La Rotonde : entre médiation et éducation

Dans les bureaux de La Rotonde, au sein de l’École nationale supérieure des Mines de Saint-Etienne, les affiches de théâtre côtoient les mallettes pédagogiques. Depuis 2006, le CCSTI participe au développement de l’enseignement des sciences à l’école primaire, à travers le projet européen Pollen (2006 à juin 2009) et l’actuel Fibonacci (voir la page dédiée sur le site).

Le projet Pollen, financé par la Commission européenne, a été initié par l’opération française La main à la pâte et soutenu par l’Académie des sciences. Il avait pour but de « mettre les enfants en situation d’observer, de questionner et de comprendre le monde qui les entoure, grâce à la mise en place d’une démarche d’investigation ». Saint-Étienne a fait partie des 12 villes « pépinières des sciences » où le projet a été lancé (1). C’est aussi la seule ville en France à avoir accueilli le dispositif, qui l’a faite rentrer dans le réseau des centres-pilote de La main à la pâte.

Peur des sciences ou matériel trop coûteux

La responsable de ces projets, Clémentine Transetti, une jeune femme pleine d’humour diplômée d’un DEA de neurobiologie (2), a demandé aux enseignants pourquoi ils ne faisaient pas de sciences : « les réponses sont toujours du même ordre : ils ne sont pas formés, ils ont peur des sciences et pensent que cette discipline nécessite un matériel coûteux ».

Clémentine doit donc réussir à désacraliser les sciences pour ces instituteurs, leur proposer des séquences d’enseignement ludiques tout en collant au plus près au programme de l’Éducation nationale. « C’était dur de trouver le juste milieu entre la liberté du monde de la CST et le manque de flexibilité de l’Éducation nationale, avec son programme et ses évaluations ».

Elle a donc mis en place un dispositif de mallettes contenant des documents pédagogiques et du matériel pour la classe, qui collent au plus près du programme de l’Éducation nationale depuis la petite section de maternelle jusqu’en CM2.

« Nous avons réparti le programme dans une grille, avec cinq thèmes scientifiques par an (3). Nous avons cherché des modules pédagogiques existants et créé ceux qui manquaient, fabriqué des mallettes à partir de ces modules ou de notre propre expérience et mis en place des rotations de ces mallettes entre les écoles ».

Un réseau d’enseignants et de villes

Le CCSTI a déjà formé 200 enseignants de 50 écoles du département (4) et son action a touché 4500 élèves. Certains étudiants et doctorants de l’École des Mines et de Polytechnique accompagnent les instituteurs et recadrent la démarche scientifique quand ils en ont besoin. Une activité qui entre dans le cadre du service civil (à la place du service militaire) des étudiants de Polytechnique (5).

« Cette initiative ludique et détournée marche très bien du côté des enseignants qui ont souvent une formation littéraire. Ils se décomplexent et se sentent accompagnés, souris Clémentine, en revanche, nous avons du mal à les suivre régulièrement sur le long terme ».

En effet, Pollen prévoyait la formation de 50 enseignants la première année, puis 50 autres la deuxième et encore 50 la troisième, tout en continuant à suivre les enseignants formés les années précédentes. «  Pour Fibonacci, nous avons fait le choix de ne plus prendre de nouvelle école et de concentrer notre travail sur celles avec qui nous avons déjà travaillé ».

Cette année, La main à la pâte a fait évoluer Pollen vers le projet Fibonacci en s’associant avec l’Université de Bayreuth (Allemagne) pour la partie sur les mathématiques. L’École des Mines de Saint-Étienne est devenue centre de référence, avec l’École des Mines de Nantes. L’Université Henri Poincaré de Nancy participe également au projet.

Des échanges et des inquiétudes pour le futur

Dans ce cadre, La Rotonde poursuit les projets initiés avec Pollen et est devenue tuteur de l’Université libre de Bruxelles et de l’Association nationale italienne des enseignants de sciences naturelles, à Naples. « Nous les aidons à mettre en place le projet suivant leur propre système éducatif ». Une petite délégation d’enseignantes italiennes était d’ailleurs présente lors de ma visite. La barrière de la langue n’est pas encore évidente à franchir, mais les mallettes et l’émission « C’est pas Sorcier » ont l’air de plaire…

Si Clémentine est très positive au sujet de l’implication des enseignants, elle est plus critique sur l’implication de l’Éducation nationale, pourtant très favorable au lancement de Pollen. La restriction actuelle des budgets et la forte diminution des heures de formation continue dans l’année risquent de transformer l’activité de La Rotonde en simple « prêt de mallettes pédagogique sans accompagnement des enseignants » déplore Clémentine. Pourtant selon elle, ces projets européens ont permis de passer de « pas de science » à « un peu », « ce qui est déjà très positif ».

Notes

Outre Saint-Étienne, le projet européen Pollen a mobilisé les villes de Lisbonne (Portugal), Girone (Espagne), Pérouse (Italie), Ljubljana (Slovénie), Vac (Hongrie), Bruxelles (Belgique), Leicester (Royaume-Uni), Amsterdam (Pays-Bas), Berlin (Allemagne), Stockholm (Suède) et Tartu (Estonie)

Comme plusieurs autres membres de La Rotonde, Clémentine a été formée à la médiation pendant une année à l’IUT de Tours (licence pro « Développement et protection du patrimoine culturel, spécialité Médiation scientifique et éducation à l’environnement »)

Ces thèmes sont répartis dans des sections plus larges : l’eau, l’air, hygiène et respect de l’environnement, le corps humain, le ciel et la terre, animaux et végétaux, technologie et  une section « joker » si les enseignants ont le temps (alimentation, ombre et lumière, énergie, équilibre, classification)

Les activités ont débuté dans 11 écoles maternelles et élémentaires situées à proximité de l’École des Mines, puis ont été élargies dans le quartier de Montreynaud et dans la ville de Saint-Chamond.

C’est « L’accompagnement en science et technologie à l’école primaire » (ASTEP) lancé par le ministère de l’Éducation nationale, le ministère de la Recherche et de l’Enseignement supérieur et l’association La main à la pâte

>> Pour aller plus loin, lire le dossier de la Banque des Savoirs : Mieux enseigner les sciences à l’Ecole

>> Photos : Licence CC, CCSTI La Rotonde – École Nationale Supérieure des Mines de Saint-Étienne

La Rotonde : un réseau et des productions

Le site internet de La Rotonde est incontestablement beau. Mais cette recherche graphique aurait tendance à camoufler les autres sites créés par le CCSTI, qui tissent petit à petit une toile où viennent se fixer tous les acteurs de la culture scientifique et technique dans la Loire. Parmi ces sites : R² sciences 42, créé en 2008, dont le nom évoque le réseau et les ressources (RxR = R²) autour des sciences dans le département de la Loire (42).

Julie Fortin, présente à La Rotonde depuis cinq ans, est responsable des activités autour de ce site. La jeune femme est géographe de formation et titulaire d’une maîtrise en sciences de l’environnement (1). « Pour relancer le réseau de nos partenaires, nous nous sommes inspirés de l’ouvrage Éprouvette écrit par l’ancien directeur Hervé Jacquemin en 1999 » indique la jeune femme.

À partir de ce guide de la CSTI de la Loire et en compagnie d’une stagiaire, Elodie Leconte, elle a réactualisé les adresses et activités des acteurs (2) et les a numérisées sur le site R² sciences 42.« Nous avons également procédé à une enquête auprès d’eux pour savoir s’ils connaissaient La Rotonde et connaître leurs attentes en termes de formation, de communication et de mise en réseau ». Le résultat : une carte interactive, très prisée, des ressources et des acteurs – environ une centaine – qui permet au public de préparer ses sorties et aux professionnels de monter des projets en commun.

Combiner vulgarisation et réseautage…

Accompagnant cette carte, un agenda des événements autour de la CST dans le département de la Loire. La carte comme l’agenda sont collaboratifs. Chaque acteur peut créer une fiche sur sa structure (infos pratiques) et ajouter un événement sur l’agenda.

« Les grosses structures, comme le Planétarium, qui ont déjà une stratégie de communication, l’utilisent moins. Ils se contentent de m’envoyer leurs informations par mail. En revanche, les petits musées techniques presque anonymes sont moteurs car ce site est une vitrine pour eux. J’ai en tête l’exemple des dynamiques responsables de la Mine d’or de Bissieux à Saint-Joseph ».

L’utilisation de la carte interactive ne paye pas de mine et pourtant « nous sommes les seuls en France à l’avoir développé, indique Julie, la Normandie a une carte semblable mais moins complet que le nôtre car nos reportages TV et radio viennent enrichir les descriptions des acteurs depuis trois ans ».

Un CCSTI tête de réseau

Depuis 2006, La Rotonde est moteur dans son département, en organisant une fois par an une journée de rencontre entre acteurs de la Loire et en dynamisant le réseau avec des événements. « Lors de la Fête de la Science, il y a eu une trentaine de manifestations pour environ 80 projets ».

Cette année, La Rotonde a également co-organisé l’École d’été des CCSTI Rhône-Alpes, avec le service Science et Société de l’Université de Lyon, sur le thème des Cafés des sciences. « Nous souhaitons développer des activités dans la plaine du Forez, une zone très rurale ».

La Rotonde est par ailleurs moteur dans la formation de formateurs à la médiation et la vulgarisation scientifiques. « Nous travaillons avec les médiathèques, les fédérations d’éducation populaire, l’Université Jean Monnet et les élèves ingénieurs ou doctorants de l’École des Mines ».

La CST, les médiathèques, les sons et les images

Concernant les médiathèques, le CCSTI participe au projet « Couleurs du Monde », un prix de littérature jeunesse du département de la Loire. « Pendant une année, des enfants de 8 à 12 ans découvrent huit albums jeunesse et développent des activités culturelles et scientifiques autour de ces ouvrages ».

Le personnel de La Rotonde, qui fait partie du comité de pilotage du projet, propose une journée de formation pour la trentaine d’animateurs sur la culture scientifique et technique et met en place des malles pédagogiques autour des sujets traités. Selon Julie, « les animateurs s’ouvrent aux sciences et aiment beaucoup nos formations ».

Autres initiatives : les productions audiovisuelles sur la recherche, l’innovation et la culture scientifique dans la Loire. La journaliste Christine Berton, formée aux techniques de radio et de vidéo s’occupe notamment des sites Carbone 42, Tramweb et plus largement des thématiques Science & Société.

Ne venant pas du monde scientifique, elle avoue pourtant ne pas avoir de difficulté d’adaptation avec ce monde des sciences. « Ma position est celle du public curieux. J’ai pour principe de contextualiser la situation pendant que je pose ma question. Ainsi, l’auditeur a les clés pour comprendre l’entretien ».

Carbone 42 est un magazine télévisé composé de deux reportages par mois sur les acteurs départementaux (en entreprise, dans les laboratoires ou dans les collèges lors des actions pédagogiques) et de « La Boîte à Bidouilles », une expérience de physique ou chimie avec des objets du quotidien, scénarisée et filmée dans des cadres variés (par exemple dans les serres municipales) (3).

« L’idée est de donner une perception du territoire à travers les sciences et techniques, précise Christine, voilà pourquoi nos vidéos, que je réalise avec Guillaume Desbrosse, ne se situent pas dans l’actualité : elles ont une plus longue durée de vie ». Les productions vidéo de Carbone 42 sont également diffusées sur les télévisions locales TL7 et Cap Canal, sur le compte Dailymotion de Carbone 42 et sur la webTV universcience.tv.

Quant à Tramweb, il s’agit d’une webradio du monde de la recherche, spécialisée dans les sciences humaines et sociales (SHS), même s’il lui arrive de basculer parfois dans les sciences dures. « Les SHS donnent moins prise à l’image. On est plutôt dans l’idée, le concept, analyse Christine, voilà pourquoi nous souhaitons aller au-delà des reportages télévisés de 6 minutes en développant plutôt des interviews audio ». Avec à terme un projet de diffusion sur une des radios locales.

Notes

  1. Julie a d’abord travaillé au Centre SITE (Sciences, Informations et Technologies pour l’Environnement) de l’École des Mines. Ses activités étaient ciblées autour de l’aide à la décision et de l’ingénierie environnementale (sciences, NTIC, gestion des déchets, chaîne de production)
  2. Parmi les partenaires de La Rotonde : l’Université Jean Monnet, le Planétarium, le Musée d’Art et d’Industrie, le Musée de la Mine, l’Ecole nationale supérieure d’Art et de Design, l’Ecole nationale supérieure d’Architecture de Saint-Etienne, la Cité du Design…
  3. Au départ, Carbone 42 était une émission tout public de la télévision locale TL7, financée par le Conseil général. Suite à la révision des programmes par la chaîne, Carbone 42 est devenu un format de 6 minutes. Réalisateurs : Christine Berton et Guillaume Desbrosse.

>> Photos : Licence CC, CCSTI La Rotonde – École Nationale Supérieure des Mines de Saint-Étienne

La Rotonde à Saint-Étienne : 11 ans d’innovation

« Le département de la Loire a été marqué, des décennies durant, par une histoire industrielle où le noir du charbon se mêlait au rouge des fonderies » (1). Cette phrase d’Hervé Jacquemin, le charismatique ancien directeur du CCSTI La Rotonde de Saint-Étienne, géologue passionné par la vulgarisation scientifique, résume bien l’histoire et le patrimoine de la Loire.

Située au sein de l’École nationale supérieure des Mines de Saint-Étienne (2), La Rotonde est dépositaire de ce patrimoine. Mais, loin de se replier sur le passé industriel de la Loire et de se morfondre face aux voisins lyonnais et grenoblois, le CCSTI a constamment innové en matière d’animation, de théâtre et de graphisme. Aujourd’hui, La Rotonde entame un nouveau cycle avec son directeur Arnaud Zohou, philosophe arrivé en juillet 2009 lors des dix ans de La Rotonde.

Attablés au restaurant de l’École des Mines, établissement créé en 1816, Arnaud et Guillaume Desbrosse, le responsable science & multimédia retracent l’histoire de ce projet. Au milieu des années 1990, Hervé Jacquemin et le directeur de l’École des Mines de l’époque, Philippe Hirtzman, montent un projet de délégation à la culture scientifique et technique au sein de l’École. Projet qui donnera naissance à La Rotonde en 1999 dans le bâtiment A circulaire, construit en 1973 pour héberger le centre de calcul du département informatique (voir la visite virtuelle).

Rapidement labellisé CCSTI, c’est le seul en France à être rattaché à une école d’ingénieur. « Les toutes premières activités constituaient en des animations face public dans La Rotonde, surtout orientées géologie, avec Hervé, Ségolène Courant puis Aurélie Monin, explique Guillaume, l’arrivée de Florence Delaporte a contribué à élargir les thématiques » (voir la présentation de La Rotonde sur leur site).

Les activités ont rapidement dépassé le cadre de l’École des Mines avec des expositions hors-les-murs, l’organisation de la Fête de la Science, le premier festival de théâtre de science « Scènes de Méninges » en 2003, des productions audiovisuelles… Au fil des années, l’équipe est passée de deux à six puis à neuf personnes (voir les animations annuelles qui présentent l’équipe).

L’Ecole nationale supérieure des Mines de Saint-Etienne

L’art en fil conducteur

Selon Arnaud, « l’approche artistique est un des fils conducteurs de notre action. Nous avons la volonté d’être décalés, d’éviter les expos-panneaux, de pousser la recherche graphique avec nos publications et notre site. Nous sommes avant tout un centre culturel, en questionnement identitaire permanent » (voir la programmation 2010-2011).

La Rotonde est originale à plusieurs titres : « notre structure n’est pas un musée avec des expositions comme à la Galerie Eurêka, à Chambéry. Comme nous sommes dépendants des horaires d’ouverture de l’École des Mines, nous ne sommes ouverts au grand public que le mercredi après-midi. Une partie de notre action se déroule pendant les événements » précise Guillaume.

En 2009, La Rotonde a enchanté près de 30 000 personnes dont 11 000 uniquement pour la Fête de la Science et plus de la moitié de scolaires (voir le rapport d’activités). Les animateurs Émilie Renaude et Kevin Fauvre se déplacent également auprès des centres de loisirs et des centres sociaux, pour toucher un public plutôt hermétique aux sciences, dans les villes de Rive-de-Giers et Saint-Chamond par exemple.

Une programmation de théâtre scientifique

L’activité phare du CCSTI, entre 2003 et 2009, a été l’organisation du festival  Scènes de Méninges. « Le lancement enthousiaste nous a permis d’avoir une visibilité nationale, estime Arnaud, mais il est dur de pérenniser un événement ». S’il est pour l’instant impossible de maintenir le festival faute de financements, La Rotonde ne souhaite pas stopper le théâtre scientifique.

Le 15 novembre, date de ma visite, la compagnie « Les ateliers du spectacle » était justement en train de terminer l’installation de leur spectacle « Le t de n-1 » sur les maths et le fonctionnement du cerveau. Les comédiens animeront également pendant 15 jours des ateliers et profiteront de leur résidence à La Rotonde pour rencontrer des chercheurs qui travaillent sur les domaines qui les intéressent.

Le CCSTI fait également profiter le Centre microélectronique de Provence Georges Charpak et la ville de Gardanne (Bouches-du-Rhône) de son expérience pour préparer l’événement « Marseille Provence 2013, capitale européenne de la Culture ». Toujours dans son rôle de Pygmalion, La Rotonde a mis en place une base de données des compagnies de théâtre scientifique, bientôt remise à jour, « pour que les programmateurs de salles de théâtre s’intéressent aux sciences ».

Un site internet en création permanente

Le site internet de La Rotonde est un exemple du questionnement identitaire et de la recherche graphique évoqués plus haut, avec des innovations permanentes notamment de la page d’accueil (en cliquant sur une des lettres en haut à droite, on peut jouer à Tetris !).

« L’ancien site accueillait déjà 10 000 visiteurs uniques par mois dont 70 % des entrées via la Boîte à Bidouilles (3). Il a été réalisé avec le graphiste Fabien Cornut (société 642) et le webmaster Hubert Blein (société Pixelsmills) en étroite collaboration avec Guillaume Desbrosse. Il se veut ouvert afin de laisser la place à d’autres artistes de s’emparer de la mise en valeur du contenu. En ce moment l’artiste Florence Delaporte (atelier Padgom), anciennement chargée des spectacles à La Rotonde, travaille sur le graphisme de la partie jeune public du site ».

Dans cette veine et à l’occasion de la Biennale du design, La Rotonde s’investit avec L’Ecole supérieure d’Art et de Design de Saint-Etienne dans un projet autour du libre : une imprimante 3D qui pourrait faire le lien entre designers et ingénieurs. « C’est l’occasion d’associer l’imprimante avec un scanner pour créer une sorte de mini-fonderie portative ; avec l’objectif de monter un FabLab autour de ce projet…. » explique Arnaud.

Des relations à tisser avec les industries

Depuis début septembre et sous l’impulsion de l’École des Mines, le nouveau venu Emmanuel Baroux s’occupe de la valorisation de la recherche et de l’industrie. Cet ancien géologue spécialisé dans les séismes et la tectonique a une expérience de valorisation de la recherche à Sofia-Antipolis dans le cadre du programme « Sismos à l’école ».

Pour La Rotonde, il pense axer son travail sur les métiers de la recherche et de l’industrie. Le 17 novembre dernier avait d’ailleurs lieu le lancement de l’opération C.Génial sur le bassin stéphanois (4). Cette initiative fait venir les ingénieurs et techniciens locaux dans les classes. Un bon moyen de développer le carnet d’adresse pour le CCSTI qui n’a pas souvent travaillé avec les entreprises locales. « Ce projet permet également d’impliquer la chambre de commerce, les collectivités locales, l’inspection académique… note Emmanuel, on va tourner dans une dizaine d’établissements de janvier à juin ».

Le deuxième projet sur lequel Emmanuel travaille est le Camion des sciences, une semi-remorque qui abrite l’exposition itinérante « La physique fait du sport », financé par la région Rhône-Alpes, à destination des collèges et lycées. « Chaque année, le camion fait quatre étapes d’une semaine par département, au sein des deux académies (Lyon et Grenoble). Les établissements de zones rurales ou difficiles sont privilégiés ». Le CCSTI de Grenoble, la Casemate, s’occupe de la coordination régionale et La Rotonde joue le même rôle à l’échelle de la Loire.

Notes

Hervé Jacquemin dans « Éprouvette », une recension des acteurs de Culture scientifique, technique et industrielle datant de 1999 et éditée par La Rotonde.

L’École des Mines met à disposition le bâtiment de La Rotonde ainsi que des bureaux et deux salaires. C’est aussi elle qui gère le CCSTI financièrement (budget de 400 000 euros).

Au sujet de la Boîte à Bidouilles, lire un article d’universcience.

Ont participé des délégués, experts ou directeurs des entreprises : Areva, France Télécom Orange, EADS, Schlumberger, Technip.

>> Illustrations : Licence CC, Knowtex (la 3ème) et CCSTI La Rotonde – École Nationale Supérieure des Mines de Saint-Étienne

>> Voir notre album photo du reportage à La Rotonde.