Improbablologie, le retour !

Pierre Barthélémy (@PasseurSciences) et Marion Montaigne (nouvellement sur Twitter : @Prof_Moustache) ont remis ça ! Quoi donc me demanderez-vous ? Ils recommencent à parler de sexe, d’alcool et de musique country… Vous n’avez rien compris ? Bon, OK, on rembobine et on recommence ! « Improbablologie et au-delà » (Dunod) est le 2ème recueil de chroniques du journaliste Pierre Barthélémy publiées de novembre 2012 à décembre 2013 dans le supplément « Science et Médecine » du journal Le Monde (Pierre tient aussi ce blog).

A l’image des Prix IgNobel, qui récompensent chaque année les recherches les plus improbables, il est question dans ce livre d’ogres, de chercheur chaste, de rôti de porc, de morve, de convaincantes foutaises, de scrotum et de Spiderman. Curieux programme me direz-vous. C’est pourtant celui que le journaliste a sélectionné pour nous, scrutant avec minutie les journaux scientifiques les plus sérieux – voire même les plus austères – pour y sélectionner les publications les plus loufoques.

Avec une idée en tête : « faire sourire puis réfléchir, voir comment la méthode scientifique est capable de répondre à de multiples questions, aussi absurdes ou cocasses soit-elles ». Le premier recueil ayant reçu le prix « Le goût des sciences 2013 », qui récompense les ouvrages « facilitant l’accès du plus grand nombre à l’univers scientifique », je ne vous ferai pas un dessin à la fois sur l’intérêt du bouquin, sur l’écriture, drôle et maîtrisée (merci pour ces bons mots et ces jeux de mots savoureux) et même sur les références aux chansons populaires et aux blockbusters hollywoodiens pour donner envie à tous de découvrir les sciences.

En 50 chroniques courtes et savoureuses, on fait la connaissance d’un jeune homme qui glisse une grenouille en plastique dans sa vessie, de mangeurs de compétition, d’un homme qui pèse ses poils, d’helminthologistes (les chercheurs qui étudient… les vers parasites !), de pigeons esthètes ou encore d’un chercheur très énervé. Pratique, ce livre vous proposera également une solution pour ne pas trop dépenser votre argent en shopping ou encore une recette pour fabriquer un rôti de sein ! Enfin, il vous révèle que les mammifères mettent en moyenne 21 secondes à se soulager (vous testerez…).

Et au milieu de ces réjouissantes, on prend conscience que le journaliste n’est pas le seul à se moquer (avec tendresse) des chercheurs. Eux-mêmes ne manquent pas d’humour, dans leur manière de rédiger leurs résultats, voire de courage, quand ils s’opèrent eux-mêmes (les plus frileux se rabattant sur leurs étudiants) !

Du côté des illustrations, Marion Montaigne, sa consoeur en Improbablologie comme elle le prouve régulièrement sur son blog, vient compléter, de son œil taquin, certaines chroniques et permettra sûrement d’en rajeunir le lectorat, qui suit chaque semaine

Bref, un livre à lire, à offrir et à ranger à côté de ceux de Roland Lehoucq (quelques similitudes quand Pierre prend des exemples du côté du cinéma et de la science-fiction), des autres ouvrages de Marion Montaigne et des DVD de Myth Buster (parce qu’on y retrouve le même enthousiasme).

Vulgarisation : les recettes de deux journalistes scientifiques

Quel est votre meilleur souvenir lié aux sciences ? Un prof de math passionnant (mais si, mais si !), un bouquin captivant, une nouvelle étonnante vue à la TV, un film de science-fiction qui vous a scotché, une expérience proposée par un doctorant lors de la Fête de la science ou encore un événement d’ampleur planétaire comme « l’amarsissage » (atterrissage sur Mars) du rover Curiosity ?

Qui ne s’est jamais demandé comment étaient produits ces livres ou ces images ? Où est-ce que les journalistes trouvent leurs idées ? Que font les chercheurs dans leurs labos ? Vous-même doctorant, chercheur, ingénieur, vous aimeriez vous lancer et raconter votre travail mais ne savez pas vraiment par où commencer (votre dernière tentative, à un repas de famille s’est soldée par la chute du dentier de mamie, qui s’est endormie en vous écoutant )… Pour répondre à ces interrogations, la journaliste scientifique Cécile Michaut vient de publier le livre « Vulgarisation scientifique, mode d’emploi » aux éditions EDP sciences.

En cinq chapitres, Cécile revient sur les raisons qui poussent les chercheurs à partager leur passion pour les sciences et la découverte (rendre des comptes aux citoyens, faire progresser sa propre pratique, trouver des financements, faire naître des vocations…), sur les différentes formes de vulgarisation (livre, conférences, expositions, animations, bar des sciences, théâtre, débats…) et sur les éléments à garder en tête ou les pièges à éviter quand on se lance (connaître son public, choisir son message…) (1).

On y apprend que les Français, comme les Allemands ou les Japonais sont bien plus réticents à vulgariser leurs recherches que les Anglo-saxons. Qu’il n’existe pas de réelle formation à la vulgarisation dans les cursus de « sciences dures » (ni à la pédagogie ou à l’histoire des sciences d’ailleurs) et que beaucoup de vulgarisateurs en herbe ont peur de manquer de légitimité. Assez fou de voir à quel point la prise de parole en public, les projets pluridisciplinaires ou l’humour bloquent encore pas mal de scientifiques… Par ce livre et les formations qu’elle propose, Cécile Michaut tend à rassurer ces scientifiques et à les aider à se lancer, en leur montrant les avantages que la vulgarisation peut apporter à leur travail de chercheur et / ou d’enseignant.

Point fort du bouquin : les 15 portraits de vulgarisateurs (chercheurs, journalistes ou animateurs) dont les témoignages complètent bien le reste du livre et donnent des pistes pour aller plus loin : l’envie d’innover de Julien Bobroff (2), le travail sur l’estime de soi par Claire Le Lay, l’accent mis sur la médiation plutôt que la vulgarisation par Richard-Emmanuel Eastes, le constat du peu d’ouverture des sciences dures aux sciences humaines par Pierre-Henri Gouyon, le combat contre les stéréotypes de Catherine Vidal (voir sa participation à TEDx Paris en 2011 : « Le cerveau a-t-il un sexe ?« ), le besoin de se donner du temps revendiqué par Etienne Klein, l’expérience ShakePeers (diffusion de la connaissance sous forme vulgarisée, libre, collaborative et ouverte) lancée par Vincent Bonhomme, l’utilisation de la science-fiction par Roland Lehoucq, le militantisme de Valérie Masson-Delmotte, la séduction portée en étendard par Marie-Odile Monchicourt, etc. Si je peux faire ma pointilleuse, il manque peut-être un ingénieur blogueur au C@fé des sciences et une doctorante amatrice de Twitter ;-)

J’en profite également, une fois n’est pas coutume, de déplorer le peu de femmes présentes en exemple. Nul oubli ou négligence de la part de l’auteur. Simplement, les femmes en sciences et dans la vulgarisation sont soit moins nombreuses, soit osent moins se lancer et doivent parfois compter sur le soutien de chercheurs hommes plus âgés pour se rendre compte qu’elles sont légitimes dans cet exercice. Heureusement, on compte des blogueuses et des jeunes femmes douées comme Marie-Charlotte Morin, la gagnante française du concours « Ma thèse en 180 secondes » (et deuxième à la finale internationale), pour donner l’exemple ! (3)

Ce « guide », à ma connaissance le premier du genre en France, est publié 6 ans après le « Guide de vulgarisation », écrit par Pascal Lapointe, lui aussi journaliste scientifique, mais de l’autre côté de l’Atlantique à l’Agence Science Presse (Québec). Si les deux livres proposent globalement des conseils autour des meilleures manières de vulgariser (4), l’ouvrage québécois, deux fois plus épais (332 pages contre 160), passe plus de temps autour du journalisme scientifique, des conseils pour les non scientifiques, de la manière dont le vulgarisateur peut « se vendre » auprès des rédactions et, surtout, des possibilités d’internet.

En avance sur cette réflexion, Pascal Lapointe et l’Agence Science Presse proposent d’ailleurs très régulièrement des billets de blog sur les questions de journalisme scientifique, de crise de la presse, de la relation entre blogueurs, chercheurs et journalistes, etc. Pascal a notamment rédigé le livre « Science, on blogue » avec Josée Nadia Drouin et dirigé l’édition des recueils annuels « Les meilleurs blogues de science en français » (2013 dans laquelle figure un de mes billets \o/, 2014).

Pour résumer, le livre de Cécile, plus court et plus facile à trouver du côté français trouverait bien sa place à côté de toutes les machines à café des labos français, pour pouvoir être lu par tous les doctorants, chercheurs ou ingénieurs de recherche qui passent par là. Il leur donnera envie de se lancer et pourra s’accompagner d’une formation de un à trois jours, par l’auteur (voir également son blog). Quant aux plus mordus, le livre de Pascal leur permettra d’aller encore plus loin, avec l’ouverture qu’on connait aux québécois sur la culture anglo-saxonne ! Dans les deux cas, n’hésitez pas à discuter avec eux sur Twitter : @CecileMichaut & @paslap !

>> Notes :

  1. L’auteur a fait le choix d’évoquer des exemples « classiques » de vulgarisation scientifique (normal, puisqu’elle s’adresse à des personnes souhaitant se lancer). On peut se demander s’ils sont adaptés au public « distant », celui qui ne va pas aux expositions et aux conférences…
  2. Julien Bobroff a lancé le groupe de recherche « la physique autrement ». Il est également très actif sur Twitter (@jubobroff)
  3. Lire notamment le billet « Où sont les vulgarisatrices ? » sur le blog de Cécile Michaut
  4. Ils ont aussi tous les deux fait le choix d’un dessin humoristique en couverture ! L’occasion de rappeler l’intérêt des illustrations et des BD sur les sciences, comme le blog de Marion Montaigne

Zapping Echosciences #6

Suite de la liste des articles que j’ai écrits pour Echosciences Grenoble ! Pour les curieux, voici les zappings #1, #2, #3, #4 et #5 ! Cliquez sur les titres des articles pour les lire.

Le Garage hélicoïdal : un écrin de béton en plein centre de Grenoble

Qui dit « Grenoble » et « béton armé » pense souvent à la Tour Perret. Mais la capitale des Alpes cache une autre construction non moins impressionnante : le Garage hélicoïdal.

2014 : année internationale pour le Collectif Coin

En décembre dernier, nous avons rencontré Maxime et Valentine, du Collectif Coin. Ils nous ont raconté leurs créations de 2013 et leurs projets pour 2014, à l’international.

Ils ont tweeté les sciences à Grenoble en 2012 & 2013

Ils ont tweeté des instantanés de la vie culturelle, scientifique, technique ou industrielle à Grenoble. Retour sur les tweets qui nous ont marqués en 2012 et 2013 ! Attention, sélection totalement subjective ! ;-)

Jean-Pierre Andrevon : « le mythe du dernier homme m’a toujours passionné »

Rencontre avec Jean-Pierre Andrevon, auteur grenoblois engagé, qui a marqué la science-fiction française avec ses récits d’un monde enfin débarrassé de l’être humain.

Le mythe médiéval dans les séries télévisées

Le 5 février dernier, des doctorants des Universités de Grenoble-3 et de Savoie invitaient Anne Besson et Claire Cornillon pour une séance autour du mythe dans les séries télévisées, consacrée à Game of Thrones.

Paxitech : piles à hydrogène pour nomades connectés

Leader européen dans le domaine des piles à hydrogène compactes, l’entreprise Paxitech, à Echirolles, s’inspire du mode de vie nomade des grenoblois et se tourne vers les jeunes.

Pascal Picq : un paléoanthropologue dans l’entreprise

Le jeudi 27 février dernier, le paléoanthropologue Pascal Picq était invité à intervenir lors d’un événement autour de l’innovation à l’Université Joseph Fourier à Grenoble. Qu’a à dire un tel chercheur sur ces sujets ? Extraits en quelques tweets !

Fondation Grenoble-INP : mécénat scientifique & relations humaines

Rencontre avec Valérie Bonnardel, directrice de la Fondation Partenariale Grenoble-INP. L’occasion d’évoquer le rôle d’une telle fondation et notamment son engagement auprès des femmes.

Emilio, Larissa, Markus… et les neutrons !

L’ILL est un organisme international et le prouve avec des vidéos de cinq « ambassadeurs ». Liz Moulin, responsable du Groupe recrutement et intégration nous en dit plus…

Basic Einstein : one-man-show d’humour scientifique à Eybens

Rencontre avec Damien Jayat, médiateur scientifique touche-à-tout qui propose un spectacle d’humour scientifique. Entre l’infiniment grand et l’infiniment petit se niche l’infiniment drôle !

L’Oréal et l’UNESCO pour les femmes et les sciences

Les 18 et 19 mars derniers, 20 femmes scientifiques du monde entier étaient récompensées à Paris pour leur recherche. Et si ça donnait des idées à nos doctorantes grenobloises ?

Initiation aux sciences du numérique : Inria & UJF main dans la main

Depuis la mise en place de la spécialité Informatique et Sciences du Numérique en terminale S, l’Académie, Inria et l’UJF initient et forment les enseignants.

La SF dans le FabLab avec Damasio, Diard et Echenay

Pour fêter les 10 ans de La Volte, La Casemate, Les Rêv’Ailleurs et O’Merveiles ont proposé une table ronde vendredi 18 avril avec Alain Damasio, Julien Diard et Mathias Echenay. Retrouvez la vidéo et le compte-rendu en tweets.

Jean Lilensten : chasseur d’aurores, sculpteur de lumière

Il chasse les aurores et en recrée en miniature pour ceux qui ne peuvent pas les contempler en vrai. Rencontre avec Jean Lilensten à l’occasion de la sortie de son dernier livre.

Eric Lewin : un grenoblois sur Mars

Sa 2ème voiture crame des cailloux sur Mars ! Rencontre avec le géochimiste grenoblois passionné par la planète rouge, les météorites et la littérature.

Les lycéens de Stendhal prennent la plume et la blouse des Experts

Des chercheurs lyonnais et grenoblois proposent à des lycéens grenoblois de créer des polars mettant en scène la police scientifique pour étudier l’image des sciences et des techniques chez ces jeunes.

>> Crédits photos : indiqués en bas de chaque article !

Des réseaux sociaux au FabLab : la culture scientifique et ses publics

L’arroseuse arrosée ! J’ai eu l’honneur d’être interviewée par Marion Coville pour le 8ème numéro de la sympathique revue POLI (« Politique de l’image »), sorti en février 2014 et dont le thème est «  Les images de la science  ». Vous trouverez ci-dessous quelques extraits de l’article en question : « Des réseaux sociaux au FabLab : la culture scientifique et ses publics » (7 pages tout de même !). Pour acheter le numéro (ce que je vous recommande fortement), c’est par ici.

Marion Coville : (…) Au sein des médias, quels sont les enjeux de la vulgarisation scientifique et comment s’organise la pratique du journaliste, situé à l’intersection entre scientifiques, médias et publics ?

Marion Sabourdy : Il me semble qu’il y a autant de manières d’appréhender les sciences et la vulgarisation scientifique qu’il y a de médias et de journalistes. De mon côté, depuis 2007, j’ai eu l’occasion d’écrire sur plusieurs supports qui avaient chacun leurs propres contraintes (…). J’étais tour à tour plutôt concentrée sur l’actualité (…), sur un dossier de fond voire sur la réflexion autour de ma propre pratique, via mon blog, les échanges avec d’autres professionnels sur les réseaux sociaux et les différents billets que j’ai écrits ou édités pour le blog de Knowtex. (…) Si je devais résumer mon impression après ces quelques années : parler de science, c’est aussi bien évoquer les résultats scientifiques, l’histoire des sciences, la recherche, les gens qui la font et la manière dont les sciences et techniques impactent notre société (…).

M.C. : Du point de vue de la diffusion et de la médiation des sciences à un large public, comment concevez-vous le rôle d’un Centre de culture scientifique, technique et industrielle (CCSTI) ? Quels sont les enjeux d’un tel lieu ?

M.S. : Les rôles et les enjeux des CCSTI ne me semblent pas si différents de ceux des médias scientifiques (…) La principale différence, c’est que la grande majorité des CCSTI propose un lieu d’accueil des publics (…). Je vois aussi un autre avantage par rapport aux médias nationaux : l’implantation locale des CCSTI. En Limousin, où j’ai grandi, il existe un CCSTI pour la région et en Rhône-Alpes, où je travaille actuellement, il y en a même un par département ! (…) D’un point de vue plus personnel, j’ai un petit coup de cœur pour les actions à la frontière entre sciences et arts, qu’il s’agisse de la littérature, des arts numériques ou plastiques (…)

M.C. : Le programme Inmédiats interroge le rapport aux sciences des 15-25 ans. Y a-t-il des modes et des outils privilégiés pour diffuser la culture scientifique auprès de cette tranche d’âge ?

M.S. : (…) Du côté d’Inmédiats, nous lançons des projets depuis [2012]. Les FabLab pour commencer, qui permettent de concevoir des projets de fabrication variés, de la boîte à bijoux aux robots en passant par un jeu d’échecs ou une luge. Sans citer tous les projets nous travaillons en commun autour des notions de Living Lab (…), de Studio (actualité, captation en direct d’événements, mise en valeur de contenus), de mondes virtuels ou de serious games. Pour ma part, j’anime le groupe Communautés où, avec mes collègues, nous expérimentons autour de l’utilisation des réseaux sociaux (…) et des visites en ligne, nous réfléchissons à la manière « d’accrocher » une communauté sur un thème précis (…).

M.C. : Quel rôle occupent les différents réseaux et outils sociaux dans la diffusion des sciences et de la culture scientifique ?

M.S. : (…) En tant que responsable du blog [de Knowtex] de 2010 à 2012, aux côtés d’une équipe de geeks, j’ai eu l’occasion d’évoquer des initiatives françaises, ou de faire témoigner des porteurs de projets étonnants (…) Les « historiques » (…) sont sans doute les blogueurs scientifiques : ils constituent des pionniers qui se sont petit à petit rassemblés en communautés : le C@fé des sciences, Hypotheses.org ou Plume. Certains journalistes leur ont emboîté le pas et leurs blogs sont très suivis et commentés : {Sciences²} (Sylvestre Huet), Passeur de sciences (Pierre Barthélémy), Effets de Terre (Hervé Kempf). A noter que l’Agence Science Presse (Canada) vient d’éditer un recueil des meilleurs billets de blogs scientifiques francophones de l’année 2012 [entre temps, la nouvelle version est sortie !]. (…) Du côté de Twitter (…) [je] salue le CNES (Centre national d’études spatiales), qui organise régulièrement à Paris et Toulouse des « tweetups » où il invite des mordus d’astronomie à faire un live-tweet (…) de leur rencontre avec des ingénieurs (…) Les musées d’art sont un peu en avance sur nous : ils lancent des « campagnes » sur Twitter (…) en encourageant leurs visiteurs à utiliser des hashtags partagés comme #jourdefermeture (…) ou #cesoirjesors (…). Citons enfin les blogs dessins, comme celui de Marion Montaigne (…) et ceux des membres de Strip science, les podcasts comme Podcast science, les concours de pocket films (…) comme ceux que le service Science et Société – CCSTI du Rhône (…) organise, le mouvement de la recherche participative, comme Vigie Nature, du Muséum national d’Histoire naturelle (…), les serious games (…) ou encore les wikis, comme ceux des Petits Débrouillards. Et j’en oublie sûrement ! (…)

[+ trois autres questions, sur les événements de la communauté "culture scientifique et technique", l’Open science et les Fab Lab !]

Un grand merci à « Moossye » pour m’avoir donné l’opportunité de coucher sur le papier toutes ces réflexions et ces rencontres :-)

Novaterra : Odyssée spatiale pour les collégiens du Rhône

Il y a peu, j’ai eu la chance de discuter avec Christophe Monnet sur un des projets mené par le centre d’expérimentation multimédia Erasme, où il travaille. Il m’a présenté LaClasse.com, l’Espace Numérique de Travail (ENT) des collèges et des écoles du Rhône et en particulier le projet « Novaterra » que j’ai envie de partager avec vous aujourd’hui. Voici en quelques mots une présentation du projet, rédigée à partir de cette page et de mon entretien avec Christophe :

Chaque rentrée scolaire, depuis septembre 2009, des classes de collège et de primaire du Rhône sont cryogénisées et envoyées dans l’espace. Elles se réveillent en orbite autour d’une exoplanète, Novaterra, et font connaissance avec le personnel de bord, dont le « commandant » Francis Valéry, auteur de science-fiction et (ancien) responsable scientifique de la Maison d’Ailleurs, le musée de la science-fiction d’Yverdon-les-Bains, près de Lausanne (Suisse) [lire ma visite de ce musée]. Elles sont aussi accompagnées par des astrophysiciens de l’Observatoire de Lyon, du Planétarium de Vaulx-en-Velin et par le service des collections du Musée des Confluences. Leur mission : cartographier Novaterra et en décrire ses composantes (faune, flore, ethnologie, archéologie…) en vue de constituer son encyclopédie (textes, images, sons, etc.).

Tout au long de l’année, les élèves vont décrire cette planète avec leurs professeurs de français, d’art plastique, de musique, mais ils vont aussi l’étudier avec les professeurs de Science de la vie et de la terre et de physique. Ils répondent aux consignes de l’auteur, qui est à la fois commandant du vaisseau et éditeur de l’encyclopédie. Leur travail s’articulera autour de formes littéraires courtes, intégrant les notions de science / non-science. Ils s’interrogent ainsi sur la nature du vrai en science, de l’imaginaire et du réel. Les classes seront invitées à créer un champ linguistique original ainsi qu’une grammaire, une mythologie, des herbiers imaginaires, des instruments de musique, etc.

Elles s’enrichissent du travail des uns et des autres et obtiennent des conseils des équipes du Planétarium. Le musée des Confluences leur envoie des photos de spécimens tirés de ses collections d’histoire naturelle qui font écho aux espèces imaginaires trouvées par les élèves. Ce sont aussi des rencontres réelles : en début d’année, les professeurs et tous les accompagnants se sont rencontrés pour décider du scénario, de la méthode de travail et se former aux outils collaboratifs que le centre Erasme développe et adapte spécifiquement pour ce projet. En milieu d’année, Francis Valéry et des scientifiques passent dans chacune des classes pour une rencontre. En fin d’année toutes les classes participent ensemble à une visite de l’Observatoire de Lyon et à un spectacle scientifique au Planétarium de Vaulx-en-Velin. Chaque année, 10 nouvelles classes participent à l’aventure en partant des travaux des classes précédentes.

Je trouve ce projet pédagogique – maintenant achevé – tout à fait enthousiasmant : il permet aux élèves d’aborder des tonnes d’informations scientifiques (presque) sans s’en rendre compte ! Il me fait penser à un livre, récemment publié : Exquise planète, aux éditions Odile Jacob, qui est la description d’une planète imaginaire, sous la forme d’un « cadavre exquis », par l’archéologue Jean-Paul Demoule, l’astrophysicien Roland Lehoucq, le paléontologue Jean-Sébastien Steyer et l’auteur de science-fiction Pierre Bordage.

>> Pour aller plus loin : découvrir toutes les classes culturelles numériques accompagnées par Erasme

Blogging : it’s (also) a girl thing !

Détournant le titre de la catastrophique campagne de la Commission Européenne pour la Recherche et l’Innovation qui souhaitait inciter les jeunes filles à se tourner vers des études scientifiques, je m’en vais vous proposer une petite liste de blogs de sciences en français tenus par des femmes. Parce qu’il en existe (et ouais !) et qu’on a parfois du mal à les citer au détour d’une conversation, mais surtout pour féliciter ces blogueuses et les inciter à poursuivre ! Je l’avais entamée en commentaire d’un article du blog « Tout se passe comme si » ; je me suis dit qu’en la partageant ici, on pourrait peut-être la compléter ensemble si vous le voulez bien :-)

Pour info, les blogs sont donnés dans le « désordre », sans volonté de ma part de les hiérarchiser, en termes de sujets ou d’auteurs. Il en manque encore beaucoup, aussi, je compte sur vous pour m’en suggérer en commentaires ! :-)

>> Au C@fé des sciences :

>> A l’Agence Science Presse (blogueuses et journalistes) :
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>> Sur Hypotheses.org

>> Dans d’autres communautés :
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>> Les dessinatrices :

>> Les médecins / infirmières :
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>> La culture scientifique et technique en général :

>> Les journalistes :
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>> Les tweeteuses :

>> En anglais (bah oui, un peu quand même) :
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>> Pas que des sciences :
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Merci à AntoineValentine, Julie, Martin C.Sham, Mr Pourquoi, Pierre, Emilie, Sirtin, Pascal, Sébastien, Max,  qui m’ont suggéré des liens ! :-)  A vous de jouer !
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>> IllustrationMike Licht (Flickr, licence cc)

Concours de nouvelles : « L’essentiel est de ne pas sacrifier la fiction à la science »

Quand on aime les sciences et la littérature, impossible de louper les concours de nouvelles de l’ENSTA ParisTech (Nouvelles avancées) et du Muséum de Toulouse (voir la page des concours) ! Ils ont lieu tous les ans depuis 2010 pour le premier, 2011 pour le second, avec des thèmes aussi inspirants et variés que « le meilleur des mondes », l’imprévu, l’eau, la violation des lois physiques, le « mélange des genres », la préhistoire, les météorites ou les ours ! J’ai eu la chance de rencontrer Laurence Decréau et Maud Dahlem (@MaudDahlem), les responsables de ces deux concours. Elles ont toutes deux accepté avec gentillesse et enthousiasme de répondre à mes questions :

Quels sont vos rôles respectifs ?

Laurence Decréau : Je dirige le Département « Culture, Communication » de l’ENSTA ParisTech, une grande Ecole d’ingénieurs. Plus concrètement : d’une part je définis le programme des cours dans ces disciplines (Philosophie, Epistémologie, Sociologie, Théâtre, Histoire de l’Art, Littérature, etc.) et j’anime l’équipe pédagogique. D’autre part, j’organise avec des élèves des événements transversaux mariant sciences et humanités : des tables rondes interdisciplinaires (« Rugby quantique »…), et le concours de nouvelles « Nouvelles Avancées ».

Laurence Decréau

Maud Dahlem : Je suis Chef de projets numériques au Muséum d’Histoire naturelle de Toulouse. J’ai pour mission de rendre accessibles les thématiques abordées au Muséum à tous les publics en ligne, dans les expositions et lors des activités, selon leurs usages et leurs centres d’intérêts, et de provoquer des échanges. En clair : donner les opportunités à nos publics de s’exprimer et de participer activement aux offres du Muséum.

Maud Dahlem à Museomix Grenoble, en novembre 2013

Pourquoi avoir lancé un concours de nouvelles ?

Laurence : Je milite pour une culture unifiée, mêlant sciences et lettres. Un concours de nouvelles à thématique scientifique permet la rencontre de deux univers trop cloisonnés : celui des scientifiques et celui des littéraires. Chacun y trouve matière à sortir le nez de sa « case » tout en gardant un pied dedans : les scientifiques laissent leur imagination guider leur plume – une fois n’est pas coutume ! – sur des sujets qui leur sont familiers ; les littéraires découvrent dans la science un vivier insoupçonné de sujets et d’intrigues…

Maud : Pour trois raisons : favoriser les regards croisés entre disciplines, donner aux personnes qui écrivent ou qui prennent des photos l’opportunité de s’intéresser aux sciences et permettre à ces mêmes personnes de s’exprimer auprès de l’institution et de ses publics.

Concours Nouvelles avancées 2014 – Illustration de Julie Lannes

Quel rapport entretenez-vous avec les sciences & la littérature ?

Laurence : Un rapport enfin pacifié ! Titulaire d’un bac scientifique, j’ai fait des études de lettres par passion – mais la nostalgie des sciences m’est restée. Il m’a fallu quelques années pour comprendre qu’il y avait moyen de concilier les deux.

Maud : Scientifique de formation, j’aime les sciences mais je lis aussi énormément. En revanche, je n’écris pas.

Concours du Muséum de Toulouse 2013

Comment se passe concrètement votre concours ?

Laurence : Nous choisissons le sujet avant les grandes vacances, et la remise des prix a lieu au printemps suivant. L’équipe organisatrice est constituée d’élèves-ingénieurs volontaires, environ une demi-douzaine, qui prennent en charge la création et la gestion du site, celle de la page Facebook, la communication auprès des étudiants ainsi que la préparation de la remise des prix (table ronde et cérémonie). Le choix du sujet et du visuel, le recrutement du jury et des partenaires, la conception du plan de communication et la coordination de l’ensemble me reviennent. Quant à la lecture des nouvelles, elle s’effectue en deux temps : un groupe de lecteurs volontaires choisis parmi nos partenaires (une quinzaine, cette année) sélectionne les 10% de meilleures nouvelles dans chaque catégorie (Grand public ; Etudiants en Sciences ; Elèves et classes du secondaire). C’est ensuite au jury de s’entendre sur le palmarès !

Nous avons reçu l’an passé 406 nouvelles : un quart venaient d’étudiants scientifiques, le reste du « grand public ». Cette proportion est à peu près constante d’année en année. Pour cette édition 2014, nous avons ouvert le concours aux classes du secondaire et avons reçu 476 nouvelles dont 190 du Grand Public, 165 des élèves et classes du Secondaire et 121 des étudiants scientifiques.

Les thèmes des concours Nouvelles avancées de l’ENSTA ParisTech entre 2010 et 2013

Maud : La question est vaste ! Le concours s’organise autour de dates libres et cohérentes avec la programmation générale du Muséum. Nous choisissons un thème en rapport avec une exposition ou un de nos sujets d’actualités, mais également intéressant et exploitable pour les personnes qui ne peuvent pas venir à Toulouse.

Nous ne souhaitons pas « coller » littéralement à ce qui est présenté au Muséum, afin de prolonger l’expérience vécue. Par exemple, dans le cas de notre premier concours « Racontez-nous une pré-histoire » (2011) [ndlr : lire les deux billets au sujet de ma participation ici et ], il fallait imaginer les conditions de vie (et de mort !) de deux femmes de la préhistoire dont les squelettes étaient exposés au Muséum. Une création différente de la démarche scientifique engagée dans l’exposition. En 2012, le sujet photo était « L’eau é-moi » pour recentrer le sujet sur l’individu – non traité en exposition – et sur l’émotion, un moyen d’impliquer le visiteur sur son engagement personnel vis-à-vis de l’eau.

Pour notre dernier concours, « Dans la peau d’un ours » (2013), il s’agissait d’un prolongement du dernier espace de l’exposition « Ours, Mythes et réalités » qui cherche à réconcilier l’homme à l’animal sauvage. L’ours est bien présent dans l’imaginaire, c’est aussi un sujet polémique. Avec le concours, les participants pouvaient s’exprimer sur le sujet sans pour autant craindre d’être jugés sur leur connaissance de la question.

Concernant l’animation du concours, j’avoue que c’est assez chronophage, surtout pour animer le blog et correspondre par email avec les participants. Car oui, il est aussi un peu humain notre concours, ce n’est pas juste une machine… Lors de nos trois éditions, entre 2011 et 2013, nous avons récolté respectivement 53, 62 et 210 nouvelles (dont 41 par des jeunes de moins de 18 ans) [ndlr : plus d’informations ici].

Les affiches des concours du Muséum de Toulouse en 2011 et 2012

Que vous apporte le concours, ainsi qu’aux participants et au jury ?

Laurence : En ce qui me concerne, ce concours est une aventure qui se renouvelle chaque année : il ouvre la porte aux rencontres les plus imprévues, permet de découvrir de vrais talents, et offre une plongée saisissante dans l’imaginaire de nos contemporains – jeunes et moins jeunes, scientifiques ou pas… Le jury, quant à lui, se prend chaque fois au jeu avec une passion qui m’ébahit : la précision des arguments démontre à l’évidence avec quelle attention les textes sont lus, et tout le monde s’étripe joyeusement lors du déjeuner de délibération. Quant à la remise des prix, elle tient à la fois du bar des sciences, du salon littéraire et du banquet d’Astérix : on y pulvérise les cloisons dans la jubilation. Ce qui est en somme le but de ce concours… Si j’en juge par la fidélité de nombre des candidats, la mission est plutôt réussie.

Maud : Les concours nous permettent de toucher des personnes sur des sujets concernant les sciences et la conscience du vivant et donc de les sensibiliser et/ou (encore une fois) de leur donner la parole. Nous pouvons ainsi pousser les murs du Muséum et communiquer/interagir au-delà de Toulouse et sa région. Cela a créé une communauté des amis du Muséum.

Les concours sont devenus des rendez-vous d’échange (à double / triple sens !) où tout le monde peu s’exprimer, pas seulement les scientifiques. Les participants sont très enthousiastes, certains communiquent avec moi quasi quotidiennement en m’envoyant des liens d’actu, des réflexions. D’autres m’écrivent comme si nous nous connaissions, ou même me joignent quand ils arrivent au Muséum pour parler 5 minutes. Ils leur manquaient peut-être une dimension humaine pour leur donner envie de s’introduire dans un muséum. Car nombreux sont les participants qui n’étaient jamais venus chez nous (pas la « culture musée », pas d’enfants…ou …ou) et qui reviennent par la suite !

Visite de l’exposition sur les squelettes, au Muséum, avant la remise des prix, en 2011

Est-ce dur de juger des textes qui mêlent sciences et littérature ?

Laurence : Un bon texte est un bon texte : qu’il contienne un zeste de science ou une louche, on le reconnaît vite ! Certains lauréats, manifestement peu férus de sciences, s’en sortent par une pirouette ; à l’inverse, un mordu d’équations est parvenu à tirer de la relativité d’Einstein un conte savoureux, avec des héros attachants… Tous les genres et couleurs se côtoient : SF, fantastique, réalisme. L’essentiel est de ne pas sacrifier la fiction à la science.

Maud : Ce serait une question à poser aux membres du jury ! Je la retiens donc pour le jour de la délibération.

Quel est le thème qui vous a le plus plu ?

Laurence : Celui de l’an passé : « Hors-la-loi : quand la pomme ne tombe plus ». Tout en étant le plus scientifique (la transgression d’une loi), c’est celui qui incitait le plus au délire… Un délire forcément méthodique ! Les résultats ont été à la hauteur.

Maud : Tous !

Table ronde sur « L’eau, enjeu mondial » avant la remise des prix du concours Nouvelles avancées 2012, à l’ENSTA ParisTech

Les nouvelles lauréates ont été publiées en numérique au Muséum et sur papier à l’ENSTA. Pourquoi ces choix ?

Laurence : Ancienne éditrice, je garde un gros faible pour le livre. C’est une façon de lui rendre hommage, alors que nos élèves sont plus coutumiers des écrans.

Maud : Lors de la première édition, nous collaborions avec la Bibliothèque de Toulouse. Une de leur démarches étant d’accompagner les lecteurs au numérique, nous sommes partis sur l’idée d’une e-publication. Le Muséum garde cette démarche, ce qui nous permet aussi d’être plus autonomes. L’accessibilité aux textes est plus grande et donc la diffusion plus efficace. Pour « Le caillou céleste » (2012), il y a eu près de 3 000 téléchargements. En 2013, nous avons été démarchés par l’éditeur Edilivre pour un partenariat. C’est une année test pour une version papier. A suivre….

Que pensez-vous de vos concours respectifs ?

Laurence : Chapeau pour l’originalité des sujets ! J’admire tout particulièrement cette façon de concilier une contrainte scientifique a priori assez restrictive (la préhistoire, forcément) et un angle très littéraire : le jeu sur le point de vue, avec « Dans la peau d’un ours », ou sur le genre (en l’occurrence : le polar), avec l’enquête sur les femmes assassinées… Cette approche est très astucieuse, de la part d’un musée : rien de tel que l’imagination pour s’apercevoir de l’infinie richesse d’un domaine, et donner envie de l’explorer dans ses moindres recoins.

Maud : Je suis le concours de l’ENSTA avec intérêt. J’aime son jury pluridisciplinaire et sa présentation claire. Ce concours profite du réseau de l’école, ce qui est une bonne chose aussi pour les prix à gagner. En revanche, je trouve dommage de n’avoir accès aux textes qu’en achetant le livre. Du coup, je n’en ai lu aucun !

De gauche à droite, le jury du concours 2011 de Nouvelles avancées : Olivier Rey, Roland Lehoucq, Jacques-Antoine Malarewicz, Andrea H. Japp, Sven Ortoli et les 1ers prix : Gulzar Joby (grand public), Thibaut Foch (Elèves, AgroParisTech)

Quels sont vos projets pour les futurs concours ?

Laurence : Agrandir l’audience, notamment du côté des étudiants scientifiques et des classes de lycées : le décloisonnement sciences/lettres pour lequel je prêche se pratique d’autant mieux qu’on s’y met plus tôt…

Maud : Notre prochaine exposition sera sur le thème des bébés animaux, à destination des 3-8 ans. C’est une exposition coproduite avec le Muséum d’Histoire naturelle de Bruxelles. Pour le concours, nous partirons peut-être sur le sujet de la filiation (ethnologique, génétique, etc.)… ou sur un autre thème, déconnecté de l’exposition temporaire. C’est encore en cours de discussion !

Un grand merci à vous deux pour vos réponses et bon courage pour la suite des aventures en terres de sciences et de fiction !

Journalistes scientifiques de France et de Navarre…

Unissez-vous ! ;-) Créée en 1955, l’Association des journalistes scientifiques de la presse d’information (AJSPI) regroupe 250 adhérents, dont environ 40% d’indépendants, appartenant à tout type de médias : presse écrite, radio, télévision, web… J’en suis moi-même membre depuis mon stage dans la rédaction de Sciences Actualités à la Cité des sciences en 2008, grâce à Olivier Boulanger et Viviane Thivent, que je remercie ici chaleureusement.

Le bureau de l’AJSPI compte 9 membres et se réunit une fois par mois. Cette association, la troisième plus grosse d’Europe, est membre fondateur de l’Union européenne des associations de journalistes scientifiques (EUSJA) [edit du 17/01 suite au commentaire de Cécile : l'ASPI n'est en fait plus membre de l'EUSJA mais de la Fédération mondiale des journalistes scientifiques, la WFSJ].

Très active, l’AJSPI organise des petits déjeuners scientifiques, des débats, des formations, des visites et voyages organisés et une bourse d’échange chercheurs-journalistes, que j’ai eu la chance de décrocher en 2011 et qui m’a permis de découvrir l’Unité Neurobiologie de l’Olfaction et Modélisation en Imagerie à l’INRA de Jouy-en-Josas et de rencontrer Roland Salesse, chargé de mission culture scientifique. En tant que jeune journaliste scientifique indépendante, l’adhésion à cette association m’a permis à l’époque de ne pas me sentir perdue dans le monde plutôt hostile de la pige.

Maintenant que je travaille à Grenoble, j’ai moins l’occasion de voir mes confrères mais j’ai tout de même pu en rencontrer à l’occasion des dernières journées « Science et Montagne ». J’ai également eu le plaisir de parrainer la talentueuse journaliste et illustratrice Aurélie Bordenave.

Aujourd’hui, sur Twitter notamment, je participe aux échanges et « débats » concernant le journalisme scientifique et ses liens potentiels avec le monde de la culture scientifique. Mathieu Rouault, entre autres, en fait de même avec le site Speak Science. Mon poste, à la Casemate, à la frontière entre journaliste scientifique et médiation (numérique) m’offre l’occasion de tester et réinventer, à mon niveau, le métier de journalisme scientifique. J’estime d’ailleurs ma pratique plus proche de celle des « science writer » anglo-saxons que du « journaliste » tel qu’on l’imagine en France… Je serai d’ailleurs curieuse d’en discuter plus longuement avec ceux que ça intéresse – j’ai déjà eu l’occasion de le faire avec Pierre Munsch, doctorant en sciences de l’infocom.

Au sein d’Inmédiats, nous sommes également plusieurs à réfléchir à ces nouveaux rapports entre journalisme, vulgarisation, culture scientifique et numérique. C’est également le cas à l’échelle européenne, dans le réseau des centres de sciences et des Musées (ECSITE) dont certains membres sont journalistes. Bientôt une rencontre entre l’EUSJA et ECSITE (à moins qu’elle ait déjà eu lieu…) ?

Afin de poursuivre ce travail de « réseautage », je vous propose d’ors et déjà la liste des membres de l’AJSPI présents sur Twitter. Vous pourrez ainsi profiter de leur travail de veille et les interpeller sur leur métier. Vous verrez qu’ils ne mordent pas ^^ et surtout que ce sont des passionnés, à l’image de Cécile Michaut. Si vous êtes membres de l’AJSPI mais pas dans la liste, ou tout simplement si vous souhaitez poursuivre la conversation, laisser un commentaire !

>> IllustrationJuho William Tauriainen (Flickr, licence cc)

Petit guide pour parler de sciences à destination des profs qui n’osent pas

Parler de sciences dans mon cours de français / avec mes élèves de primaire (hors des enseignements obligatoires) ? Bof, les sciences, c’est pas trop mon truc tu sais… Déjà à l’école je n’y comprenais rien. J’étais vraiment soulagé quand je me suis orienté en L et refaire des maths pour le concours, ça m’a donné des boutons. D’ailleurs, même si j’avais envie, j’aurais trop peur de dire des conn***** aux élèves…

- T’inquiète, parler de sciences, c’est pas si difficile et tu es sans doute bien placé pour le faire comme le dit Philippe Meirieu. Et puis ça devient de plus en plus nécessaire dans un monde où les sciences et techniques sont omniprésentes. Y’a pas (que) moi qui le dit, y’a aussi l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.

- C’est-à-dire ?

- Les petits jeunes que tu as devant toi trouveront du travail en tant qu’ingénieurs, ils utiliseront des smartphones toujours plus performants (et d’autres interfaces encore inconnues), ils seront confrontés à des choix éthiques cruciaux concernant la procréation médicalement assistée, le changement climatique, etc… Ils ont besoin d’en savoir plus !

- Mais… Et les jeunes qui ne veulent pas être ingénieurs ?

- Ils font aussi partie de la société, comme toi qui n’aimes pas les maths, ils seront confrontés aux sciences et aux techniques également. Et puis on aura aussi besoin de littéraires… qui réfléchissent sur les sciences (comme Yves Citton).

- OK, alors comment je fais si je n’y comprends rien aux sciences, pour en parler aux élèves sans avoir l’air bête ?

- Pour te (re)mettre à niveau, tu peux trouver un stage ou une formation qui te convienne (l’Académie des sciences le proposait en 2007 et des documents sont disponibles en ligne, par ex. sur le site Astep ou de Sciences à l’école). Tu peux aussi travailler avec tes collègues d’autres disciplines. Tu le fais sûrement dans le cadre de sorties scolaires, pour les TPE ou toute autre activité, alors pourquoi ne pas installer un sismographe ou un cosmodétecteur à l’école ou encore participer à un concours lancé par un laboratoire ou l’université locale (à Grenoble, tu as notamment « La Recherche fait école« , « Nano@school » ou « Faites de la science » ; cherche bien près de ton école)

- Bon, jusque-là, rien de bien nouveau…

- Ensuite, tu peux te mettre en contact avec le CCSTI le plus près de chez toi.

- Le CCquoi ?

- CCSTI, Centre de culture scientifique, technique et industrielle. Il s’agit de centres spécialisés dans la création d’expositions scientifiques et/ou dans la médiation des sciences. A Paris, c’est la Cité des sciences et à Grenoble, La Casemate, où je travaille. Tu pourras peut-être visiter une exposition avec tes élèves et travailler sur les contenus pédagogiques avec les médiateurs du CCSTI. Si le centre ne propose pas d’expo, ils peuvent peut-être se déplacer dans vos classes ou bien t’orienter vers d’autres acteurs. Il y a au moins un CCSTI par région, parfois un par département. Tu trouveras la liste ici. Et bien sûr, tu peux faire de même avec les muséums, éco-musées, associations (les historiques La Main à la Pâte & Les Petits Débrouillards et puis Science ouverte, Planète Sciences …), etc.. Regarde du côté de l’AMCSTI, tu devrais pouvoir en trouver !

- OK ! Et si je vis à Nantes, Paris, Grenoble ou près d’Yverdon-les-Bains (Suisse) ?

- A Nantes, je te conseille le festival de science-fiction les Utopiales, la dernière journée est dédiée aux scolaires. A Yverdon, petit chanceux, il y a le musée qu’il te faut & à Grenoble (presque) tous les acteurs sur un même site (oui bon, OK, c’est de l’autopromo) ! A Paris, à part les incontournables (Universcience, Musée des Arts et Métiers, Muséum, ESPGG, Paris Montagne, etc.), tu peux facilement aborder l’histoire des sciences au détour d’une rue : Amélie te propose des petits balades scientifiques pour chaque arrondissement à compléter avec ce livre sur les grandes expériences scientifiques à Paris. Oh et puis tant que tu es dans l’histoire des sciences, profite-en pour évoquer les femmes scientifiques, ça ne coûte rien et ça pourrait donner des idées aux jeunes filles de ta classe.

- Wouha, super ! Mais tu sais, j’ai pas un kopeck pour organiser une sortie avec mes élèves…

- Alors là va peut-être falloir monter des dossiers et convaincre ton directeur… Mais bon, si tu oses affronter les sciences alors c’est pas un dossier qui va te faire peur ! Dans l’Académie de Grenoble, le « Contrat éducatif isérois » permet de financer certains projets. A toi de trouver l’équivalent dans ton académie !

- En attendant un financement, faut que je me débrouille tout seul à l’école.

- Bon alors il faut faire simple… Tu leur fait étudier des bouquins à tes élèves ?

- Bien sûr…

- Pourquoi ne pas tenter des livres dont la science fait d’une manière ou d’une autre partie de l’histoire (comme le très documenté « Prodigieuses créatures » de Tracy Chevalier ou plus étonnement de « La vie mode d’emploi » de Georges Perec, comme l’explique Jean-François Chassay dans cette vidéo), de la poésie ou des haïkus sur les sciences (soyons fous : des tweet-haïkus ?), ou carrément des livres de science-fiction (il y a de très bons livres jeunesse et tu peux organiser un rallye), voire des policiers qui laissent une bonne place à la police scientifique ? Benjamin en parle ici. N’hésite pas à questionner ton libraire, ils connait peut-être des auteurs locaux susceptibles d’intervenir dans ta classe. Et puis c’est l’occasion de proposer un cycle complet aux élèves en ajoutant des séances de dessin de vaisseaux spatiaux ;)

- Ah oui, les livres, j’adore ! J’aimerais bien les faire écrire un peu aussi, du coup…

- Ah oui, bonne idée ! Est-ce que ton école ou ta classe tient un journal ? Ça vaudrait le coup de te rapprocher du CLEMI local pour faire découvrir les média à tes élèves tout en leur faisant écrire sur les sciences. Et chaque année, tu pourras concourir pour le meilleur journal de France ! Et du côté de la fiction, tu pourrais travailler sur le format de la nouvelle et faire participer tes élèves à un concours (voir une liste ici). [Edit du 14/01/14] Il existe aussi le théâtre de sciences : tes élèves pourraient assister à une représentation (regarde dans cette base de données si tu trouves une compagnie qui te plait), voir écrire une petite pièce, éventuellement avec l’aide d’un auteur comme Anne Rougée [voir le commentaire de Delphine en-dessous du billet].

- Et pour faire des maths en rigolant, t’as quelque chose ?

- Peut-être coupler les chiffres à un soupçon de design en tentant la « data-visualisation » comme à Rennes ou bien ajoute des calculs et des conversions dans tes séances de sport (hop, un petit article et une vidéo)… Tu vois, c’est pas si compliqué ! Bon alors, tu essaies et tu m’en parles en commentaire ? ;-)

>> Quelques références supplémentaires :

>> Illustration : RDL (Flickr, licence cc)

20 Tumblr pour les amoureux des sciences

Avec ou sans gifs, vous les voyez passer presque quotidiennement dans votre timeline. Et si on joignait l’utile et l’agréable en découvrant des Tumblr sur les sciences ? Voici une sélection de 20 Tumblr pour commencer, en attendant les vôtres en commentaires !

GENERALITES

Future of science : A collection of signals for forecasting the future of science. Curated by Ariel Waldman and Eri Gentry, researchers at Institute For The Future.

#6SecondScience Fair : How much science can you fit into 6 seconds ?

Les joies du code :

 

Science Porn : The beauty of Science and the Cosmos.

ANIMAUX

WTF, Evolution ? : Honoring natural selection’s most baffling creations. Go home, evolution, you are drunk

Actual Pokemons : real-life animals that could have been pokemons

ILLUSTRATIONS

Scientific illustration :

Fuck Yeah Art & Science :

Fresh Photons : An infinitely expanding collection of science imagery curated by image enthusiast and scientist Chris Ing.

ArtoBlogica :

Fuck Yeah, Math and Science Tattoos!

CHERCHEURS & DOCTORANTS

This is what a scientist looks like : Change the perception of who and what a scientist is or isn’t.

Ciel mon doctorat :

La vie d’archéologie en gif : Toi aussi tu aimes les coupes strati ? Tu fais des sondages pelle-pioche alors que la pelle mécanique est ta meilleure amie ? Tu te moques des pinceaux de préhistoriens en agitant fièrement ta marshalltown toute neuve ? Ce Tumblr est fait pour toi.

The casual paleontologist :

FEMMES & SCIENCES

Women in space : Only 10% of people in space have been women, and on Tumblr that seemed even less. so here it is for your inspiration. Let’s hear it for our Female Astronauts!

Women rock science : Telling the Stories of Women and Girls in Science

HUMOUR

Trex Trying : The Unfortunate Trials of The Tyrant Lizard King, By Hugh Murphy

Fake Science :

Fuck yeah science jokes : Because science is awesome.

Y’EN A UN PEU PLUS, JE VOUS LE METS ?