent autour d’un café, parfois toute l’après-midi pour discuter. Son travail ? « ouebmister » du Muséum de Toulouse comme il l’indique avec humour dans sa bio sur Twitter.

Samuel a un parcours comme on les aime : riche et tortueux, qui a fait de lui quelqu’un d’ouvert et de positif. Tout jeune, il copiait des codes récupérés au bureau de tabac sur son ordinateur Thomson TO7 et trouvait déjà fascinant de pouvoir « mettre en scène » des informations dans le salon de la famille… Ses autocollants seront sa première collection qu’il mettra à l’honneur dans une “exposition” avec audio-guide à cassette.

Plus tard, après une année de philosophie à Rennes, il a suivi des études en cultural anthropology à l’Université de Grinnell, dans l’Iowa (Etats-Unis), « l’équivalent des études d’ethnologie en France » explique-t-il. En plus des cours en sciences sociales, il en profite pour suivre des cours de muséographie, scénographie… Samuel se sent « comme un poisson dans l’eau » dans cette université en partie en autogestion, et avec une longue tradition d’ouverture et d’innovation sociale. C’est la première à ouvrir ses portes aux femmes et à diplômer des étudiants noirs dans le Midwest. Samuel y suivra également le tout premier cours de webdesign en 1996 (excusez du peu)…

Pour son stage, il photographie des poteries préhistoriques de la tribu Sinagua, à Flagstaff, en Arizona. « C’était les débuts de la photographie numérique grand public. J’en ai fait ensuite un CD-Rom éducatif pour mon département et ça été le début d’un parcours alliant culture et numérique…”

Les débuts en tant que webmaster

Il rentre en France en 1998, après avoir fait « plein de choses qui n’ont rien à voir» de boulanger à la sauvegarde de données bancaires…. A l’époque, c’était les débuts du « net » grand public et Samuel, un peu « bidouilleur » et n’ayant pas de correspondance de ses diplômes, décide de tenter sa chance dans le secteur culturel en entrant par la porte de la technique. Il sera le webmaster de la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) à Nantes pendant deux ans puis entre au département de la communication interne à la mairie de Saint-Nazaire pour animer l’intranet de la ville, un des premiers postes de ce type en France à l’époque.

C’est lors de ces deux contrats qu’il débute sa réflexion sur le travail du webmaster. Selon lui, « il y a autant de profils de webmaster que de sites web ». Au-delà de son propre travail quotidien, Samuel réfléchit à la notion de travail en réseau, quand on a des métiers différents dans les institutions comme les mairies et les musées. « Je ne savais pas trop en quoi consistait mon travail car les mots pour le définir n’existaient pas encore. Il fallait fédérer les gens autour du projet de la ville, les organiser autour de projets communs, pas seulement publier un bulletin avec les dernières nouvelles. Après coup, je pense que c’était une bonne formation aux réseaux participatifs en ligne… »

Après ce poste, il fait un petit détour par le montage audiovisuel à Rennes pendant un an et réalisera… un documentaire sur un gardien de cimetière. Une formation qui complète son DESS de « webmaster éditorial » entamé à Poitiers. Ses différentes expériences lui ont fait découvrir toutes les facettes du métier de webmaster « de la technique vers l’éditorial puis la gestion de communauté ».

L’expérience du Muséum de Toulouse

Son parcours se poursuit au Muséum de Toulouse, juste avant sa réouverture en janvier 2008. Séduit par le projet de l’établissement, positionné comme une plateforme d’échanges orientée sur les visiteurs, il décide de descendre dans le sud-ouest et de participer à la réouverture du Muséum, « une belle opportunité ! ».

Petit à petit, il crée des comptes pour le Muséum sur les principaux réseaux sociaux, plutôt que de se concentrer sur un seul et unique site : « il faut aller en réseau avec les communautés qui existent déjà ». Dans ces communautés, il applique à chaque fois une grammaire différente, s’adaptant à merveille aux codes implicites de chaque plateforme.

Sur le compte FlickR, qu’il a ouvert au départ pour son côté pratique, il cerne l’intérêt des groupes et crée « Souvenirs du Muséum de Toulouse » pour que les visiteurs y partagent leurs photos faites sur place. Sa collègue Maud a pris le relais et donne vie au groupe avec un concours annuel. Elle a également ouvert un autre groupe « Collectionner le Vivant autrement » qui rassemble les photographes observateurs de la nature et crée du lien avec les collections du muséum.

Cette omniprésence pourrait donner une impression d’éparpillement mais il n’en est rien tant Samuel tient à la ligne éditoriale instaurée : « nous explorons et déclinons tout ce qui touche à l’homme, la nature et l’environnement ». Cette ligne éditoriale lui sert beaucoup sur Twitter, pour ne pas se noyer dans la masse d’information et orienter sa veille. « C’est bien de savoir qui on est et ce que le musée défend. Ainsi, on ne se laisse pas entraîner par des trolls [ndlr : membres d’une communauté qui aiment créer les polémiques] ou on ne reste pas sur la défensive car on est plus apte à répondre aux interpellations quand c’est opportun aux interpellations ».

Qu’est-ce qu’un musée 2.0 ?

Lorsqu’on lui demande sa définition d’un musée, il répond « un lieu de mémoire partagée, une plateforme d’échanges entre visiteurs et personnels du muséum autour des thématiques du musée, et non pas uniquement une galerie d’objets. Selon lui, « entrer dans le relationnel n’est pas une pratique courante pour les musées ». Alors, cette philosophie marche-t-elle en pratique ? Apparemment, oui. « Au début, il y avait beaucoup de « kikoolol », de discussions pas très sérieuses, sourit à moitié Samuel, mais plus tu es ouvert, plus le dialogue prend. De plus, il est plus intéressant de rebondir sur l’intérêt des gens plutôt que d’expliquer, d’imposer d’emblée, ce qui est considéré comme digne d’intérêt par l’institution…».

Une réflexion qui mène jusqu’à la redéfinition des rôles entre visiteurs, objets, direction du musée, « pour sortir des dichotomies » entre collections et « grand public ». Les réseaux sont une chance pour les musées qui y ont toute leur place avec leurs contenus riches à proposer aux communautés d’internautes « là où elles sont ». Une expression résume bien les idées de Samuel sur les nouveaux musées : « de la conservation à la conversation ».

Quand y’en a plus…

Et pendant ses loisirs, Samuel n’est jamais très loin des musées et centres de culture. Avec des amis de Toulouse, il a monté L’esplanade, « Rézo-Labo des acteurs de la culture, création & innovation numérique à Toulouse ». En décembre dernier, il a également participé à une « descente » au Musée d’Orsay avec d’autres « poils à gratter », pour y titiller l’interdiction de la photographie (voir son article).

Et sa réflexion ne s’arrête pas là, caressant les notions de droits d’auteur, de licence Creative Commons, de remixage, de la place des lieux publics sur les plateformes privées… Autant de problématiques de la « culture » web pas toujours simple à concilier avec celle des institutions.

2011 au Muséum de Toulouse

Les prochaines expositions évoqueront notamment « l’eau » et « Eugène Trutat », un photographe, géologue et naturaliste qui fut directeur du Muséum. Pour la fin de l’année, Samuel souhaite créer un nouveau site internet afin de rendre l’offre du musée plus lisible. Ce site intègrerait des informations pour l’instant disparates (actualités, newsletters, événements…). Sans oublier de « mettre en scène » (véritable leitmotiv) les échanges avec les internautes. Le site serait un « hub de tout ce que le muséum dit sur les réseaux, couplé aux contenus élaborés avec les scientifiques ». A suivre…

>> Illustrations :  museumdetoulouse, Lorena Biret (Flickr, licence CC)

Sébastien, globe-trotter geek à l’Atlas

Sébastien Freudenthal, ou @chaacattac, a découvert Knowtex récemment. Depuis, c’est un de nos interlocuteurs les plus actifs, notamment sur les réseaux sociaux qu’il explore pour son CCSTI et pour lui-même.

Son trait de caractère qui m’a frappée au premier abord : l’enthousiasme. A peine a-t-il découvert Knowtex que Sébastien m’invite à venir faire un tour à l’Atlas, le CCSTI de la ville de Saint-Ouen dans lequel il travaille en tant que médiateur. Je m’empresse de répondre à son invitation pour découvrir cet homme sympathique, amateur de BD engagé.

La visite du centre me permet d’en savoir plus sur lui. Par mail, il m’avait déjà parlé de l’animation sur la faune de Burgess sur laquelle il était en train de travailler. Il n’attend pas longtemps avant de me montrer avec fierté le matériel dont il se sert devant son public : des bestioles en plastique importées directement du Canada, des « machines à fossiliser » avec de la pâte à modeler, de « vraies-fausses » reconstitutions de fossiles dessinées par son ami illustrateur Florian Mons… « Avec cette animation, je souhaite montrer aux enfants les difficultés des paléontologues à reconstituer les animaux à partir des fossiles. Grâce à quelques indices, ils vont devoir choisir la reconstitution qui leur parait la plus plausible » explique-t-il, un livre de Stephen Jay Gould à la main.

C’est dans son bureau décoré d’une mini-éolienne, de coquillages et d’un globe que Sébastien me parle de son parcours. Comme beaucoup de médiateurs scientifiques, il a commencé par un cursus en sciences dures, en l’occurrence de la physique fondamentale jusqu’en deuxième année de master à l’université Paris-6. Il a ensuite enchaîné sur un DEA d’océanologie/météorologie. Il mentionne l’intitulé de sa thèse avec un peu d’ironie, comme pour s’excuser de sa complexité : « Utilisation des fréons comme traceurs de la circulation profonde en Atlantique tropical. Identification et suivi de la composante récente de l’Eau de la Mer du Labrador entre 1990 et 2000 ». L’homme est modeste mais sa passion l’emporte et il fouille dans une caisse à la recherche de photos. « On a fait deux campagnes dans l’océan Atlantique avec le bateau de l’Ifremer baptisé Thalassa pour mesurer la concentration des fréons dans des masses d’eau le long de l’équateur ».

Après sa thèse, il a eu envie de changer d’air et a postulé au Palais de la Découverte comme médiateur. Monica Rotaru, la responsable du département des sciences de la terre, cherchait des gens pour des exposés sur la météo et le climat. Ensuite, il a travaillé pour les associations Planète Sciences et Icare en tant que vacataire pendant un an, puis a été embauché à Icare entre 2003 et 2008, date à laquelle il a rejoint l’Atlas.

« A mon arrivée à l’Atlas, j’étais impressionné par les moyens financiers et matériels qu’on donne aux médiateurs pour qu’ils puissent créer leurs animations. Je n’étais pas habitué à ça. On touche vraiment à tout – veille documentaire, réseaux sociaux, bricolage, photo, informatique (1) – de la conception jusqu’à l’animation et c’est très gratifiant. De plus, le public est varié, de la maternelle jusqu’au 3ème âge ».

Son péché mignon ? La bande dessinée, qu’il tente d’introduire dans ses animations. Au deuxième étage de l’Atlas, la bibliothèque est remplie de BD et il compte la réapprovisionner avant le Festival de la BD organisé à Saint-Ouen pour la première fois du 12 au 15 mai 2011 par l’association Ferraille liée aux éditions Les Requins Marteaux. Dans ce cadre, l’Atlas accueillera Jens Harder,  auteur de l’ouvrage Alpha…directions qui présente l’histoire de la Terre (Beta et Gamma sont en cours de réalisation).

Sébastien ne cache visiblement pas sa joie. « L’exposition sur cette BD de science restera ensuite un mois à l’Atlas après l’événement » annonce ce passionné que vous pouvez retrouver sur Knowtex.

« Nous accueillerons également Emmanuel Bellegarde qui a réalisé des films d’animation à l’aide de scotch. Nous développerons des projets autour de ça dans le cadre d’un atelier ». Enthousiaste, je vous l’avais dit !

Note

  1. A ce sujet, Atlas a référencé un lien sur le logiciel Scratch, un langage de programmation pour tous, développé par le MIT.