Comment écrire de la fantasy et de la science-fiction – Orson Scott Card

Après Stephen King (lire la chronique), restons du côté des Etats-Unis et de la littérature « de genre » avec ce livre d’Orson Scott Card (OSC). L’auteur va bientôt faire l’actualité avec la sortie en France, en novembre prochain de l’adaptation de son livre La Stratégie Ender. Si on ajoute qu’il a reçu deux années consécutives les prestigieux prix Hugo et Nebula pour ce livre et sa suite, on peut prendre quelques minutes pour lire ce qu’il a à dire à propos de l’écriture (1).
OSC l’annonce dès le départ : il s’adresse aux amateurs des littératures de l’imaginaire (fantasy et science-fiction, auxquelles on pourrait ajouter le fantastique et résumer le tout à l’acronyme SFFF) et laisse volontairement de côté les conseils communs aux autres genres (comme par ex. la gestion de l’intrigue, qui est la même quelque soit le genre). Son livre est constitué de cinq grandes parties que j’aborderai ici de manière plus ou moins longue.
Les frontières de la science-fiction et de la fantasy
En guise d’apéritif, OSC décrit la SFFF comme un monde ceint de frontières à priori étanches, dont la première et la plus évidente est la catégorie éditoriale. Déterminée par les éditeurs, celle-ci facilite le classement en librairie et a permis la cristallisation de ces genres et l’apparition de nouvelles générations d’auteurs. Les deux frontières suivantes, qui en découlent, concernent la communauté de lecteurs et d’écrivains « biberonnés » à la SFFF parfois au risque d’y rester bloqués. OSC parle même de « ghettoïsation », même s’il nuance ses propos par le fait que les auteurs de SFFF ont beaucoup de liberté à l’intérieur de ce ghetto car leurs lecteurs et leurs confrères sont ouverts aux expérimentations. Avec sa quatrième frontière, OSC tente une définition – forcément incomplète – des littératures de l’imaginaire comme « toutes les histoires qui prennent place dans un environnement contraire à la réalité connue ». Cela peut être dans l’avenir, dans un passé qui contredit les faits connus de l’histoire (on parle de mondes alternatifs), sur d’autres mondes, sur Terre mais avant l’histoire écrite ou encore toutes les histoires qui contredisent une loi connue ou supposée de la nature… Enfin, la dernière frontière selon OSC est celle qui sépare la fantasy de la science-fiction, à la fois dans la manière de construire les histoires mais aussi dans les petits conflits qui naissent entre les auteurs de ces deux genres (2).
La création de mondes
OSC entre ensuite dans le vif du sujet avec la partie sur la création de mondes, la plus longue de son livre. Ici, il aborde tour à tour l’origine des idées, les lois du monde, l’invention de son passé, le langage et le décor. Pour illustrer la manière dont peuvent venir les idées, il prend pour exemple son best-seller La Stratégie Ender et notamment la salle d’entraînement au combat en apesanteur, qu’il a imaginée à 16 ans, inspiré par la situation de son frère aîné à l’armée. Une partie du décor était posée mais il a fallu attendre 7 ans pour réellement commencer à écrire l’histoire. Quant à son roman de fantasy Espoir-du-cerf, il a vu le jour à partir d’un plan de ville improvisé, d’une erreur qui lui a fait condamner une des portes de cette ville et d’une idée de sœurs siamoises « pêchée » dans le journal télévisé. On le voit, deux histoires ne se créent jamais de la même façon et il existe autant de techniques que d’auteurs. Pour OSC, les bonnes histoires ne s’écrivent jamais à partir de la seule première idée et nécessitent souvent des alliances entre plusieurs idées sans rapport apparent, parfois des esquisses ou des cartes et une maturation de plusieurs mois. Son conseil pour pêcher des idées : penser à tout ce qui nous arrive comme une histoire potentielle et se demander « pourquoi », « comment » et « pour quel résultat ».
Viennent ensuite les lois de votre monde, qui permettront de mettre de l’ordre dans toutes vos idées. Je ne passerai pas trop de temps sur ce sujet, même si OSC évoque les règles du voyage stellaire pendant 17 pages (d’aucuns parleront de remplissage) ! L’idée pour l’auteur est de bien déterminer les règles de son monde et les contraintes qui pèsent sur les personnages même s’il décide ensuite de ne pas trop l’évoquer dans le livre et ce afin de construire une histoire crédible et profonde. OSC propose également 9 variantes possibles de voyages dans le temps et un exemple pour fixer les règles de la magie dans votre univers de fantasy : en lui donnant un prix, comme la perte d’un membre à chaque fois qu’une personne jette un sort. Les parties sur le passé (l’évolution d’une espèce d’extra-terrestre, l’histoire d’une société ou la biographie d’un personnage) et sur le langage sont pleines de bon sens mais seraient peut-être insuffisantes à qui voudrait concrètement en savoir plus (c’est d’ailleurs le cas du livre entier). OSC termine cette partie en nous montrant qu’un bon auteur arrive à jouer sur deux tableaux : la constitution de son monde et l’analyse des systèmes qui régissent ses sociétés.
La construction du récit
Après la mise en place du décor vient le moment de créer l’histoire (même si dans la réalité ça peut être l’inverse). OSC insiste ici sur le caractère évolutif de votre histoire. Rien n’est figé et il faut se garder la liberté de tout changer à tout moment ou de se laisser emporter par une nouvelle idée. OSC revient d’abord sur les personnages et propose une technique pour choisir son personnage principal : il faut se demander qui a le plus mal et qui a le pouvoir et la liberté d’agir. Votre héros n’est pas forcément une reine ou un capitaine de vaisseau spatial, forcément contraints par de multiples interdits ! Suivent quelques précisions sur le personnage de point de vue (1). Les pages suivantes sont parmi celles qui m’ont le plus intéressées, même si, comme le reste de l’ouvrage, elles ne sont que des considérations générales. Elles concernent le début et la fin de l’histoire, deux moments souvent difficiles à placer. Selon OSC : « le début d’une histoire crée une tension, procure une sensation de besoin. La fin de cette histoire survient lorsque cette tension est soulagée ».
Il introduit ainsi le « quotient MIPE » pour Milieu, Idée, Personnage et Evénement. Selon lui, une histoire est très souvent orientée par un de ces quatre éléments. Si c’est le Milieu, ou le monde de l’histoire, alors vos personnages voyageront dans des contrées étranges et seront transformés par ce qu’ils voient. Si c’est l’Idée, l’histoire se terminera quand la réponse à l’énigme du début sera résolue. S’il s’agit du Personnage, on suivra la transformation de son rôle dans sa communauté et la résistance au changement des autres. Enfin, s’il s’agit de l’Evénement, votre monde sera en pleine fluctuation et le récit ne prendra fin que lorsqu’un ordre nouveau sera établi.
Bien écrire
L’avant-dernière partie évoque l’exposition et le langage. Je soupçonne l’auteur de s’être focalisé sur ces deux éléments car il s’agit sans doute des deux principaux « pièges » dans lesquels les écrivains amateurs tombent le plus régulièrement. Passons sur le langage pour évoquer un peu plus l’exposition. Comme un journaliste qui doit capter l’attention de ses lecteurs en une ligne, l’auteur de romans (pas seulement SFFF) doit susciter la curiosité de ses lecteurs et leur donner envie d’en lire plus dès les premières pages. Tout le défi est d’arriver à distiller assez d’informations pour attirer le lecteur mais pas trop pour ne pas le noyer. Le passage sur le littéralisme est intéressant et prouve qu’un auteur de SFFF ne peut pas se permettre d’user de trop de métaphores, notamment en début de texte, au risque de ne pas être compris.
La toute dernière partie concerne la vie et la carrière d’un écrivain. Là aussi les conseils de bon sens se succèdent et on regrette l’absence de plus d’exemples personnels comme a pu le faire Stephen King dans son livre. OSC incite les jeunes auteurs à soumettre des nouvelles aux revues spécialisées, il conseille ceux qui voudraient envoyer
un manuscrit de roman à une maison d’édition et évoque quelques considérations « pratiques » (par ex. le fait de ne pas quitter son boulot dès le premier contrat… sans blague ^^). La partie sur les ateliers et cours d’écriture s’approche également de ce que nous indique King, à savoir qu’ils ne sont utiles que pour avoir de la compagnie, des dates butoir et un public mais peuvent rapidement devenir un frein. La solution : trouver et former son « lecteur avisé » qui lira tous vos textes et vous dira ce qu’il en pense. Peut-être s’est-il ennuyé lors d’un passage ou bien il trouve un personnage inutile… autant d’informations qui vous permettront de corriger votre « copie ». Et comme OSC le dit si bien en dernière ligne de son livre : au boulot !
>> Références : Orson Scott Card, Comment écrire de la fantasy et de la science-fiction, Bragelonne, 2010, 240 p. (voir la fiche sur le site de l’éditeur)
>> Pour aller plus loin : une critique plutôt négative (et pertinente) du livre sur le blog Dramaturgie et scénario
>> Notes :
  1. OSC a également écrit Personnages et points de vue, également édité chez Bragelonne mais malheureusement en rupture de stock (je me suis donc procuré la version américaine en vue d’une chronique ici)
  2. L’auteur précise d’ailleurs que le public de la science-fiction est majoritairement masculin et que celui de la fantasy est plutôt féminin. A ce sujet, on pourra lire « La science-fiction intéresse-t-elle les femmes ? » par Jean-Marc Ligny et « La place des femmes dans la littérature de science-fiction » chez ActuaLitté 

Ecriture, Mémoires d’un métier – Stephen King

Amatrice de la collection « Chair de Poule » quand j’étais enfant, c’est tout naturellement que je me tournais vers Stephen King à l’adolescence. Je dévorais alors plusieurs de ses livres dont Sac d’os, La Ligne verte, Charlie ou encore Dreamcatcher avant de passer par une phase polars. Ce n’est que très récemment que je me suis replongée dans la lecture des œuvres du King, notamment avec ses « classiques » Carrie, Shining et Misery. Je ne sais pas pour vous, mais ç’a été comme retrouver un vieil ami d’enfance : plusieurs années peuvent s’écouler mais il vous parle comme si vous vous étiez quittés hier.
En cherchant des infos sur sa bibliographie, j’ai alors découvert son livre Ecriture – Mémoires d’un métier dont la version française a été publiée en 2001 chez Le Livre de Poche. Dans cet essai, Stephen King revient sur sa vie et sur les raisons qui l’ont poussé à écrire. Autant vous le dire tout de suite, vous n’y trouverez pas de méthode toute faite pour égaler le maître de l’horreur. En revanche, je ne peux que vous conseiller cette lecture qui s’apparente à un « feel-good book » pour écrivains amateurs ;)
Cet essai est découpé en plusieurs parties. D’abord « CV » qui vous propose de découvrir l’enfance de « Stevie », son attrait pour les récits d’horreur, son adolescence et ses débuts en tant qu’écrivain, aussi bien que sa rencontre avec sa femme Tabitha. Cette entrée en matière est loin d’être superflue et nous renseigne sur ses peurs enfantines (le passage sur le perçage de tympan est douloureux), ses obsessions ou encore les conditions dans lesquelles il a rédigé ses premières œuvres tout en continuant à travailler.
Le ton que King emploi vous donne l’impression qu’il vous raconte ça face à face et sans chichi. Il évoque tout autant les moments importants ou douloureux de sa vie, comme la naissance de ses enfants, son addiction à l’alcool ou le décès de sa mère que la rédaction de ses livres qui, on le comprend, prennent racine dans toutes les expériences de leur auteur.
Dans les deux parties suivantes « Boîte à outils » et « Ecriture », il rentre dans le vif du sujet mais d’une manière très personnelle. Comme je le disais plus haut, Stephen King ne s’est pas risqué à proposer un guide d’écriture exhaustif et c’est ce qui fait la réussite de ce livre (d’autres s’en plaindront pourtant). Il nous donne certes quelques astuces – j’aime beaucoup l’idée de l’histoire vue comme un fossile qu’on déterre, même si je ne la trouve pas totalement juste – mais il les enrobe surtout de ce qu’on pourrait appeler un « coup de pied littéraire au c** » pour ceux qui hésiteraient encore à se lancer (bon, OK, c’est un peu comme cela que je l’ai vécu). Pour ne pas trop m’étendre ici, je vous conseille la lecture de 5 leçons tirées du livre de Stephen King « Ecriture » sur Destination Futur et 12 conseils d’écriture de Stephen King sur Scénario-Buzz.
Enfin, la dernière partie concerne un événement marquant de sa vie qui est arrivé pendant la rédaction de ce livre : son accident de l’été 1999. Comme vous pouvez l’imaginer, King n’est jamais aussi bon que quand il évoque une situation plutôt horrible, avec tout le détachement et l’humour noir dont il est capable. Et là aussi, la proximité et la sympathie de l’auteur américain (ceci explique sans doute cela) ne peuvent que vous encourager à prendre la plume et à vous lancer. Pourquoi se priver ?

>> Références : Stephen King, Ecriture : Mémoire d’un métier, Le Livre de Poche, 2003, 350 p. (voir la fiche sur le site de l’éditeur)

Vivre dans la steppe froide

Retrouvez mon article « Vivre dans la steppe froide » dans le dernier numéro de « Beaux Arts éditions » consacré à la magnifique Caverne du Pont d’Arc (plus connue sous le nom de grotte Chauvet).

J’en profite pour faire un petit coucou à mon ami Pedro Lima qui signe également un intéressant papier sur le fac-simile de la grotte (et un petit coup de pouce pour son dernier – et passionnant – livre).

Zapping Echosciences #7

Wow, plus d’un an que je n’ai pas publié un petit zapping des articles écrits pour Echosciences Grenoble. Pour rappel, voici les précédents #1, #2, #3, #4, #5 et #6 qui regroupent déjà 90 billets ! Vous trouverez ci-dessous ceux que j’ai écrits depuis un an. Pas tant que ça, au final, mon rôle étant aujourd’hui beaucoup plus celui d’animatrice de réseau que celui de rédactrice. Cliquez sur les titres pour les lire.

Les imaginaires comme terrain de recherche

Rencontre avec Isabelle Krzywkowski, directrice du CRI, le Centre de recherche sur l’imaginaire fondé il y a près de 50 ans.

Henri-Claude Nataf : derviche tourneur du champ magnétique terrestre

Dans le cadre des Fondamentales du CNRS, nous avons demandé à des chercheurs grenoblois ce qu’il reste à découvrir dans leur domaine. Direction le laboratoire ISTerre.

Les Olympiades de Sciences de l’ingénieur prennent de l’ampleur

Le lycée Argouges a remporté le premier prix des Olympiades de SI 2014. L’occasion de découvrir cette compétition qui encourage l’esprit d’initiative, la créativité et l’innovation des jeunes.

Atterrissage de Philae : l’enthousiasme des citoyens et chercheurs grenoblois

Une retransmission en direct de l’atterrissage de la sonde Philae, en présence de chercheurs de l’Observatoire de Grenoble a eu lieu le 12 novembre à l’hôtel de ville de Grenoble. Retour en quelques tweets ! [Ici, il ne s'agit pas d'un article mais d'un Storify, c'est-à-dire d'une compilation de tweets. j'ai choisi de la poster tout de même ici car j'ai eu le grand plaisir d'animer l'après-midi en compagnie de trois chercheurs]

Crowdfunding : retour sur deux ans de mentorat

Retour sur nos activités de mentorat de campagnes de financement participatif, à la faveur d’un questionnaire proposé par les étudiants en Master 1 en management à l’IAE de Grenoble.

Enseignants, scientifiques : quel est votre plus bel échec ?

Les scientifiques étaient présents à la première FailCon grenobloise ! On peut être enseignant, chercheur et se prendre parfois les pieds dans le tapis… pour mieux se relever !

>> Crédits photos : indiqués en bas de chaque article !

Improbablologie, le retour !

Pierre Barthélémy (@PasseurSciences) et Marion Montaigne (nouvellement sur Twitter : @Prof_Moustache) ont remis ça ! Quoi donc me demanderez-vous ? Ils recommencent à parler de sexe, d’alcool et de musique country… Vous n’avez rien compris ? Bon, OK, on rembobine et on recommence ! « Improbablologie et au-delà » (Dunod) est le 2ème recueil de chroniques du journaliste Pierre Barthélémy publiées de novembre 2012 à décembre 2013 dans le supplément « Science et Médecine » du journal Le Monde (Pierre tient aussi ce blog).

A l’image des Prix IgNobel, qui récompensent chaque année les recherches les plus improbables, il est question dans ce livre d’ogres, de chercheur chaste, de rôti de porc, de morve, de convaincantes foutaises, de scrotum et de Spiderman. Curieux programme me direz-vous. C’est pourtant celui que le journaliste a sélectionné pour nous, scrutant avec minutie les journaux scientifiques les plus sérieux – voire même les plus austères – pour y sélectionner les publications les plus loufoques.

Avec une idée en tête : « faire sourire puis réfléchir, voir comment la méthode scientifique est capable de répondre à de multiples questions, aussi absurdes ou cocasses soit-elles ». Le premier recueil ayant reçu le prix « Le goût des sciences 2013 », qui récompense les ouvrages « facilitant l’accès du plus grand nombre à l’univers scientifique », je ne vous ferai pas un dessin à la fois sur l’intérêt du bouquin, sur l’écriture, drôle et maîtrisée (merci pour ces bons mots et ces jeux de mots savoureux) et même sur les références aux chansons populaires et aux blockbusters hollywoodiens pour donner envie à tous de découvrir les sciences.

En 50 chroniques courtes et savoureuses, on fait la connaissance d’un jeune homme qui glisse une grenouille en plastique dans sa vessie, de mangeurs de compétition, d’un homme qui pèse ses poils, d’helminthologistes (les chercheurs qui étudient… les vers parasites !), de pigeons esthètes ou encore d’un chercheur très énervé. Pratique, ce livre vous proposera également une solution pour ne pas trop dépenser votre argent en shopping ou encore une recette pour fabriquer un rôti de sein ! Enfin, il vous révèle que les mammifères mettent en moyenne 21 secondes à se soulager (vous testerez…).

Et au milieu de ces réjouissantes, on prend conscience que le journaliste n’est pas le seul à se moquer (avec tendresse) des chercheurs. Eux-mêmes ne manquent pas d’humour, dans leur manière de rédiger leurs résultats, voire de courage, quand ils s’opèrent eux-mêmes (les plus frileux se rabattant sur leurs étudiants) !

Du côté des illustrations, Marion Montaigne, sa consoeur en Improbablologie comme elle le prouve régulièrement sur son blog, vient compléter, de son œil taquin, certaines chroniques et permettra sûrement d’en rajeunir le lectorat, qui suit chaque semaine

Bref, un livre à lire, à offrir et à ranger à côté de ceux de Roland Lehoucq (quelques similitudes quand Pierre prend des exemples du côté du cinéma et de la science-fiction), des autres ouvrages de Marion Montaigne et des DVD de Myth Buster (parce qu’on y retrouve le même enthousiasme).

Vulgarisation : les recettes de deux journalistes scientifiques

Quel est votre meilleur souvenir lié aux sciences ? Un prof de math passionnant (mais si, mais si !), un bouquin captivant, une nouvelle étonnante vue à la TV, un film de science-fiction qui vous a scotché, une expérience proposée par un doctorant lors de la Fête de la science ou encore un événement d’ampleur planétaire comme « l’amarsissage » (atterrissage sur Mars) du rover Curiosity ?

Qui ne s’est jamais demandé comment étaient produits ces livres ou ces images ? Où est-ce que les journalistes trouvent leurs idées ? Que font les chercheurs dans leurs labos ? Vous-même doctorant, chercheur, ingénieur, vous aimeriez vous lancer et raconter votre travail mais ne savez pas vraiment par où commencer (votre dernière tentative, à un repas de famille s’est soldée par la chute du dentier de mamie, qui s’est endormie en vous écoutant )… Pour répondre à ces interrogations, la journaliste scientifique Cécile Michaut vient de publier le livre « Vulgarisation scientifique, mode d’emploi » aux éditions EDP sciences.

En cinq chapitres, Cécile revient sur les raisons qui poussent les chercheurs à partager leur passion pour les sciences et la découverte (rendre des comptes aux citoyens, faire progresser sa propre pratique, trouver des financements, faire naître des vocations…), sur les différentes formes de vulgarisation (livre, conférences, expositions, animations, bar des sciences, théâtre, débats…) et sur les éléments à garder en tête ou les pièges à éviter quand on se lance (connaître son public, choisir son message…) (1).

On y apprend que les Français, comme les Allemands ou les Japonais sont bien plus réticents à vulgariser leurs recherches que les Anglo-saxons. Qu’il n’existe pas de réelle formation à la vulgarisation dans les cursus de « sciences dures » (ni à la pédagogie ou à l’histoire des sciences d’ailleurs) et que beaucoup de vulgarisateurs en herbe ont peur de manquer de légitimité. Assez fou de voir à quel point la prise de parole en public, les projets pluridisciplinaires ou l’humour bloquent encore pas mal de scientifiques… Par ce livre et les formations qu’elle propose, Cécile Michaut tend à rassurer ces scientifiques et à les aider à se lancer, en leur montrant les avantages que la vulgarisation peut apporter à leur travail de chercheur et / ou d’enseignant.

Point fort du bouquin : les 15 portraits de vulgarisateurs (chercheurs, journalistes ou animateurs) dont les témoignages complètent bien le reste du livre et donnent des pistes pour aller plus loin : l’envie d’innover de Julien Bobroff (2), le travail sur l’estime de soi par Claire Le Lay, l’accent mis sur la médiation plutôt que la vulgarisation par Richard-Emmanuel Eastes, le constat du peu d’ouverture des sciences dures aux sciences humaines par Pierre-Henri Gouyon, le combat contre les stéréotypes de Catherine Vidal (voir sa participation à TEDx Paris en 2011 : « Le cerveau a-t-il un sexe ?« ), le besoin de se donner du temps revendiqué par Etienne Klein, l’expérience ShakePeers (diffusion de la connaissance sous forme vulgarisée, libre, collaborative et ouverte) lancée par Vincent Bonhomme, l’utilisation de la science-fiction par Roland Lehoucq, le militantisme de Valérie Masson-Delmotte, la séduction portée en étendard par Marie-Odile Monchicourt, etc. Si je peux faire ma pointilleuse, il manque peut-être un ingénieur blogueur au C@fé des sciences et une doctorante amatrice de Twitter ;-)

J’en profite également, une fois n’est pas coutume, de déplorer le peu de femmes présentes en exemple. Nul oubli ou négligence de la part de l’auteur. Simplement, les femmes en sciences et dans la vulgarisation sont soit moins nombreuses, soit osent moins se lancer et doivent parfois compter sur le soutien de chercheurs hommes plus âgés pour se rendre compte qu’elles sont légitimes dans cet exercice. Heureusement, on compte des blogueuses et des jeunes femmes douées comme Marie-Charlotte Morin, la gagnante française du concours « Ma thèse en 180 secondes » (et deuxième à la finale internationale), pour donner l’exemple ! (3)

Ce « guide », à ma connaissance le premier du genre en France, est publié 6 ans après le « Guide de vulgarisation », écrit par Pascal Lapointe, lui aussi journaliste scientifique, mais de l’autre côté de l’Atlantique à l’Agence Science Presse (Québec). Si les deux livres proposent globalement des conseils autour des meilleures manières de vulgariser (4), l’ouvrage québécois, deux fois plus épais (332 pages contre 160), passe plus de temps autour du journalisme scientifique, des conseils pour les non scientifiques, de la manière dont le vulgarisateur peut « se vendre » auprès des rédactions et, surtout, des possibilités d’internet.

En avance sur cette réflexion, Pascal Lapointe et l’Agence Science Presse proposent d’ailleurs très régulièrement des billets de blog sur les questions de journalisme scientifique, de crise de la presse, de la relation entre blogueurs, chercheurs et journalistes, etc. Pascal a notamment rédigé le livre « Science, on blogue » avec Josée Nadia Drouin et dirigé l’édition des recueils annuels « Les meilleurs blogues de science en français » (2013 dans laquelle figure un de mes billets \o/, 2014).

Pour résumer, le livre de Cécile, plus court et plus facile à trouver du côté français trouverait bien sa place à côté de toutes les machines à café des labos français, pour pouvoir être lu par tous les doctorants, chercheurs ou ingénieurs de recherche qui passent par là. Il leur donnera envie de se lancer et pourra s’accompagner d’une formation de un à trois jours, par l’auteur (voir également son blog). Quant aux plus mordus, le livre de Pascal leur permettra d’aller encore plus loin, avec l’ouverture qu’on connait aux québécois sur la culture anglo-saxonne ! Dans les deux cas, n’hésitez pas à discuter avec eux sur Twitter : @CecileMichaut & @paslap !

>> Notes :

  1. L’auteur a fait le choix d’évoquer des exemples « classiques » de vulgarisation scientifique (normal, puisqu’elle s’adresse à des personnes souhaitant se lancer). On peut se demander s’ils sont adaptés au public « distant », celui qui ne va pas aux expositions et aux conférences…
  2. Julien Bobroff a lancé le groupe de recherche « la physique autrement ». Il est également très actif sur Twitter (@jubobroff)
  3. Lire notamment le billet « Où sont les vulgarisatrices ? » sur le blog de Cécile Michaut
  4. Ils ont aussi tous les deux fait le choix d’un dessin humoristique en couverture ! L’occasion de rappeler l’intérêt des illustrations et des BD sur les sciences, comme le blog de Marion Montaigne

Zapping Echosciences #6

Suite de la liste des articles que j’ai écrits pour Echosciences Grenoble ! Pour les curieux, voici les zappings #1, #2, #3, #4 et #5 ! Cliquez sur les titres des articles pour les lire.

Le Garage hélicoïdal : un écrin de béton en plein centre de Grenoble

Qui dit « Grenoble » et « béton armé » pense souvent à la Tour Perret. Mais la capitale des Alpes cache une autre construction non moins impressionnante : le Garage hélicoïdal.

2014 : année internationale pour le Collectif Coin

En décembre dernier, nous avons rencontré Maxime et Valentine, du Collectif Coin. Ils nous ont raconté leurs créations de 2013 et leurs projets pour 2014, à l’international.

Ils ont tweeté les sciences à Grenoble en 2012 & 2013

Ils ont tweeté des instantanés de la vie culturelle, scientifique, technique ou industrielle à Grenoble. Retour sur les tweets qui nous ont marqués en 2012 et 2013 ! Attention, sélection totalement subjective ! ;-)

Jean-Pierre Andrevon : « le mythe du dernier homme m’a toujours passionné »

Rencontre avec Jean-Pierre Andrevon, auteur grenoblois engagé, qui a marqué la science-fiction française avec ses récits d’un monde enfin débarrassé de l’être humain.

Le mythe médiéval dans les séries télévisées

Le 5 février dernier, des doctorants des Universités de Grenoble-3 et de Savoie invitaient Anne Besson et Claire Cornillon pour une séance autour du mythe dans les séries télévisées, consacrée à Game of Thrones.

Paxitech : piles à hydrogène pour nomades connectés

Leader européen dans le domaine des piles à hydrogène compactes, l’entreprise Paxitech, à Echirolles, s’inspire du mode de vie nomade des grenoblois et se tourne vers les jeunes.

Pascal Picq : un paléoanthropologue dans l’entreprise

Le jeudi 27 février dernier, le paléoanthropologue Pascal Picq était invité à intervenir lors d’un événement autour de l’innovation à l’Université Joseph Fourier à Grenoble. Qu’a à dire un tel chercheur sur ces sujets ? Extraits en quelques tweets !

Fondation Grenoble-INP : mécénat scientifique & relations humaines

Rencontre avec Valérie Bonnardel, directrice de la Fondation Partenariale Grenoble-INP. L’occasion d’évoquer le rôle d’une telle fondation et notamment son engagement auprès des femmes.

Emilio, Larissa, Markus… et les neutrons !

L’ILL est un organisme international et le prouve avec des vidéos de cinq « ambassadeurs ». Liz Moulin, responsable du Groupe recrutement et intégration nous en dit plus…

Basic Einstein : one-man-show d’humour scientifique à Eybens

Rencontre avec Damien Jayat, médiateur scientifique touche-à-tout qui propose un spectacle d’humour scientifique. Entre l’infiniment grand et l’infiniment petit se niche l’infiniment drôle !

L’Oréal et l’UNESCO pour les femmes et les sciences

Les 18 et 19 mars derniers, 20 femmes scientifiques du monde entier étaient récompensées à Paris pour leur recherche. Et si ça donnait des idées à nos doctorantes grenobloises ?

Initiation aux sciences du numérique : Inria & UJF main dans la main

Depuis la mise en place de la spécialité Informatique et Sciences du Numérique en terminale S, l’Académie, Inria et l’UJF initient et forment les enseignants.

La SF dans le FabLab avec Damasio, Diard et Echenay

Pour fêter les 10 ans de La Volte, La Casemate, Les Rêv’Ailleurs et O’Merveiles ont proposé une table ronde vendredi 18 avril avec Alain Damasio, Julien Diard et Mathias Echenay. Retrouvez la vidéo et le compte-rendu en tweets.

Jean Lilensten : chasseur d’aurores, sculpteur de lumière

Il chasse les aurores et en recrée en miniature pour ceux qui ne peuvent pas les contempler en vrai. Rencontre avec Jean Lilensten à l’occasion de la sortie de son dernier livre.

Eric Lewin : un grenoblois sur Mars

Sa 2ème voiture crame des cailloux sur Mars ! Rencontre avec le géochimiste grenoblois passionné par la planète rouge, les météorites et la littérature.

Les lycéens de Stendhal prennent la plume et la blouse des Experts

Des chercheurs lyonnais et grenoblois proposent à des lycéens grenoblois de créer des polars mettant en scène la police scientifique pour étudier l’image des sciences et des techniques chez ces jeunes.

>> Crédits photos : indiqués en bas de chaque article !

Des réseaux sociaux au FabLab : la culture scientifique et ses publics

L’arroseuse arrosée ! J’ai eu l’honneur d’être interviewée par Marion Coville pour le 8ème numéro de la sympathique revue POLI (« Politique de l’image »), sorti en février 2014 et dont le thème est «  Les images de la science  ». Vous trouverez ci-dessous quelques extraits de l’article en question : « Des réseaux sociaux au FabLab : la culture scientifique et ses publics » (7 pages tout de même !). Pour acheter le numéro (ce que je vous recommande fortement), c’est par ici.

Marion Coville : (…) Au sein des médias, quels sont les enjeux de la vulgarisation scientifique et comment s’organise la pratique du journaliste, situé à l’intersection entre scientifiques, médias et publics ?

Marion Sabourdy : Il me semble qu’il y a autant de manières d’appréhender les sciences et la vulgarisation scientifique qu’il y a de médias et de journalistes. De mon côté, depuis 2007, j’ai eu l’occasion d’écrire sur plusieurs supports qui avaient chacun leurs propres contraintes (…). J’étais tour à tour plutôt concentrée sur l’actualité (…), sur un dossier de fond voire sur la réflexion autour de ma propre pratique, via mon blog, les échanges avec d’autres professionnels sur les réseaux sociaux et les différents billets que j’ai écrits ou édités pour le blog de Knowtex. (…) Si je devais résumer mon impression après ces quelques années : parler de science, c’est aussi bien évoquer les résultats scientifiques, l’histoire des sciences, la recherche, les gens qui la font et la manière dont les sciences et techniques impactent notre société (…).

M.C. : Du point de vue de la diffusion et de la médiation des sciences à un large public, comment concevez-vous le rôle d’un Centre de culture scientifique, technique et industrielle (CCSTI) ? Quels sont les enjeux d’un tel lieu ?

M.S. : Les rôles et les enjeux des CCSTI ne me semblent pas si différents de ceux des médias scientifiques (…) La principale différence, c’est que la grande majorité des CCSTI propose un lieu d’accueil des publics (…). Je vois aussi un autre avantage par rapport aux médias nationaux : l’implantation locale des CCSTI. En Limousin, où j’ai grandi, il existe un CCSTI pour la région et en Rhône-Alpes, où je travaille actuellement, il y en a même un par département ! (…) D’un point de vue plus personnel, j’ai un petit coup de cœur pour les actions à la frontière entre sciences et arts, qu’il s’agisse de la littérature, des arts numériques ou plastiques (…)

M.C. : Le programme Inmédiats interroge le rapport aux sciences des 15-25 ans. Y a-t-il des modes et des outils privilégiés pour diffuser la culture scientifique auprès de cette tranche d’âge ?

M.S. : (…) Du côté d’Inmédiats, nous lançons des projets depuis [2012]. Les FabLab pour commencer, qui permettent de concevoir des projets de fabrication variés, de la boîte à bijoux aux robots en passant par un jeu d’échecs ou une luge. Sans citer tous les projets nous travaillons en commun autour des notions de Living Lab (…), de Studio (actualité, captation en direct d’événements, mise en valeur de contenus), de mondes virtuels ou de serious games. Pour ma part, j’anime le groupe Communautés où, avec mes collègues, nous expérimentons autour de l’utilisation des réseaux sociaux (…) et des visites en ligne, nous réfléchissons à la manière « d’accrocher » une communauté sur un thème précis (…).

M.C. : Quel rôle occupent les différents réseaux et outils sociaux dans la diffusion des sciences et de la culture scientifique ?

M.S. : (…) En tant que responsable du blog [de Knowtex] de 2010 à 2012, aux côtés d’une équipe de geeks, j’ai eu l’occasion d’évoquer des initiatives françaises, ou de faire témoigner des porteurs de projets étonnants (…) Les « historiques » (…) sont sans doute les blogueurs scientifiques : ils constituent des pionniers qui se sont petit à petit rassemblés en communautés : le C@fé des sciences, Hypotheses.org ou Plume. Certains journalistes leur ont emboîté le pas et leurs blogs sont très suivis et commentés : {Sciences²} (Sylvestre Huet), Passeur de sciences (Pierre Barthélémy), Effets de Terre (Hervé Kempf). A noter que l’Agence Science Presse (Canada) vient d’éditer un recueil des meilleurs billets de blogs scientifiques francophones de l’année 2012 [entre temps, la nouvelle version est sortie !]. (…) Du côté de Twitter (…) [je] salue le CNES (Centre national d’études spatiales), qui organise régulièrement à Paris et Toulouse des « tweetups » où il invite des mordus d’astronomie à faire un live-tweet (…) de leur rencontre avec des ingénieurs (…) Les musées d’art sont un peu en avance sur nous : ils lancent des « campagnes » sur Twitter (…) en encourageant leurs visiteurs à utiliser des hashtags partagés comme #jourdefermeture (…) ou #cesoirjesors (…). Citons enfin les blogs dessins, comme celui de Marion Montaigne (…) et ceux des membres de Strip science, les podcasts comme Podcast science, les concours de pocket films (…) comme ceux que le service Science et Société – CCSTI du Rhône (…) organise, le mouvement de la recherche participative, comme Vigie Nature, du Muséum national d’Histoire naturelle (…), les serious games (…) ou encore les wikis, comme ceux des Petits Débrouillards. Et j’en oublie sûrement ! (…)

[+ trois autres questions, sur les événements de la communauté "culture scientifique et technique", l’Open science et les Fab Lab !]

Un grand merci à « Moossye » pour m’avoir donné l’opportunité de coucher sur le papier toutes ces réflexions et ces rencontres :-)

Novaterra : Odyssée spatiale pour les collégiens du Rhône

Il y a peu, j’ai eu la chance de discuter avec Christophe Monnet sur un des projets mené par le centre d’expérimentation multimédia Erasme, où il travaille. Il m’a présenté LaClasse.com, l’Espace Numérique de Travail (ENT) des collèges et des écoles du Rhône et en particulier le projet « Novaterra » que j’ai envie de partager avec vous aujourd’hui. Voici en quelques mots une présentation du projet, rédigée à partir de cette page et de mon entretien avec Christophe :

Chaque rentrée scolaire, depuis septembre 2009, des classes de collège et de primaire du Rhône sont cryogénisées et envoyées dans l’espace. Elles se réveillent en orbite autour d’une exoplanète, Novaterra, et font connaissance avec le personnel de bord, dont le « commandant » Francis Valéry, auteur de science-fiction et (ancien) responsable scientifique de la Maison d’Ailleurs, le musée de la science-fiction d’Yverdon-les-Bains, près de Lausanne (Suisse) [lire ma visite de ce musée]. Elles sont aussi accompagnées par des astrophysiciens de l’Observatoire de Lyon, du Planétarium de Vaulx-en-Velin et par le service des collections du Musée des Confluences. Leur mission : cartographier Novaterra et en décrire ses composantes (faune, flore, ethnologie, archéologie…) en vue de constituer son encyclopédie (textes, images, sons, etc.).

Tout au long de l’année, les élèves vont décrire cette planète avec leurs professeurs de français, d’art plastique, de musique, mais ils vont aussi l’étudier avec les professeurs de Science de la vie et de la terre et de physique. Ils répondent aux consignes de l’auteur, qui est à la fois commandant du vaisseau et éditeur de l’encyclopédie. Leur travail s’articulera autour de formes littéraires courtes, intégrant les notions de science / non-science. Ils s’interrogent ainsi sur la nature du vrai en science, de l’imaginaire et du réel. Les classes seront invitées à créer un champ linguistique original ainsi qu’une grammaire, une mythologie, des herbiers imaginaires, des instruments de musique, etc.

Elles s’enrichissent du travail des uns et des autres et obtiennent des conseils des équipes du Planétarium. Le musée des Confluences leur envoie des photos de spécimens tirés de ses collections d’histoire naturelle qui font écho aux espèces imaginaires trouvées par les élèves. Ce sont aussi des rencontres réelles : en début d’année, les professeurs et tous les accompagnants se sont rencontrés pour décider du scénario, de la méthode de travail et se former aux outils collaboratifs que le centre Erasme développe et adapte spécifiquement pour ce projet. En milieu d’année, Francis Valéry et des scientifiques passent dans chacune des classes pour une rencontre. En fin d’année toutes les classes participent ensemble à une visite de l’Observatoire de Lyon et à un spectacle scientifique au Planétarium de Vaulx-en-Velin. Chaque année, 10 nouvelles classes participent à l’aventure en partant des travaux des classes précédentes.

Je trouve ce projet pédagogique – maintenant achevé – tout à fait enthousiasmant : il permet aux élèves d’aborder des tonnes d’informations scientifiques (presque) sans s’en rendre compte ! Il me fait penser à un livre, récemment publié : Exquise planète, aux éditions Odile Jacob, qui est la description d’une planète imaginaire, sous la forme d’un « cadavre exquis », par l’archéologue Jean-Paul Demoule, l’astrophysicien Roland Lehoucq, le paléontologue Jean-Sébastien Steyer et l’auteur de science-fiction Pierre Bordage.

>> Pour aller plus loin : découvrir toutes les classes culturelles numériques accompagnées par Erasme

Blogging : it’s (also) a girl thing !

Détournant le titre de la catastrophique campagne de la Commission Européenne pour la Recherche et l’Innovation qui souhaitait inciter les jeunes filles à se tourner vers des études scientifiques, je m’en vais vous proposer une petite liste de blogs de sciences en français tenus par des femmes. Parce qu’il en existe (et ouais !) et qu’on a parfois du mal à les citer au détour d’une conversation, mais surtout pour féliciter ces blogueuses et les inciter à poursuivre ! Je l’avais entamée en commentaire d’un article du blog « Tout se passe comme si » ; je me suis dit qu’en la partageant ici, on pourrait peut-être la compléter ensemble si vous le voulez bien :-)

Pour info, les blogs sont donnés dans le « désordre », sans volonté de ma part de les hiérarchiser, en termes de sujets ou d’auteurs. Il en manque encore beaucoup, aussi, je compte sur vous pour m’en suggérer en commentaires ! :-)

>> Au C@fé des sciences :

>> A l’Agence Science Presse (blogueuses et journalistes) :
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>> Sur Hypotheses.org

>> Dans d’autres communautés :
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>> Les dessinatrices :

>> Les médecins / infirmières :
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>> La culture scientifique et technique en général :

>> Les journalistes :
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>> Les tweeteuses :

>> En anglais (bah oui, un peu quand même) :
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>> Pas que des sciences :
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Merci à AntoineValentine, Julie, Martin C.Sham, Mr Pourquoi, Pierre, Emilie, Sirtin, Pascal, Sébastien, Max,  qui m’ont suggéré des liens ! :-)  A vous de jouer !
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>> IllustrationMike Licht (Flickr, licence cc)