Du Big Bang à la conquête spatiale en 2000 dessins

Plus de 2100 dessins et 3 semaines de travail pour un flipbook magnifique  et une révision en accéléré des cours de biologie et histoire ;-)

Merci Audrey pour cette vidéo.

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Quand un paléontologue pète les plombs.

Je ne résiste pas à l’envie de vous présenter cette petite vidéo en anglais, un peu vieille (mars 2008) mais savoureuse. Elle a été tournée par un membre du Muséum d’histoire naturelle de l’Université du Kansas (Etats-Unis), pour inciter les internautes à travailler bénévolement dans le « DinoLab », afin de préparer les ossements de dinosaures.

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Pourquoi les hommes ont-ils des mamelons ?

sein Décidément, mes lecteurs, vous avez des tas de questions sur l’anatomie. Aujourd’hui, c’est au tour d’Adeline d’en poser une. A-t-elle été influencée par le titre de ce livre ?

Bon, je vous épargne les réponses du style « pour y accrocher un piercing » et vais droit au but. Tout commence dans le ventre de la mère. Génétiquement masculin, l’embryon garde pourtant un aspect féminin pendant environ six semaines (on dit qu’il est indifférencié) jusqu’à ce qu’intervienne le chromosome Y. Une des conséquences est la descente des testicules sous l’action de la testostérone notamment. Quant aux mamelons, trop tard, ils se sont déjà formés !

Après la naissance et jusqu’à 11 ou 12 ans, les filles et les garçons ont des mamelons très semblables. Mais à la puberté, les seins et les glandes mammaires des filles se développent sous l’action des hormones sexuelles féminines, de fait absentes chez les garçons.

Les hommes gardent donc des mamelons inutiles, mis à part une fonction érogène. Mais pourquoi les aréoles masculines n’ont-elles pas disparu au fil des générations ? Justement parce que leur présence ou leur absence ne change rien à la donne du point de vue de la survie, tout comme les dents de sagesse ou le petit orteil. Cette caractéristique ne sera donc pas supprimée par la sélection naturelle.

D’après Wikipédia, « il arrive toutefois que certains hommes connaissent un état appelé gynécomastie, dans lequel les tissus adipeux autour du mamelon et sous le mamelon se développent pour ressembler à un sein de femme ». Tout est donc une histoire d’hormones. Donc Adeline, si tu as une âme de savant fou, tu peux tenter de faire « pousser » les seins des hommes qui t’entourent. Allez hop, une petite injection d’hormones sexuelles féminines.

Photo : Numbphoto

Pourquoi quand on chausse du 39, notre pied ne mesure pas 39 cm ?

pied Suite à la création de la page fan de ce blog sur Facebook, la petite Fanny, de Lyon ^^, dubitative devant ses petons, m’a posé cette question ! N’écoutant que mon courage et ne disposant pas d’un magnifique pédimetre jaune, j’ai fait pour vous l’expérience de la mesure de ma pointure avec les moyens du bord. Attention, certaines scènes peuvent choquer le plus jeune public !

Il suffit d’une grande feuille (ou deux A4 scotchées l’une à l’autre) et d’un mur. Posez votre panard muni d’une chaussette sur la feuille, le talon contre le mur. Tracez un repère devant l’extrémité la plus en avant de votre pied (en général le gros orteil mais cela peut varier suivant les types d’arpions). Mesurez ensuite la longueur entre le bord de la feuille et le repère que vous avez tracé. Mon résultat : 27 cm !

Comme vous l’aurez compris, je n’ai pas une pointure de 27. Mais le calcul pour la trouver est le suivant : (taille du pied en cm + 1 cm) / (2/3) et on arrondit à l’entier le plus proche. Pour ma part : (27+1) / (2/3) = 28 / 0.66 = 42 (et oui !)

Ce calcul ne tombe pas du ciel. Il prend sa source dans les ateliers des cordonniers du 18ème siècle. Le mot pointure (1) est utilisé à l’époque pour désigner une pièce sur laquelle on pique l’empeigne (le dessus de la chaussure). A partir des années 1820, il prend son sens actuel de taille, exprimée en point. Afin d’unifier leurs mesures, les maîtres cordonniers de l’époque décident de fixer des cotes. En France, le point de Paris correspond à 2/3 de centimètre. En Grande-Bretagne, le point correspond à 1/3 de pouce, soit 0, 846 cm, et les demi-pointures à 0, 423 cm. Aux Etats-Unis, l’échelle des pointures démarre 2,16 mm avant celle des anglais (qui débute à 22 cm soit un 33 français). Un peu perdus ? Consultez le tableau de correspondance des pointures (attention, j’ai trouvé beaucoup d’approximations lors de mes recherches).

A la fin du 19ème siècle, l’industrie de la chaussure aidant, les pointures sont définitivement fixées et on en trouve même pour les bébés.

(1) initialement une « petite pointe » utilisée en imprimerie pour fixer les feuilles sur un support

Photo : *n*o*o*r*

Des particules pour authentifier les grands crus

vincenbg Avec son dôme en terre, la Plate-forme régionale interdisciplinaire de spectrométrie nucléaire en Aquitaine (Prisna) est un mélange entre tumulus et cave d’amateur de vin. Inaugurée le 23 novembre 2009 au sein du Centre d’études nucléaires de Bordeaux Gradignan (CENBG), elle est composée de spectromètres nucléaires ultra-sensibles blindés de plomb, capables de mesurer des traces de radioactivité 10 000 fois plus faibles que la radioactivité naturelle (1). Indispensable pour dater une bouteille de vin à partir du taux de césium 137 dans le liquide. « Ce radioélément d’origine artificielle est présent dans l’environnement depuis les essais nucléaires atmosphériques des années 1950 » précise le coordinateur scientifique Frédéric Perrot. En comparant le taux mesuré à une courbe étalonnée de 1950 à aujourd’hui, les chercheurs débusquent les faux millésimes sans ouvrir les bouteilles et collaborent ainsi avec le service de répression des fraudes.

Trop vieilles pour contenir du césium 137 ? Les bouteilles sont alors acheminées dans l’Atelier régional de caractérisation par analyse nucléaire élémentaire (Arcane) voisin et soumises à un faisceau d’ions produits par un accélérateur de particules. Les chercheurs étudient les rayonnements X émis par la bouteille, sans prélèvement ni destruction. « Nous connaissons les processus de fabrication et la composition chimique du verre à travers les époques, précise le directeur Hervé Guégan, nous pouvons ainsi déterminer l’ancienneté et la provenance du verre ». Des propriétaires de châteaux bordelais ont prêté des bouteilles pour établir une précieuse base de données. L’Atelier collabore depuis septembre 2008 avec une société britannique spécialisée dans le commerce de vins fins, afin de proposer un service d’authentification à leurs clients pour une centaine d’euros la bouteille. « Nous sommes d’ores et déjà en pourparler avec d’autres châteaux pour développer notre activité avec d’autres types de vins comme des Bourgogne ou des Champagne Veuve Clicquot ».

(1)     Environ un centième de Becquerel par kg d’échantillon

Crédit photo : © Arcane-CENBG

Des savants à la merci des financiers

scienceboutsouffle « Y a-t-il un pilote dans l’avion science  ? Non » Le généticien Laurent Ségalat, directeur de recherches au CNRS, plante crûment le 
décor  : un système « à bout de souffle », « décadent » et aux « dysfonctionnements trop nombreux »  ; des arguments récemment scandés par l’association Sauvons la recherche. L’auteur, lui, ne se limite pas au débat hexagonal. Plaçant volontairement de côté le thème « science et société », il se concentre sur la pratique scientifique et en dresse un portrait au vitriol.

Dans ce royaume, les éditeurs sont rois. Une poignée de revues très convoitées, dont les anglo-saxonnes Nature et Science, obnubilées par la rentabilité, font et défont des carrières, par une simple sélection des articles qu’elles publient. Une pénurie entretenue, absurde à l’ère d’Internet et des blogs, mais dont le chercheur s’accommode, par obligation. Soucieux de sa notoriété, indispensable pour obtenir des crédits, le scientifique propose des articles à un rythme effréné, sans avoir une vue d’ensemble – et encore moins historique – de son domaine. « Publish or perish », disent les anglophones.

Face aux financeurs, il se doit d’être un bon communicant. Priorité aux sujets spectaculaires, les autres sont écartés sans ménagement. Avec ses reviewers potentiels, qui valident ses articles, il doit manier l’art de l’intrigue. Quand il ne manage pas son équipe, il est englué dans les demandes de financement, évaluations et autres rapports d’activité et financiers… A-t-il encore du temps pour ses recherches  ? Guère, ce qui peut le pousser à la fraude  : de la simple négligence au trucage, voire – pratique non réservée à la presse – à la retouche des images.

Comble de l’absurde, le savant se voit obligé d’expliquer à l’avance aux financeurs ce qu’il va découvrir, et gare à celui qui n’atteint pas ses objectifs  ! « Monsieur Einstein, pouvez-vous nous livrer une théorie de la relativité pour dans trois ans  ? » se moque malicieusement l’auteur, qui épingle bien ces pratiques mais avance malheureusement peu d’exemples chiffrés (nombre de fraudes, heures perdues, coût de l’évaluation…). Quid de la prise de risque, de la créativité, des projets à long terme  ? Disparus, comme la sérendipité, cette propension à trouver une chose qu’on ne cherchait pas  ; impensable au sein d’un projet trop cadré.

Le généticien est réaliste mais pas désespéré. S’il critique les « people » de la science, il rappelle que la majorité des six millions de chercheurs dans le monde fait bien son travail, et que tout n’est pas à jeter. En revanche, il apporte assez peu de solutions pour redorer le blason de la recherche scientifique, excepté l’émulation entre équipes d’un même domaine et la fédération des champs de recherche. Servi par de nombreuses métaphores et un humour subtil, mais parfois un rien caricatural et acide, ce court essai est un manifeste pour le retour du scientifique honnête homme de la tradition humaniste.

La Science à bout de souffle  ? de Laurent Ségalat. Éditions du Seuil, 2009, 110 pages, 12 euros.

Article publié dans l’Humanité du 18 décembre 2009

Masdar, ville modèle ou mirage du désert ?

HSSAclimat Ce devrait être la première ville « zéro carbone, zéro déchet, zéro voiture, 100 % énergies renouvelables » (1). Implantée près d’Abou Dhabi, elle se veut une vitrine pour les technologies les plus innovantes.

Son nom, Masdar, signifie « source » en arabe. Et c’est en plein désert, à environ 30 kilomètres à l’est d’Abou Dhabi, qu’elle va s’implanter sur 6 kilomètres carrés. Pour construire cette vitrine high tech, qui devrait accueillir 50 000 habitants en 2016, les Émirats arabes unis vont dépenser 10 milliards d’euros. Son plan, conçu par un cabinet d’architecture britannique, combine tradition et ultra-modernité, dans une intention bioclimatique. A l’image des médinas, Masdar possèdera une muraille protectrice contre les vents, un plan carré, des constructions denses, de faible hauteur et pour partie enterrées, et des ruelles étroites et couvertes, garantes de fraîcheur.

Quant à l’aménagement du centre ville, imaginé par une agence australienne, il présentera toute une série de concepts futuristes : toitures végétalisées intégrant des cultures vivrières, angles de façades modulables pour accentuer ou réduire le rayonnement solaire, détecteurs de chaleur régulant l’éclairage public selon le trafic des piétons, et surtout d’immenses tournesols-ombrelles qui s’ouvriront pour protéger du soleil une place piétonne, avant de se refermer le soir.

Autre secteur d’innovation : les transports. La marche à pied et le vélo seront privilégiés et 3 000 véhicules électriques expérimentés. Ces podcars ou Personal Rapid Transit (PRT), réalisés par l’agence de design italienne Zagato et la firme allemande 2getthere, sont des véhicules sans chauffeur, de 4 à 6 places. Ils se déplaceront au choix des passagers vers des stations préétablies, guidés par des aimants implantés dans la route. Leur batterie lithium-ion leur confèrera une autonomie de 3 heures. D’autres PRT assureront le fret et la gestion des déchets (2). Le recyclage concernera 90 % des eaux usées, utilisées pour l’irrigation des cultures destinées à l’alimentation et aux biocarburants.

L’alimentation de la cité en énergie sera assurée par des éoliennes et un champ de panneaux solaires, de type photovoltaïques concentrés (CPV), qui suivent la course du soleil et concentrent la lumière à l’aide d’un système optique. Encore onéreux et sensibles à la chaleur et aux vents chargés de sable, ils sont néanmoins deux fois plus efficaces que les précédentes générations de capteurs.

La cité accueillera 1500 entreprises et un institut scientifique dédié aux technologies vertes et aux énergies renouvelables, ainsi que le siège du tout nouveau Irena (Institut international pour les énergies renouvelables), dirigé par la française Hélène Pelosse. Abou Dhabi espère que Masdar deviendra la « Silicon Valley » des énergies renouvelables. Aujourd’hui doté de la pire empreinte écologique du monde, l’émirat sait que son économie dépend d’une énergie à bout de souffle, le pétrole. Et s’inquiète de son avenir, quand les puits seront vides.

Notes :

(1) L’énergie proviendra essentiellement du solaire, complété par l’éolien et le traitement des déchets non recyclables.

(2) 50 % des déchets seront recyclés, 33 % serviront à produire de l’énergie et 17 % seront compostés.

Sciences et Avenir Hors-série déc.09 : Climat – Vivre autrement

Les cyclistes sur la bonne piste

HSSAclimat En un an, le nombre de bicyclettes en libre-service a été multiplié par cinq. La vélorution douce est en route !

A Toulouse, 2400 Vélô, à Lyon, 4000 Vélo’v ; 1600 Vélomagg’ à Montpellier et près de 24 000 Vélib’ en Ile-de-France. Dans la seule année 2007, le nombre de villes françaises disposant de vélos en libre-service (VLS) est passé d’une dizaine à 54, avec une moyenne de 0,33 vélo pour 100 habitants*. En deux ans, la flotte nationale a explosé, passant de 6000 à plus de 40 000. Sachant qu’à Lyon, un seul Vélo’v est utilisé 10 fois par jour en moyenne, que de kilomètres parcourus ! Dans certaines villes, le phénomène ne date pas d’hier. La Rochelle et Rennes ont ainsi enfourché la bicyclette dès 1974 et 1998, bien avant Lyon (2005) et Paris (2007). Dans ces villes, les VLS sont de véritables ambassadeurs du vélo urbain et entraînent dans leur sillage ceux qui avaient relégué leur bicyclette à la cave : le ministère de l’Ecologie a observé une croissance de 4% de l’usage général du vélo en ville en 2008. Pistes cyclables et autres aménagements urbains se multiplient. Maillot jaune dans plusieurs catégories, l’agglomération de Strasbourg, avec plus de 35 % de voirie aménagée dont près de 15 % en zone 30 (faible vitesse, ralentisseurs, rétrécissement de chaussée), 12 kilomètres d’aires piétonnes et cyclables, 3 places de stationnement sécurisées pour 100 voyageurs près de la gare, 64 km de double-sens cyclables (circulation des vélos face aux voitures dans une rue à sens unique). Résultat : en centre-ville, un quart des déplacements mécanisés s’effectue à vélo*.

Face à un tel développement, on pourrait craindre une augmentation des accidents. A Paris, 6 utilisateurs de Vélib’ sont décédés depuis 2007 et 630 cyclistes ont été blessés en 2008. Mais selon la FUBicy (Fédération française des usagers de la bicyclette), « plus de vélos signifie moins d’accidents » : à Lyon et Paris, le risque d’accident rapporté au nombre de déplacements à vélo a diminué (1,7 fois plus faible qu’en 2003 à Lyon et 30 % inférieur à 2007 à Paris).

Restent les points noirs. Parmi eux, la gestion du trafic : le matin, les stations proches des bureaux et universités sont souvent surchargées et celles des quartiers résidentiels dépouillées. Si la majorité de la régulation se fait naturellement, il faut parfois avoir recours à des véhicules qui ajoutent ou retirent des vélos ici ou là pour compenser voire anticiper les déséquilibres. Autre problème : l’entretien. Les cyclistes parisiens sont nombreux à trouver l’état des Vélib’ décevant, avec 16 000 vélos vandalisés et 8 000 disparus depuis 2007. La société JCDecaux refuse de communiquer le coût de ces dégradations.

Quid de la relation entre les grandes villes et leurs banlieues ? A Paris, 36 % des utilisateurs de Vélib’ résident en dehors de la capitale. Voilà pourquoi la ville a récemment financé l’ajout de 300 stations dans les 30 communes limitrophes. Le VLS gris est également de plus en plus couplé avec des transports en commun, pour commencer ou achever son trajet. Résultat : 46 % d’utilisateurs affirmaient moins utiliser leur voiture au profit de Vélib’ en 2009, contre 28 % en 2008.

Emancipé de l’usage récréatif de son cousin des champs, le vélo des villes perd ainsi peu à peu son image rétrograde et devient un véritable mode de transport « collectif individuel », comme le qualifie le sociologue Bruno Marzloff.

Note : Enquête de la Fubicy et du Club des villes cyclables (2007)

Sciences et Avenir Hors-série déc. 09 : Climat – Vivre autrement

Habiter autrement

HSSAclimat Passive, BBC, à énergie positive, autonome… Il n’existe pas un modèle unique de maison écologique. Mais toutes obéissent à un certain nombre de règles. Ainsi, dès le projet, les maisons vertes doivent se fondre dans le territoire et en tirer parti pour le meilleur : prise en compte du climat, du relief, des ressources et des traditions régionales, mais aussi orientation nord-sud pour profiter de l’ensoleillement, présence de végétation au sud en guise de protection solaire ou d’un talus au nord pour stopper le vent (1), volume compact du bâtiment pour limiter les pertes d’énergie. Les matériaux doivent être issus des filières écologiques locales pour amoindrir l’énergie « grise » qui a servi à leur fabrication et leur acheminement (2). Bien sûr, ils sont recyclables, en prévision du futur démantèlement de l’habitation. Entre sa naissance et sa mort, la maison, bien isolée (3), respire (4), se chauffe et s’éclaire en puisant son énergie dans la nature (5), évoluant tel un être vivant, en symbiose avec son environnement. Mais aussi avec ses habitants, car sans leur participation (6) et (7), pas de maison vraiment verte !

(1) Penser bioclimatique

Dans l’idéal, exposer 50 % de la surface vitrée au sud (véranda avec double ou triple vitrage), 40 % à l’est et à l’ouest, 10 % au nord. Prévoir les pièces à vivre plutôt au sud, avec peu de cloisons, et les espaces tampons (buanderie, cuisine) non chauffés au nord. Pour éviter de souffrir de la chaleur l’été, planter des arbres à feuilles caduques (bouleau, cytise, figuier, frêne) au sud : ils protègent de la chaleur mais laissent passer le soleil en hiver. Installer également des brise-soleil (avant-toits) et adapter la position de la maison à l’éventuel relief (colline et talus protègent des vents dominants). Une bonne orientation diminue les besoins en chauffage de 15 à 30 %.

(2) Choisir les bons matériaux

Privilégier les matériaux de construction adaptés au climat et aux filières locales : structure à ossature bois avec caissons remplis d’isolants (paille, terre, chanvre…), structure poteaux-poutres avec remplissage en panneaux isolants, briques monomur creuses qui se passent d’isolant, bétons écolos (Clinker, Cemroc, béton cellulaire, de chanvre) ou bois massif…

(3) Bien isoler

Isolants à base minérale (laine de verre ou roche), synthétique (polystyrène…), végétale (liège, chanvre, lin, cellulose) ou animale (laine de mouton, plumes de canard) : les solutions sont multiples, chaque produit ayant ses avantages et inconvénients. Les gains en isolation varient de 5 à 30 % selon les endroits de la maison (murs, ponts thermiques, toiture). Une toiture ou terrasse végétalisée (lierre, vigne, glycine, bougainvillier) atténue les variations thermiques de 40 %.

(4) Ventiler

Le puits canadien capte l’air extérieur et le fait circuler dans un tuyau enterré à 2 mètres de profondeur, ce qui le réchauffe l’hiver et le refroidit l’été grâce à l’inertie thermique du sol. L’échangeur de chaleur de la ventilation mécanique contrôlée (VMC) double flux récupère les calories de l’air vicié évacué pour réchauffer l’air entrant (avec des rendements compris entre 60 % et 90 %). Bien isolée et ventilée, la maison ne nécessite plus de chauffage (sauf hiver particulièrement rigoureux) soit une économie des deux tiers de l’énergie.

(5) Privilégier les énergies vertes

Selon la région, choisir le solaire, l’éolien, le bois de chauffage ou la pompe à chaleur associée à un plancher chauffant. Pour un chauffe-eau solaire, 2 à 8 m² de capteurs plus un ballon de 250 à 400 litres couvrent de 40 à 80 % des besoins pour 4 personnes. Si l’on combine eau chaude et chauffage, il faut 10 à 20 m² et un ballon de 500 à 2000 litres pour couvrir 50 % des besoins annuels d’une maison de 100 m². Grâce à la revente de l’électricité en surplus à EDF, des capteurs photovoltaïques intégrés au bâtiment procurent environ 1200 euros de revenus par an et sont amortis entre 5 et 10 ans. Une pompe à chaleur économise entre 2/3 et 3/4 de chauffage.

(6) Gérer l’eau

Prendre une douche quotidienne au lieu d’un bain permet d’économiser 36 000 litres d’eau par an. La récupération de l’eau de pluie et des eaux grises (douche et lavabo) abaisse la consommation d’eau d’environ 40 %.

(7) Adapter son comportement

Laver à 30°C, éteindre les appareils électriques en veille, choisir des lampes basse consommation qui brûlent 4 à 5 fois moins d’énergie et durent 6 à 10 fois plus longtemps (championnes : les LED avec une efficacité lumineuse comprise entre 20 et 130 lumens/watt et qui atteindra 200 lm/W en 2020). Chauffer à 19° le jour et 17° la nuit : une baisse d’un degré économise 7 % d’énergie. Un gestionnaire d’énergie bien calibré permet d’atteindre jusqu’à 20 % d’économie.

Mini-éolienne : pas pour tout le monde

Seuls les terrains situés dans une zone de développement de l’éolien (ZDE) peuvent bénéficier du rachat par EDF de l’électricité produite au même prix qu’à la vente (8,34 centimes le kW), un tarif pour l’instant moins intéressant que le solaire (30 à 55 centimes le kW). L’éolien bénéficie du crédit d’impôt de 50 % et parfois d’aides des collectivités locales. Si vous vivez dans une zone ventée comme la façade ouest du pays, la vallée du Rhône ou la côte languedocienne, prévoyez une zone de 500 m² dégagée de tout obstacle autour de l’appareil, qui sera placé à 50 mètres de la maison, dans un jardin accessible facilement. Seules les éoliennes de moins de 12 m de hauteur, peu productives, ne sont pas soumises à un permis de construire. Le coût d’installation standard est de 20 000 euros en moyenne pour une production comprise entre 2 et 20 kW, soit 40 à 80 % de l’électricité d’une maison. Malgré les aides, il faut près de 10 ans pour amortir l’investissement.

Infographie de Mehdi Benyezzar visible dans le hors-série de Sciences et Avenir

Et la mer dans tout ça ?

                               Le sommet de Copenhague (1) a à peine commencé que j’en ai déjà marre… Les médias se sont emparés de cet événement avec la frénésie qu’on leur connait. Bien sûr, on parle du climat (ça ne fait jamais de mal) et notre vision du monde a l’air de changer. Mais soyons réalistes… il s’agit avant tout de politique (j’ai presque envie de dire d’un « coup de pub »).

Trop cynique ? Allez hop, un petit tour à Boulogne-sur-Mer (2) pour me calmer en reniflant avidement l’air iodé de la côte d’Opale ! Pas de vacances impromptues mais un voyage de presse à Nausicaá (3), le Centre national de la Mer.

                               Cette longue introduction pour enfin en venir au fait. Le CO2, c’est parfois un peu abstrait pour nous autres terriens. En revanche, les immenses étendues d’eau salées (70% de la surface de notre planète pour 1,36 milliards de km3) (4), ça c’est concret (et très lié au climat d’ailleurs). Mais pourquoi n’en parle-t-on pas plus ? Bon, c’est vrai, on en parle avec par exemple Tara, la Boudeuse, le problème du thon rouge, les marées noires et autres sac plastiques balancés à la baille et ingérés par les tortues et cormorans (5)… Mais que de confusion ! Il s’agit pourtant à chaque fois de la même chose : la mer, tout ce qui vit dedans, et par extension… nous !

                               En effet, notre futur est inextricablement lié à celui de la mer. S’en rendant compte, les politiques ont fait des propositions entre avril et juillet dans le cadre du Grenelle de la mer (voir les rapports des groupes de travail). Malheureusement, cette initiative ne dépasse pas les frontières maritimes françaises…

Pour s’informer et comprendre les enjeux liés à la mer, Nausicaá est une étape obligatoire, avec ses 5000 m², ses 40 aquariums et terrariums et ses 35 000 animaux marins. Bien plus qu’un simple aquarium, le Centre a été pensé dès les années 1980 par trois océanographes dont Philippe Vallette, aujourd’hui directeur du site, avec qui j’ai eu l’occasion de parler (et de manger des coquilles Saint-Jacques et du lieu noir, mais c’est une autre histoire).

                               « Ce complexe touristique consacré à la découverte de l’univers marin et à l’exploitation de ses ressources par l’Homme » (6) a ouvert ses portes en 1991. Aujourd’hui, « plus de 10 millions de visiteurs de l’Europe entière » (6) l’ont découvert. Les poissons qui y barbotent ne sont pas des faire-valoir mais bien des participants de la scénographie. Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls à ravir les petits et les grands. On croise par exemple un caméléon, des crocodiles, des énormes et néanmoins graciles lions de mer, des manchots du Cap (heureux parents d’un petit né récemment en captivité)…

                               L’exposition temporaire « Rencontres à Madagascar » visible jusqu’à la fin 2010 apporte des exemples concrets de liens durables entre l’homme et son environnement. Là-bas, les populations locales, véritables « fermiers de la mer », ont mis sur pieds des projets pilotes comme l’élevage d’holothuries dont les asiatiques sont très friands (7).

Je conseille la visite de Nausicaá plus particulièrement à ceux qui, comme moi, n’ont pas eu l’occasion de vivre près de la mer. Nous sommes si peu sensibilisés et pourtant consommateurs de produits de la mer… Sur son site, le centre publie d’ailleurs à chaque saison de pêche une liste des poissons à consommer en priorité et des recettes pour bien les agrémenter. Un premier pas plutôt agréable vers la protection des océans…

*

*    *

Notes :

(1)  Voir les multiples articles sur ce sujet un peu partout mais aussi celui de Gayané Adourian

(2)  1er port de pêche français et 1er centre européen de transformation des produits de la mer

(3)  Dans l’Odyssée d’Homère, Nausicaá est la fille d’Alkinoos, roi des Phéaciens. Un jour, alors qu’elle joue avec ses servantes près de l’embouchure du fleuve, elle voit émerger des broussailles un homme dénudé et échevelé. Elle est la seule à ne pas s’enfuir à la vue de cet homme prénommé Ulysse. Elle lui donne de quoi se vêtir et se restaurer, avant de l’accompagner dans le village de son père. Le recevant avec les honneurs, celui-ci le fait ensuite raccompagner jusqu’à Ithaque où il retrouve les siens… (d’après le dossier de presse)

(4)  Selon L’Atlas de l’océan mondial, de Jean-Michel Cousteau et Philippe Vallette (Editions Autrement)

(5)  Voir à ce propos l’article de Gayané « Bienvenue sur la planète marron »

(6)  D’après le dossier de presse de Nausicaá

(7)  Lire Madagascar, l’île océan, de Philippe Vallette, Christine Causse et le photographe Alexis Rosenfeld (Editions Autrement)

Photos : Marion Sabourdy