Des réseaux sociaux au FabLab : la culture scientifique et ses publics

L’arroseuse arrosée ! J’ai eu l’honneur d’être interviewée par Marion Coville pour le 8ème numéro de la sympathique revue POLI (« Politique de l’image »), sorti en février 2014 et dont le thème est «  Les images de la science  ». Vous trouverez ci-dessous quelques extraits de l’article en question : « Des réseaux sociaux au FabLab : la culture scientifique et ses publics » (7 pages tout de même !). Pour acheter le numéro (ce que je vous recommande fortement), c’est par ici.

Marion Coville : (…) Au sein des médias, quels sont les enjeux de la vulgarisation scientifique et comment s’organise la pratique du journaliste, situé à l’intersection entre scientifiques, médias et publics ?

Marion Sabourdy : Il me semble qu’il y a autant de manières d’appréhender les sciences et la vulgarisation scientifique qu’il y a de médias et de journalistes. De mon côté, depuis 2007, j’ai eu l’occasion d’écrire sur plusieurs supports qui avaient chacun leurs propres contraintes (…). J’étais tour à tour plutôt concentrée sur l’actualité (…), sur un dossier de fond voire sur la réflexion autour de ma propre pratique, via mon blog, les échanges avec d’autres professionnels sur les réseaux sociaux et les différents billets que j’ai écrits ou édités pour le blog de Knowtex. (…) Si je devais résumer mon impression après ces quelques années : parler de science, c’est aussi bien évoquer les résultats scientifiques, l’histoire des sciences, la recherche, les gens qui la font et la manière dont les sciences et techniques impactent notre société (…).

M.C. : Du point de vue de la diffusion et de la médiation des sciences à un large public, comment concevez-vous le rôle d’un Centre de culture scientifique, technique et industrielle (CCSTI) ? Quels sont les enjeux d’un tel lieu ?

M.S. : Les rôles et les enjeux des CCSTI ne me semblent pas si différents de ceux des médias scientifiques (…) La principale différence, c’est que la grande majorité des CCSTI propose un lieu d’accueil des publics (…). Je vois aussi un autre avantage par rapport aux médias nationaux : l’implantation locale des CCSTI. En Limousin, où j’ai grandi, il existe un CCSTI pour la région et en Rhône-Alpes, où je travaille actuellement, il y en a même un par département ! (…) D’un point de vue plus personnel, j’ai un petit coup de cœur pour les actions à la frontière entre sciences et arts, qu’il s’agisse de la littérature, des arts numériques ou plastiques (…)

M.C. : Le programme Inmédiats interroge le rapport aux sciences des 15-25 ans. Y a-t-il des modes et des outils privilégiés pour diffuser la culture scientifique auprès de cette tranche d’âge ?

M.S. : (…) Du côté d’Inmédiats, nous lançons des projets depuis [2012]. Les FabLab pour commencer, qui permettent de concevoir des projets de fabrication variés, de la boîte à bijoux aux robots en passant par un jeu d’échecs ou une luge. Sans citer tous les projets nous travaillons en commun autour des notions de Living Lab (…), de Studio (actualité, captation en direct d’événements, mise en valeur de contenus), de mondes virtuels ou de serious games. Pour ma part, j’anime le groupe Communautés où, avec mes collègues, nous expérimentons autour de l’utilisation des réseaux sociaux (…) et des visites en ligne, nous réfléchissons à la manière « d’accrocher » une communauté sur un thème précis (…).

M.C. : Quel rôle occupent les différents réseaux et outils sociaux dans la diffusion des sciences et de la culture scientifique ?

M.S. : (…) En tant que responsable du blog [de Knowtex] de 2010 à 2012, aux côtés d’une équipe de geeks, j’ai eu l’occasion d’évoquer des initiatives françaises, ou de faire témoigner des porteurs de projets étonnants (…) Les « historiques » (…) sont sans doute les blogueurs scientifiques : ils constituent des pionniers qui se sont petit à petit rassemblés en communautés : le C@fé des sciences, Hypotheses.org ou Plume. Certains journalistes leur ont emboîté le pas et leurs blogs sont très suivis et commentés : {Sciences²} (Sylvestre Huet), Passeur de sciences (Pierre Barthélémy), Effets de Terre (Hervé Kempf). A noter que l’Agence Science Presse (Canada) vient d’éditer un recueil des meilleurs billets de blogs scientifiques francophones de l’année 2012 [entre temps, la nouvelle version est sortie !]. (…) Du côté de Twitter (…) [je] salue le CNES (Centre national d’études spatiales), qui organise régulièrement à Paris et Toulouse des « tweetups » où il invite des mordus d’astronomie à faire un live-tweet (…) de leur rencontre avec des ingénieurs (…) Les musées d’art sont un peu en avance sur nous : ils lancent des « campagnes » sur Twitter (…) en encourageant leurs visiteurs à utiliser des hashtags partagés comme #jourdefermeture (…) ou #cesoirjesors (…). Citons enfin les blogs dessins, comme celui de Marion Montaigne (…) et ceux des membres de Strip science, les podcasts comme Podcast science, les concours de pocket films (…) comme ceux que le service Science et Société – CCSTI du Rhône (…) organise, le mouvement de la recherche participative, comme Vigie Nature, du Muséum national d’Histoire naturelle (…), les serious games (…) ou encore les wikis, comme ceux des Petits Débrouillards. Et j’en oublie sûrement ! (…)

[+ trois autres questions, sur les événements de la communauté "culture scientifique et technique", l’Open science et les Fab Lab !]

Un grand merci à « Moossye » pour m’avoir donné l’opportunité de coucher sur le papier toutes ces réflexions et ces rencontres :-)

Blogging : it’s (also) a girl thing !

Détournant le titre de la catastrophique campagne de la Commission Européenne pour la Recherche et l’Innovation qui souhaitait inciter les jeunes filles à se tourner vers des études scientifiques, je m’en vais vous proposer une petite liste de blogs de sciences en français tenus par des femmes. Parce qu’il en existe (et ouais !) et qu’on a parfois du mal à les citer au détour d’une conversation, mais surtout pour féliciter ces blogueuses et les inciter à poursuivre ! Je l’avais entamée en commentaire d’un article du blog « Tout se passe comme si » ; je me suis dit qu’en la partageant ici, on pourrait peut-être la compléter ensemble si vous le voulez bien :-)

Pour info, les blogs sont donnés dans le « désordre », sans volonté de ma part de les hiérarchiser, en termes de sujets ou d’auteurs. Il en manque encore beaucoup, aussi, je compte sur vous pour m’en suggérer en commentaires ! :-)

>> Au C@fé des sciences :

>> A l’Agence Science Presse (blogueuses et journalistes) :
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>> Sur Hypotheses.org

>> Dans d’autres communautés :
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>> Les dessinatrices :

>> Les médecins / infirmières :
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>> La culture scientifique et technique en général :

>> Les journalistes :
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>> Les tweeteuses :

>> En anglais (bah oui, un peu quand même) :
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>> Pas que des sciences :
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Merci à AntoineValentine, Julie, Martin C.Sham, Mr Pourquoi, Pierre, Emilie, Sirtin, Pascal, Sébastien, Max,  qui m’ont suggéré des liens ! :-)  A vous de jouer !
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>> IllustrationMike Licht (Flickr, licence cc)

20 Tumblr pour les amoureux des sciences

Avec ou sans gifs, vous les voyez passer presque quotidiennement dans votre timeline. Et si on joignait l’utile et l’agréable en découvrant des Tumblr sur les sciences ? Voici une sélection de 20 Tumblr pour commencer, en attendant les vôtres en commentaires !

GENERALITES

Future of science : A collection of signals for forecasting the future of science. Curated by Ariel Waldman and Eri Gentry, researchers at Institute For The Future.

#6SecondScience Fair : How much science can you fit into 6 seconds ?

Les joies du code :

 

Science Porn : The beauty of Science and the Cosmos.

ANIMAUX

WTF, Evolution ? : Honoring natural selection’s most baffling creations. Go home, evolution, you are drunk

Actual Pokemons : real-life animals that could have been pokemons

ILLUSTRATIONS

Scientific illustration :

Fuck Yeah Art & Science :

Fresh Photons : An infinitely expanding collection of science imagery curated by image enthusiast and scientist Chris Ing.

ArtoBlogica :

Fuck Yeah, Math and Science Tattoos!

CHERCHEURS & DOCTORANTS

This is what a scientist looks like : Change the perception of who and what a scientist is or isn’t.

Ciel mon doctorat :

La vie d’archéologie en gif : Toi aussi tu aimes les coupes strati ? Tu fais des sondages pelle-pioche alors que la pelle mécanique est ta meilleure amie ? Tu te moques des pinceaux de préhistoriens en agitant fièrement ta marshalltown toute neuve ? Ce Tumblr est fait pour toi.

The casual paleontologist :

FEMMES & SCIENCES

Women in space : Only 10% of people in space have been women, and on Tumblr that seemed even less. so here it is for your inspiration. Let’s hear it for our Female Astronauts!

Women rock science : Telling the Stories of Women and Girls in Science

HUMOUR

Trex Trying : The Unfortunate Trials of The Tyrant Lizard King, By Hugh Murphy

Fake Science :

Fuck yeah science jokes : Because science is awesome.

Y’EN A UN PEU PLUS, JE VOUS LE METS ?

Femmes et sciences : les articles de Jade Le Maître

Je ne vous apprends rien : nouvelle année rime avec résolutions (qu’on ne tient pas forcément). Mais autant profiter de ce regain d’optimisme pour mettre à jour mon blog, ça faisait longtemps ! Pour commencer en douceur, je pille sans vergogne met la lumière sur quelques billets de Jade Le Maître (@Aratta sur Twitter) au sujet des femmes et des sciences. Scientifique de formation, Jade a notamment effectué des recherches dans le domaine de la robotique. Elle travaille maintenant chez Provaltis, une agence de communication en sciences et techniques, et anime avec régularité son blog en s’inspirant des découvertes de sa veille. Cliquez sur les titres en gras et.. enjoy !

Ada Lovelace, ou la naissance de la programmation au XIXe siècle [edit du 07/01]

« Fin septembre début octobre, j’ai publié un article dans le magazine papier Bridget – Parce que le féminisme n’est pas un gros mot. Ce magazine n’étant plus publié (ce qui est bien dommage), le voici ici – pour aller de pair avec mes nombreux articles traitant de la thématique Femmes et Sciences. L’avantage ici est que je peux y ajouter de nombreux liens pour aller plus loin dans la connaissance du sujet… » 

Femmes et sciences : regard sur l’Institut Curie

« Lors de la visite du Musée Curie, le directeur du musée a mentionné la part des femmes travaillant dans l’institut, et ce depuis sa création. Voici quelques liens et réflexions pour aller plus loin ».

Comment donner envie aux jeunes filles de faire de la science ?

« La question s’est posée hier, à une table ronde organisée par l’Oréal, à laquelle étaient présentes des boursières venues témoigner aux côtés d’une blogueuse scientifique et d’une professeure de mathématiques très engagée ».

Rencontre à l’UNESCO autour des femmes et de la science

« Le monde a besoin de la science, la science a besoin des femmes. Cette conviction unit l’UNESCO et l’Oréal depuis bientôt 15 ans, et leur permet d’unir leurs forces afin de promouvoir les carrières scientifiques au féminin ».

Le #Mix50 des femmes qui en ont dans la tête

« Et si pour une fois, nous arrêtions de parler extérieur, et faisions l’éloge de la capacité des femmes à faire acte d’esprit? Voici donc un Mix50 des femmes qui en ont dans la tête, et le montrent sans pudeur. Pas de Top 50 – car, qui suis-je pour juger? » [Bon, OK, j'avoue, Jade m'a citée dans ce Mix50 mais bon, je suis bien entourée alors ça vaut le coup de découvrir mes co-mixées ! :) ]

Et tant que j’y suis, j’ajoute deux autres articles de Jade, sur d’autres thèmes tout aussi intéressants :

Réseaux sociaux et recherche. Communiquer autrement. Raconter la science ensemble 

« Compte-rendu de la table ronde s’étant déroulée le 20 novembre à l’INED, sur les réseaux sociaux dans la recherche publique ».

Les Nobel sous le prisme d’Instagram

« Lundi 10 décembre, avait lieu la cérémonie des Nobel – avec discours, banquet et champagne. Très solennel comme évènement. A l’heure des réseaux sociaux, un évènement comme celui-ci a-t’il une résonance particulière ? Comment les réseaux sociaux fonctionnent-ils dans ce cas ? Miroir exact ou déformant ? Le banquet des Nobel se prête-t’il au lulz ? Décryptage ».

Et voilà comment faire un article intéressant sans trop se fatiguer ! ;) Merci, Jade, de partager le fruit de tes réflexions avec nous ! :)

>> Crédits : suivre les liens pour voir les crédits des images utilisées

Cherche calendriers SFFF

Calendrier Magique, Manuel Orazi (1895)

Rencontrer des auteurs, fouiner parmi les livres et BD, discuter avec des passionnés, écrire une nouvelle… Quoi de mieux que les conférences, salons, festivals, concours ? Mais pour le néophyte, la recherche de ces évènements relève du parcours du combattant sur les sites et forums de passionnés. Sans compter les nombreux évènements Facebook créés par des associations ou éditeurs.

Calendriers des évènements

Deux pistes pour commencer à débroussailler tout ça : le forum d’ActuSF et le calendrier du site Planète SF. Cela reste encore peu lisible ou incomplet, mais c’est déjà pas mal ! Connaissez-vous d’autres sites qui proposent des calendriers ?

Calendrier des concours / appels à textes

En parallèle de ces recherches, je tente également de compiler les sites qui proposent des concours et appels à textes. Quelques suggestions en vrac : Bonnes nouvelles, Concours et opportunités, Wiki imaginaire, Le forum d’ActuSFJeunes écrivains, Présences d’esprit, RSF Blog, Questions SFFF, ImperialDream

>> IllustrationCardboard Antlers (Flickr, licence cc)

L’espace Science Actualités fait peau neuve

C’est dans une Cité des Sciences et de l’Industrie en pleine rénovation que j’ai pénétré mardi 13 mars dernier, à l’invitation d’Alain Labouze, directeur de la publication de Science Actualités et d’Universcience.tv, le site d’actu et la webTV d’Universcience.

Depuis des années, l’équipe de journalistes de Science Actualités (ainsi que quelques pigistes) produit des articles publiés sur leur site internet, ainsi que des « Expo-dossiers« , c’est-à-dire des dossiers thématiques plus fournis, eux aussi disponibles sur internet mais surtout transformés en expositions dans un espace dédié au premier étage de la Cité des Sciences. Depuis environ un an, la même équipe, renforcée de plusieurs autres personnes et de réalisateurs extérieurs, propose également une offre vidéo via la webTV (voir notamment notre série d’articles : 1, 2 et 3). Il ne restait plus qu’à rassembler les deux.

« Notre objectif est de mettre le journalisme en exposition, explique Alain Labouze, en clair, Science Actualités se présente comme un bimédia composé d’une partie exposition et d’une autre partie web« . Depuis peu, l’espace lui-même a subit quelques modifications. À l’image d’une nouvelle formule d’un journal papier, il a notamment adopté une nouvelle charte graphique, dont la typographie et la couleur jaune fluo font un peu penser à celles du Courrier international.

À l’entrée de l’exposition trône un dispositif interactif nommé Tag-Mag. Il s’agit d’un journal-totem qui affiche des résumés d’articles accompagnés de QRcodes. Passez votre mobile – équipé d’une application dédiée – sur l’un d’en eux et il vous renverra vers un petit site miroir à la maquette simple, qui présente des articles plus complets. Le totem et le site miroir sont liés au site principal de Science Actualités, d’une facture plus classique. À terme, ce prototype est destiné à être installé dans la rue ou dans un lieu passant comme une gare, et présentera sans doute des informations générales en plus des sciences. Il est d’ailleurs actuellement testé à Clermont-Ferrand, le dispositif ayant été développé en partenariat avec la Fondation Varenne et le groupe d’édition La Montagne.

La partie « Expo-dossier » a elle aussi changé, à commencer par son nom qui devient « Questions d’actualité ». Elle était jusqu’ici dédiée à un seul thème par trimestre. À partir de maintenant, elle accueillera 4 thèmes différents par trimestre, soit 12 sujets par an. Les thèmes qui inaugurent cette nouvelle formule sont le nucléaire, le cannabis, les lanceurs spatiaux et les neutrinos. La deuxième fournée, qui sera livrée la deuxième quinzaine de juin devrait évoquer l’amélioration de la performance sportive, le robot Curiosity sur Mars, les stéréotypes de genres et la grotte Chauvet. « Notre maquette est moins dense et plus aérée que précédemment« , indique Alain Labouze qui souligne la présence d’un point audio et d’une vidéo pour chacun des 4 sujets et d’un quiz pour deux des quatre thèmes.

En face de la partie « Questions d’actualité », on retrouve le « Mur de news », avec ses 64 cases composées de brèves, photos, légendes, écrans de dépêches provenant du site, vidéos et 7 écrans très « design » qui présentent de manière aléatoire des indicateurs de l’état de la planète (nombre de séisme, poissons péchés, espèces disparues…). « Notre but avec ce mur est de muséographier les news et de permettre au visiteur une lecture rapide, voire un papillonnage, précise Alain Labouze, s’il veut des informations avec plus de fond, il peut se tourner vers les Questions d’actualités ou les portraits de chercheurs« .

En effet, en parallèle de ces deux parties principales, Science Actualités propose une section « Chercheurs à la une » avec des portraits et des témoignages de chercheurs, sous forme de panneaux et de vidéos, ainsi que des bornes « Opinions publiques » où les visiteurs peuvent s’enregistrer.

Enfin, disséminées dans l’espace d’exposition, on retrouve également des oeuvres créées par des artistes qui se sont inspirés d’un thème scientifique, actuellement le nucléaire. « Nous souhaitons favoriser la rencontre entre arts et sciences » s’enthousiasme Alain Labouze. Nouvelle formule, volonté de dissémination gratuite des contenus auprès des centres de sciences en région, Sciences Actualités se présente de plus en plus comme « l’agence de presse » et le fournisseur d’expos-actu du réseau de la culture scientifique en France. Et vous, connaissez-vous des lieux semblables, sur les sciences ou d’autres sujets, en France ou en Europe ?

>> Article publié sur Knowtex le 15 mars 2012

[ebook] Knowtexblog saison #1 : Le Grand Mix

C’est l’été : la saison des embouteillages, du bronzage… et des bilans. Nous n’échappons pas à la règle, nous qui bloguons depuis 10 mois sur les pratiques innovantes de la médiation culturelle des sciences et techniques. Avec plus de 230 billets au compteur, ça valait le coup de se pencher sur nos productions et d’en sortir une « petite » compilation (une centaine de pages tout de même).

Autant l’avouer tout de suite, le choix a été dur et nous avons mis de côté, à regret, un grand nombre d’articles. Ce fut également l’occasion de découvrir la manière dont on édite un ebook (vos remarques sont les bienvenues) et de nous adonner au remixage de contenus, une pratique qui nous est chère. Petit exercice de style sans prétention pour un « best-of » à glisser dans son sac de plage télécharger sur ses tablettes, smartphones et autres écrans et à partager sans modération ;-)

Téléchargez l’ebook au format PDF en cliquant sur le lien « Download » ci-dessous.

Grand Paris, métropole créative : l’enquête et la carte collaborative

Knowtex est une communauté que beaucoup ont crue au départ cantonnée aux sciences « dures ». En fait, nos centres d’intérêts sont beaucoup plus vastes et touchent la culture, le numérique, le design, les arts, l’innovation… Nous aimons explorer les transformations du monde par le prisme de ces grands domaines.

Exposition « Le Design Cellulaire » au Laboratoire, par le designer François Azambourg et le chercheur Don Ingber

Il y a quelques semaines, nous avons rencontré Camille Pène de L’Atelier Français (1). Nous nous sommes rendu compte que nous faisions la même chose, chacun dans notre sphère : mettre les gens en réseau. Dans les industries culturelles classiques pour Camille (cinéma, édition, musique…), dans le monde de la culture scientifique et technique pour nous. Il n’en fallait pas plus pour que nous lancions une enquête commune autour d’une notion qui nous rassemble : la « ville créative », en vue d’une conférence qui a eu lieu hier soir à la Gaîté Lyrique dans le cadre du festival Futur en Seine (voir notre couverture de l’événement).

Camille et moi, assistées de Raphaël et Audrey avons rédigé une quinzaine d’articles sur ce thème à partir de rencontres et de reportages. Ces articles sont disponibles sur nos deux sites et ont été rassemblés dans une weblist dédiée. En parallèle, Raphaël et Mikaly ont mis au point une carte interactive qui vise à recenser les lieux de création au sens large du Grand Paris, dans les sciences, les arts et la technologie.

Découvrez la carte GRAND PARIS : métropole créative

Chaque thématique s’est vue attribuer une couleur (bleu pour les sciences, vert pour la technologie et rose pour les arts), un lieu pouvant bien sûr cumuler plusieurs couleurs (c’est par exemple le cas pour l’IRI). Pour chaque lieu, nous avons indiqué l’adresse postale du lieu, le lien vers le site internet (et s’il y a lieu vers le compte Twitter et la page Facebook) ainsi qu’un lien vers l’article que nous avons rédigé pour le Knowtexblog.

Cette carte a plusieurs buts : montrer la diversité des sphères créatives, mettre en évidence des proximités géographiques et thématiques entre acteurs et surtout favoriser des rencontres et pourquoi pas des collaborations. Mieux, cette carte est collaborative. Nous vous invitons donc à inscrire dès maintenant les lieux que vous considérez comme créatifs, que vous soyez habitués, membres de ces lieux ou simplement curieux.

A titre d’information, un lieu créatif – pour nous – est un lieu ouvert où des rencontres régulières sont prévues (barcamps, conférences, ateliers, etc.) et à partir duquel des projets innovants se développent. Ça laisse la porte ouverte à beaucoup d’adresses dans l’Ile-de-France. Notre équipe traitera l’ensemble des propositions et se fera un plaisir d’aller à la rencontre des acteurs de la métropole créative, afin d’enrichir notre enquête.

Si vous avez des remarques et des suggestions concernant la carte, n’hésitez pas à nous en faire part…

Note

  1. Au sujet de cette rencontre, lire notre article et celui de Camille

Samuel, le museo-geek aux grandes oreilles

C’est bien simple, sur le web, Samuel Bausson est partout : Twitter, Tumblr (ici et ), Slideshare, Knowtex (bien sûr) et j’en passe (beaucoup)… Il s’est fait un point d’honneur à tester tous les outils qui lui tombent sous la main. S’il a peu posté de liens ici, il reste attentif à notre projet et nous suggère régulièrement des références ou nous donne des idées [merci].

Nous l’avons rencontré plusieurs fois, à Toulouse ou Paris, souvent autour d’un café, parfois toute l’après-midi pour discuter. Son travail ? « ouebmister » du Muséum de Toulouse comme il l’indique avec humour dans sa bio sur Twitter.

Samuel a un parcours comme on les aime : riche et tortueux, qui a fait de lui quelqu’un d’ouvert et de positif. Tout jeune, il copiait des codes récupérés au bureau de tabac sur son ordinateur Thomson TO7 et trouvait déjà fascinant de pouvoir « mettre en scène » des informations dans le salon de la famille… Ses autocollants seront sa première collection qu’il mettra à l’honneur dans une “exposition” avec audio-guide à cassette.

Plus tard, après une année de philosophie à Rennes, il a suivi des études en cultural anthropology à l’Université de Grinnell, dans l’Iowa (Etats-Unis), « l’équivalent des études d’ethnologie en France » explique-t-il. En plus des cours en sciences sociales, il en profite pour suivre des cours de muséographie, scénographie… Samuel se sent « comme un poisson dans l’eau » dans cette université en partie en autogestion, et avec une longue tradition d’ouverture et d’innovation sociale. C’est la première à ouvrir ses portes aux femmes et à diplômer des étudiants noirs dans le Midwest. Samuel y suivra également le tout premier cours de webdesign en 1996 (excusez du peu)…

Pour son stage, il photographie des poteries préhistoriques de la tribu Sinagua, à Flagstaff, en Arizona. « C’était les débuts de la photographie numérique grand public. J’en ai fait ensuite un CD-Rom éducatif pour mon département et ça été le début d’un parcours alliant culture et numérique…”

Les débuts en tant que webmaster

Il rentre en France en 1998, après avoir fait « plein de choses qui n’ont rien à voir» de boulanger à la sauvegarde de données bancaires…. A l’époque, c’était les débuts du « net » grand public et Samuel, un peu « bidouilleur » et n’ayant pas de correspondance de ses diplômes, décide de tenter sa chance dans le secteur culturel en entrant par la porte de la technique. Il sera le webmaster de la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) à Nantes pendant deux ans puis entre au département de la communication interne à la mairie de Saint-Nazaire pour animer l’intranet de la ville, un des premiers postes de ce type en France à l’époque.

C’est lors de ces deux contrats qu’il débute sa réflexion sur le travail du webmaster. Selon lui, « il y a autant de profils de webmaster que de sites web ». Au-delà de son propre travail quotidien, Samuel réfléchit à la notion de travail en réseau, quand on a des métiers différents dans les institutions comme les mairies et les musées. « Je ne savais pas trop en quoi consistait mon travail car les mots pour le définir n’existaient pas encore. Il fallait fédérer les gens autour du projet de la ville, les organiser autour de projets communs, pas seulement publier un bulletin avec les dernières nouvelles. Après coup, je pense que c’était une bonne formation aux réseaux participatifs en ligne… »

Après ce poste, il fait un petit détour par le montage audiovisuel à Rennes pendant un an et réalisera… un documentaire sur un gardien de cimetière. Une formation qui complète son DESS de « webmaster éditorial » entamé à Poitiers. Ses différentes expériences lui ont fait découvrir toutes les facettes du métier de webmaster « de la technique vers l’éditorial puis la gestion de communauté ».

L’expérience du Muséum de Toulouse

Son parcours se poursuit au Muséum de Toulouse, juste avant sa réouverture en janvier 2008. Séduit par le projet de l’établissement, positionné comme une plateforme d’échanges orientée sur les visiteurs, il décide de descendre dans le sud-ouest et de participer à la réouverture du Muséum, « une belle opportunité ! ».

Petit à petit, il crée des comptes pour le Muséum sur les principaux réseaux sociaux, plutôt que de se concentrer sur un seul et unique site : « il faut aller en réseau avec les communautés qui existent déjà ». Dans ces communautés, il applique à chaque fois une grammaire différente, s’adaptant à merveille aux codes implicites de chaque plateforme.

Sur le compte FlickR, qu’il a ouvert au départ pour son côté pratique, il cerne l’intérêt des groupes et crée « Souvenirs du Muséum de Toulouse » pour que les visiteurs y partagent leurs photos faites sur place. Sa collègue Maud a pris le relais et donne vie au groupe avec un concours annuel. Elle a également ouvert un autre groupe « Collectionner le Vivant autrement » qui rassemble les photographes observateurs de la nature et crée du lien avec les collections du muséum.

Cette omniprésence pourrait donner une impression d’éparpillement mais il n’en est rien tant Samuel tient à la ligne éditoriale instaurée : « nous explorons et déclinons tout ce qui touche à l’homme, la nature et l’environnement ». Cette ligne éditoriale lui sert beaucoup sur Twitter, pour ne pas se noyer dans la masse d’information et orienter sa veille. « C’est bien de savoir qui on est et ce que le musée défend. Ainsi, on ne se laisse pas entraîner par des trolls [ndlr : membres d’une communauté qui aiment créer les polémiques] ou on ne reste pas sur la défensive car on est plus apte à répondre aux interpellations quand c’est opportun aux interpellations ».

Qu’est-ce qu’un musée 2.0 ?

Lorsqu’on lui demande sa définition d’un musée, il répond « un lieu de mémoire partagée, une plateforme d’échanges entre visiteurs et personnels du muséum autour des thématiques du musée, et non pas uniquement une galerie d’objets. Selon lui, « entrer dans le relationnel n’est pas une pratique courante pour les musées ». Alors, cette philosophie marche-t-elle en pratique ? Apparemment, oui. « Au début, il y avait beaucoup de « kikoolol », de discussions pas très sérieuses, sourit à moitié Samuel, mais plus tu es ouvert, plus le dialogue prend. De plus, il est plus intéressant de rebondir sur l’intérêt des gens plutôt que d’expliquer, d’imposer d’emblée, ce qui est considéré comme digne d’intérêt par l’institution…».

Une réflexion qui mène jusqu’à la redéfinition des rôles entre visiteurs, objets, direction du musée, « pour sortir des dichotomies » entre collections et « grand public ». Les réseaux sont une chance pour les musées qui y ont toute leur place avec leurs contenus riches à proposer aux communautés d’internautes « là où elles sont ». Une expression résume bien les idées de Samuel sur les nouveaux musées : « de la conservation à la conversation ».

Quand y’en a plus…

Et pendant ses loisirs, Samuel n’est jamais très loin des musées et centres de culture. Avec des amis de Toulouse, il a monté L’esplanade, « Rézo-Labo des acteurs de la culture, création & innovation numérique à Toulouse ». En décembre dernier, il a également participé à une « descente » au Musée d’Orsay avec d’autres « poils à gratter », pour y titiller l’interdiction de la photographie (voir son article).

Et sa réflexion ne s’arrête pas là, caressant les notions de droits d’auteur, de licence Creative Commons, de remixage, de la place des lieux publics sur les plateformes privées… Autant de problématiques de la « culture » web pas toujours simple à concilier avec celle des institutions.

2011 au Muséum de Toulouse

Les prochaines expositions évoqueront notamment « l’eau » et « Eugène Trutat », un photographe, géologue et naturaliste qui fut directeur du Muséum. Pour la fin de l’année, Samuel souhaite créer un nouveau site internet afin de rendre l’offre du musée plus lisible. Ce site intègrerait des informations pour l’instant disparates (actualités, newsletters, événements…). Sans oublier de « mettre en scène » (véritable leitmotiv) les échanges avec les internautes. Le site serait un « hub de tout ce que le muséum dit sur les réseaux, couplé aux contenus élaborés avec les scientifiques ». A suivre…

>> Illustrations :  museumdetoulouse, Lorena Biret (Flickr, licence CC)